UEMOA/Accès aux services financiers : la BCEAO veut porter le taux d’inclusion financière à au moins 90% en 2030
Le Document-cadre de politique et de stratégie régionale d’inclusion financière dans l’UEMOA pour la période 2025-2030, élaboré par la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), a pour objectif de faire passer le taux d’inclusion financière des populations de l’Union de 72,3% en 2023 à au moins 90% en 2030. D’un coût global de 32,9 milliards F CFA, cette stratégie régionale s’articule autour cinq axes : la consolidation du cadre légal de supervision et de protection des consommateurs, l’assainissement et le renforcement du secteur de la microfinance, la promotion de l’innovation financière, l’amélioration de l’éducation financière des populations et l’exploitation du potentiel des données.
La Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a inscrit l’accès des populations de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) aux services financiers de qualité au centre de ses priorités. Son ambition est de faire de l’inclusion financière un levier essentiel pour le développement économique durable et la réduction de la pauvreté dans l’espace communautaire. Après une première stratégie régionale d’inclusion financière (SRIF) ayant permis de faire passer le taux d’inclusion financière dans l’Union de 47% en 2016 à 72,3% en 2023, pour un objectif cible fixé à 75%, la BCEAO s’est dotée d’un nouveau Document-cadre de politique et de stratégie régionale d’inclusion financière dans l’UEMOA 2025-2030 plus ambitieux. En effet, l’objectif assigné à cette SRIF est « d’assurer, sur un horizon de six (6) ans, l’utilisation d’une gamme diversifiée de produits et services financiers adaptés et à coûts abordables au bénéfice d’au moins 90% de la population adulte de l’UEMOA, avec un accent particulier sur les services de financement en faveur des populations cibles ».
Et les principales cibles de la Stratégie régionale sont essentiellement les femmes, les jeunes, les populations rurales, les petites et moyennes entreprises/industries (PME/PMI), les personnes déplacées de force, les personnes en situation de handicap et les populations à faible éducation financière.
Pour atteindre cet objectif global d’inclusion financière d’au moins 90%, la stratégie devrait permettre, entre autres, de porter le taux de taux de bancarisation strict (TBS) de 25,6% en 2023 à 35% en 2030, le taux de taux de bancarisation élargi (TBE) de 47,7% à 60%, le taux d’utilisation des services de Monnaie Électronique (TUSME) de 55,9% à 75%, le taux d’utilisation des services de microfinance (TUSM) de 22,1% à 30%.
D’un coût global de 32,9 milliards F CFA
Quant au nombre de points de services pour 10 000 habitants, il devrait atteindre 300 en 2030 contre 205 en 2023. Le nombre de points de services sur 1 000km² devrait passer 485 à 750 sur la période. L’ambition aussi est de porter le taux d’intérêt nominal des dépôts (TINd) dans le secteur de la microfinance, à 6% contre 4% et de baisser le taux d’intérêt nominal des crédits (TINc), toujours de ce secteur de la microfinance, à 20%, alors qu’il était de 24%.
Le coût global de cette stratégie régionale d’inclusion financière est de 32,9 milliards F CFA. Elle s’articule autour de cinq axes à savoir : « consolider le cadre légal de supervision et de protection des consommateurs de services financiers », « poursuivre l’assainissement et le renforcement du secteur de la microfinance », « promouvoir l’innovation financière et la disponibilité de services de financement formels », « améliorer l’éducation financière des populations cibles », « exploiter le potentiel des données et favoriser le partage d’informations pour une meilleure connaissance du marché et la définition de politiques d’inclusion financière cohérentes ».
Sa mise en œuvre devrait permettre de relever plusieurs défis que sont : l’adaptation des mécanismes de contrôle et de supervision des activités bancaires et financières aux évolutions technologiques, le maintien d’un dispositif de surveillance permanente, l’amélioration de la gouvernance des Institutions financières, en particulier des Institutions de microfinance, la promotion d’une offre de services financiers adaptée et de l’accès au financement formel responsable (abordable et durable), le renforcement de la protection des consommateurs, le développement de la culture financière des populations et l’amélioration de la connaissance du marché.
La Rédaction




