Burkina Faso/Régime d’assurance maladie universelle : la CNAMU engage la presse à l’orée du démarrage effectif des prestations
La Caisse nationale d’assurance maladie universelle (CNAMU) a réuni des journalistes et animateurs d’émissions interactives pour renforcer leur compréhension du Régime d’assurance maladie universelle (RAMU), le vendredi 16 janvier 2026, à Ouagadougou, à quelques semaines du lancement de ses prestations prévu pour le 1er février prochain. À travers cet atelier d’information, l’institution vise à favoriser l’adhésion des populations à cette réforme qui entend élargir leur accès aux soins de santé et réduire leur vulnérabilité économique liée à la maladie.
Le Burkina Faso s’apprête à franchir une étape majeure dans la mise en œuvre de sa politique de protection sociale. Après plusieurs années de préparation juridique, institutionnelle et technique, le Régime d'Assurance Maladie Universelle (RAMU) entre dans sa phase opérationnelle avec l’annonce du démarrage effectif des prestations de soins à compter du mois de février 2026. C’est dans ce contexte que la Caisse nationale d’assurance maladie universelle (CNAMU) a organisé un atelier d’information et de sensibilisation à l’intention des journalistes et animateurs d’émissions interactives, le vendredi 16 janvier 2026, à son siège à Ouaga 2000. L’objectif de cette rencontre était de doter les professionnels des médias d’une compréhension approfondie du RAMU afin de garantir une diffusion d’informations justes et accessibles y relatives auprès des populations.
Selon les données officielles, la situation de la couverture sociale au Burkina Faso demeure préoccupante. Moins de 10 % de la population bénéficie aujourd’hui d’un dispositif de protection sociale formelle. En 2023, seules 586 639 personnes étaient immatriculées à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).
Selon le Directeur général de la CNAMU, Soumaïla Gamsonré, le RAMU devrait, à terme, permettre à chaque Burkinabé, où qu’il se trouve, de bénéficier d’un soutien en cas de maladie.
Dans l’économie informelle et le monde rural, une enquête de l’Institut National de la Statistique et du Démographie (INSD) montre en 2021, que la couverture ne concerne que 3,32 % des acteurs, tandis que la proportion d’individus disposant d’une assurance maladie reste inférieure à 1 %, soit 0,4%.
La couverture sanitaire par la solidarité
Cette faiblesse structurelle se traduit par un recours massif au paiement direct des soins, évalué à 34,62 % en 2022, un niveau largement supérieur au seuil de 20 % généralement admis pour protéger les ménages contre l’appauvrissement lié à la maladie. Face à ce constat, le Gouvernement a opté pour une réforme d’envergure fondée sur la solidarité nationale, à travers la mise en place du RAMU. Le directeur général de la CNAMU, Soumaïla Gamsonré, a rappelé la philosophie qui sous-tend ce régime. Il procède, souligne-t-il, de la volonté politique de permettre à chaque Burkinabè, où qu’il se trouve, de faire face au risque maladie grâce à l’effort collectif. « La maladie est un risque qui peut toucher tout le monde. L’idée est que l’ensemble des Burkinabè puisse contribuer afin que chacun puisse se soigner lorsque le besoin se présente », a-t-il expliqué.
Après l’élaboration des textes et des outils de gestion, la réforme est désormais entrée dans une phase de mise en œuvre concrète. « Nous sommes passés de la phase de conception à celle de l’opérationnalisation sur le terrain. Les cotisations ont déjà commencé et les prestations vont démarrer au mois de février », a précisé le directeur général de la CNAMU.
Au 5 janvier 2026, 338 entreprises et structures sont affiliées au régime, dont 176 du secteur public et 162 du secteur privé, avec au total 344 893 assujettis enregistrés. Une phase pilote est en cours et concerne 31 441 fonctionnaires des régions du Kadiogo et du Guiriko, ainsi que les membres de leurs familles.
Les prestations et les bénéficiaires
Le RAMU prévoit un panier de soins couvrant les consultations médicales, les soins infirmiers, l’hospitalisation, les actes chirurgicaux, le suivi de la grossesse, les examens de biologie et d’imagerie médicale, avec un taux de couverture de 70 %. Le mécanisme du tiers payant est privilégié afin de limiter l’avance de frais par les assurés. Le financement du régime repose sur une cotisation de 5 % du salaire pour les travailleurs, répartie équitablement entre employeur et employé. Les pensionnés contribuent à hauteur de 2 % de leur pension, tandis que des forfaits sont appliqués aux travailleurs indépendants, y compris ceux de l’économie informelle, fixés à 4 000 francs CFA par mois.
L’adhésion et le paiement des cotisations sont obligatoires pour toutes les personnes résidant sur le territoire national, notamment les travailleurs du secteur public, les salariés et assimilés, les professionnels libéraux, les dirigeants d’entreprise, les agriculteurs, les étudiants et les acteurs de l’économie informelle ; et les prestations pour l’assuré débutent trois mois après le premier paiement des cotisations. La couverture s’étend au ménage légalement constitué, incluant le conjoint non salarié, ainsi qu’aux enfants issus de ce mariage, jusqu’à 21 ans, ou jusqu’à 26 ans si l’enfant poursuit des études universitaires ou présente une situation de handicap.
La communication, clé de l’adhésion sociale
À l’approche du démarrage effectif des prestations, la CNAMU met un accent particulier sur la communication. Pour Soumaïla Gamsonré, les médias jouent un rôle central dans l’appropriation du RAMU par les populations. « Lorsque les citoyens appellent dans vos émissions, ce n’est pas forcément par mauvaise foi. Souvent, c’est parce qu’ils n’ont pas la bonne information. Il était donc nécessaire que vous soyez bien outillés pour orienter et éclairer le public », a-t-il indiqué.
Des cartes d’assurance déjà imprimées et prêtes.
Face aux enjeux majeurs liés à la santé et à la protection sociale, le RAMU se positionne comme un levier stratégique pour transformer durablement l’accès aux soins de santé au Burkina Faso. « La réussite de cette réforme dépendra de la mobilisation de l’ensemble des acteurs, des institutions publiques aux prestataires de soins, en passant par les médias et les populations elles-mêmes », a conclu le directeur général.
La Rédaction






