Au cours du Dialogue stratégique de la Banque Africaine de Développement (BAD) à Brazzaville avec la Société civile, la Diaspora et les Organismes philanthropiques, le Conseiller technique au ministère de l'Économie et des Finances, Souleymane Nabolé, a mis en lumière la vision audacieuse et innovante de souveraineté financière mise en œuvre au Burkina Faso, et qui est en parfaite cohérence avec les objectifs de la Nouvelle Architecture Financière Africaine pour le Développement (NAFAD). 

La vision de rupture du Burkina Faso pour quitter d'une logique d'assistanat et de dépendance extérieure vers une logique de souveraineté financière et économique trouve écho hors des frontières nationales, jusque sur les rives du fleuve Congo où se tiennent les Assemblées annuelles de la Banque Africaine de Développement (BAD). Invité ce jeudi 28 mai 2026 à prendre part au dialogue de haut niveau entre la BAD, la Société civile, la Diaspora et les Organisations philanthropiques sur la Nouvelle Architecture Financière Africaine pour le Développement (NAFAD), le Conseiller technique du ministre burkinabè en charge des Finances, Souleymane Nabolé, a été invité à présenter la stratégie burkinabè de mobilisation de fonds auprès de sa diaspora.

Dans son exposé, Mr Nabolé a indiqué que le lancement des « Diaspora Bonds », intervenu le 6 mai 2026, à Ouagadougou, répond à l'ambition des plus hautes autorités burkinabè de « passer d'une logique d'assistanat » avec une diaspora encline à « des transferts vers les familles » et « spectatrice du développement » à une logique où la diaspora est érigée en « véritables investisseurs ». Ces obligations, accessibles à partir de 10 000 FCFA, sont adossées à des projets de développement concret, impactant et structurant dans les domaines des infrastructures routières, des centrales hydroélectriques, de l’industrie agroalimentaire, etc.

Etablir un pacte de confiance entre la nation et la diaspora

Pour M. Nabolé, bien plus qu’un instrument financier, cette opération est un levier politique, car, « la souveraineté politique ne peut être complète sans l'outil de la souveraineté financière et économique ». « Ce qui est important, est que nous avons voulu, à travers ce Diaspora Bonds, créer un pacte de confiance entre la nation, la diaspora, et les amis du Burkina Faso. Nous avons voulu, à travers ce levier, montrer qu’il est possible de construire une nouvelle Afrique, où les fils et les filles du continent se donnent la main pour dessiner ensemble un destin commun », a-t-il confié. Avec cet instrument financier destiné à lever au total 240 milliards F CFA, soit une première tranche de 125 milliards F CFA en 2026 et une seconde phase de 115 milliards F CFA en 2027, le Burkina Faso est de plein pied, et de manière concrète, dans l’opérationnalisation de la NAFAD, a précisé le Conseiller du ministre burkinabè de l’Economie et des Finances.

Le Conseiller technique du ministre burkinabè en charge des Finances, Souleymane Nabolé Nabolé (milieu), a indiqué qu'à travers le lancement des « Diaspora Bonds », intervenu le 6 mai 2026, à Ouagadougou, l'ambition des plus hautes autorités burkinabè est de « passer d'une logique d'assistanat » avec une diaspora encline à « des transferts vers les familles » et « spectatrice du développement » à une logique où la diaspora est érigée en « véritables d'investisseurs ». 

 

Le point d'orgue de son intervention a porté sur la gestion rigoureuse des fonds mobilisés de manière endogène auprès des citoyens. A titre illustratif, le Fonds de soutien patriotique (FSP), qui a déjà mobilisé plus d'un milliard de dollars, soit environ 500 milliards F CFA, avec 110,4% de taux de mobilisation sur la période 2023-2025, repose sur une transparence absolue. Souleymane Nabolé a précisé que ce fonds est « soumis au contrôle de la société civile, de la Cour des comptes et de l'autorité supérieure de contrôle de la lutte contre la corruption ». Cette redevabilité est essentielle pour maintenir l’adhésion des populations.

Digitalisation, bonne gouvernance, réformes ...

Les piliers de la réussite du modèle d’architecture financière endogène burkinabè, sous les orientations stratégiques du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, et sous le leadership inspirant du ministre de l’Economie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, reposent sur plusieurs leviers complémentaires. Le conseiller technique a souligné notamment la modernisation  à travers la digitalisation des services publics  avec le déploiement des plateformes de payement comme Faso Arzeka, qui permet de payer ses taxes par simple SMS sans smartphone; la bonne gouvernance des finances publiques à travers des réformes; la révision du code minier pour capter davantage de valeur issue de la production d'or au profit du budget national ; le civisme fiscal, à travers l'instauration de journées d'exemplarité fiscale où les membres du gouvernement sont les premiers à s'acquitter de leurs obligations fiscales.

À la lumière de cette stratégie développée par le pays des Hommes intègres qui continue de prouver sa pertinence, Souleymane Nabolé a appelé, pour la mise en œuvre de la NAFAD, à une collaboration renforcée, affirmant que l'Afrique doit « agir différemment » et être plus rigoureuse pour atteindre un impact réel. Sur la question de l’implication des acteurs non étatiques dans la mise en ouvre des politiques publiques, le M. Nabolé a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de bénéficier d’une veille citoyenne, patriotique, de la part de la société civile. « Cela est très important pour le développement de l’Afrique. Tant que la société civile africaine n’est pas bien outillée avec des instruments appropriés pour accompagner le niveau politique à opérer certains choix, nous serons toujours dans le saupoudrage de nos politiques publiques », a-t-il conclu.

Mouni N’GOLO

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