Sous l’égide de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) la 2e édition des BOAD DEVELOPMENT DAYS s’est tenue les 11 et 12 juin 2026, dans la capitale togolaise, sous le thème : « Bâtir l’avenir de l’UEMOA : financer un habitat durable, inclusif et moteur de souveraineté énergétique ». L’objectif est de repenser et trouver des solutions durables à une problématique à la fois politique, sociale et économique.
« Le sujet qui nous réunit aujourd’hui interpelle directement notre responsabilité collective : il s’agit de savoir comment loger, dignement et durablement, les générations actuelles et futures de notre espace communautaire ». Ce légitime questionnement du Président de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), Serge Ekué, était au cœur de la 2e édition des BOAD DEVELOPMENT DAYS, tenue les 11 et 12 juin 2026, à Lomé, sous le thème : « Bâtir l’avenir de l’UEMOA : financer un habitat durable, inclusif et moteur de souveraineté énergétique ».
L’interrogation est d’autant plus légitime qu’elle repose sur un diagnostic qui interpelle les pouvoirs publics et les partenaires au développement de l’Union Economique et Monétaire Ouest-africaine (UEMOA). En effet, la démographie dans la sous-région progresse à plus de 3 % par an et avec un rythme d'urbanisation représentant l'un des plus fulgurants de la planète ; en 2050, la région va dépasser la barre des 300 millions d’habitants, dont plus de la moitié vivra en ville. Des statistiques qui montrent que la problématique de l’accès des populations à un logement décent, abordable et connecté aux services de base constitue l’un des gros défis que les pays de l’Union devraient relever aujourd’hui et demain.
C’est tout l’intérêt de ces 2e BOAD DEVELOPMENT DAYS qui se veulent un cadre idéal pour imaginer, repenser autrement et durablement les réponses idoines à une problématique à la fois politique, économique et sociale. « Nous sommes à un point de bascule. L’accélération urbaine, la crise énergétique et l’impératif climatique nous obligent à rompre avec les recettes du passé. Nous devons repenser de fond en comble notre manière de concevoir, de construire et de financer l'habitat », a martelé le Président Ekué.
Logement et énergie, deux problématiques indissociables
Face à ce défi immense, qui impose deux choix, à soir « subir cette urbanisation, en accepter les fractures sociales et la vulnérabilité climatique » ou « décider d'agir pour transformer cette pression démographique en un formidable levier de croissance », la meilleure porte de sortie passe par la seconde option.
Ces deux jours d’échanges et de réflexions, loin d’être un forum de plus, se veulent un laboratoire de solutions et un catalyseur d'impacts visant à mettre l'ingénierie financière au service d'une cause qui dépasse le cadre de la vocation bancaire : celle de la dignité de nos populations.
Pour le Président de la BOAD tout indique que l’habitat ne peut plus être traité comme une simple variable d’ajustement social, car il est un moteur économique de premier ordre.
« Financer un logement durable, c’est injecter de la valeur dans nos économies locales. C’est créer des emplois non délocalisables pour nos artisans, structurer nos filières de matériaux locaux, protéger le pouvoir d'achat des ménages grâce à la sobriété énergétique, et stabiliser nos sociétés », a-t-il expliqué. En d’autres termes, financer un habitat abordable et durable, ce n'est pas simplement empiler des briques ou couler du béton ; c’est tout un projet de société. « C’est la promesse d’une dignité retrouvée pour des millions de pères et de mères de famille. C’est un investissement direct dans la paix, la cohésion sociale et la souveraineté de notre Union. Parce qu'un logement décent n'est pas un privilège. C'est un droit. Et parce que l’avenir de l’UEMOA s’écrira dans des villes humaines, durables et résilientes », foi de Serge Ekué.
Mais la problématique du logement ne peut désormais être dissociée de celle de l'énergie. Car, un habitat moderne, d’avenir et résilient, est un habitat connecté à une énergie fiable, accessible et durable, capable de produire, de gérer et d'optimiser sa consommation énergétique, et qui contribue à réduire notre dépendance énergétique et à renforcer notre autonomie collective.
Sauter les verrous financier, normatif et de l'inclusion
Après son Plan stratégique DJOLIBA 2021–2025, qui a permis, entre autres, de mobiliser plus de 100 milliards de FCFA pour permettre à plus 3 000 familles béninoises modestes d’accéder au logement, d’injecter plus de 160 milliards de FCFA pour des programmes majeurs de logements sociaux et économiques à Abidjan, Bouaké et Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire, la BOAD inscrit encore l’accès au logement décent au centre de son nouveau Plan stratégique « Djoliba… La Suite » 2026-2030. L’ambition et la priorité de la banque restent intactes : « protéger les plus vulnérables et leur ouvrir les portes d'un habitat digne ».
Et pour y arriver, en transformant cette promesse en résultat tangible, le Président Ekué appelle à sauter tous les verrous : financier en concevant des mécanismes de dé-risking innovants ; normatif pour un habitat vert ; et celui de l'inclusion en concevant des villes pensées pour et par la jeunesse et les femmes.
Tout en félicitant la BOAD qui a fait le judicieux et pertinent choix d’axer cette 2e des BOAD DEVLOPMENT DAYS, sur la problématique essentielle de l’accès des populations de de l’espace communautaire au logement, le ministre togolais de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat, Kodjo Adedze, a insisté sur la nécessité de changer de paradigme.
Il faut donc sortir des solutions isolées pour bâtir des approches holistiques et durables. Car, la question de comment loger dignement les populations, tout en construisant des villes humaines, résilientes, productives et souveraines dépasse largement le simple cadre technique ; il est avant tout social, économique, territorial, environnemental et énergétique, mais surtout une préoccupation profondément politique, qui interroge notre vision du vivre-ensemble, dans un espace Ouest-Africain marqué par des transformations urbaines rapides et irréversibles.
La Rédaction




