La Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a présenté son rapport public annuel 2025 le mercredi 22 juillet 2025, à son siège, à Dakar, au Sénégal, au cours d’une conférence de presse, animée par le Gouverneur Jean Claude Kassi Brou et qui lui a servi de cadre pour mettre en lumière les efforts de la banque centrale en faveur du financement des PME de l’espace UEMOA.
Le système financier de l'UEMOA a fait preuve d'une solidité renforcée en 2025. Le secteur bancaire de l’espace, composé de 135 banques et 25 établissements financiers, a vu son total bilan progresser de 10,1 % pour atteindre 78 853,6 milliards de FCFA, avec une progression du ratio de solvabilité moyen qui s'est établi à 14,7 %, un niveau supérieur au seuil réglementaire de 11,5 %, reflétant une forte capacité d'absorption des risques. Ces données sont contenues dans le rapport annuel 2025 de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), rendu public le mercredi 22 juillet 2026.
Il ressort de ce rapport que l’assise du secteur bancaire a été consolidée par la décision de la BCEAO de relever le capital social minimum des banques de 10 milliards à 20 milliards F CFA. Le Gouverneur Jean Claude Kassi Brou a souligné l'enjeu crucial du financement local des acteurs économiques, notamment des petites et moyennes (PME) qui occupent une place centrale dans l’économie de la région. « Les PME, c'est dans les pays entre 80 et 90 % du tissu économique... nous devons trouver des solutions pour mobiliser des ressources financières lorsque ce secteur a des difficultés », a-t-il soutenu.
118 milliards F CFA de financements accordés à 4 053 PME en 2025
L’ambition de la banque centrale est de créer une masse critique d’entreprises performantes pour in fine renforcer leur contribution à la création d’emplois et à la croissance économique. C’est en ce sens que s’inscrit les mécanismes de refinancement de la BCEAO qui ont fait progresser l'encours des crédits aux PME de 22 % pour atteindre 6 844 milliards de FCFA à fin 2025. Pour l’année 2025, c’est 118 milliards F CFA de financements qui ont été accordés à 4 053 PME de l’Union en 2025, contre 115 milliards F CFA de financements au profit de 3 629 PME en 2024.
Malgré cette hausse des crédits aux PME en 2025, le Gouverneur estime que ce n'est « pas suffisant ». Il a insisté sur une responsabilité partagée entre les PME elle-même, les institutions financières et la Banque centrale. Pour lui, les entreprises doivent mieux se structurer, notamment sur le plan de la gouvernance, de la fiabilité de leurs états financiers et les banques doivent davantage s'adapter et plus s’impliquer pour ne pas financer que les grandes entreprises ; tandis que la BCEAO se fait actuellement le devoir d’évaluer son mécanisme de refinancement afin de « le rendre encore plus performant pour avoir plus de PME et plus de financement ». Cet effort de la banque centrale s’est traduit par la baisse de 25 points de base de ses taux de refinancement depuis le 16 juin 2025, avec son principal taux directeur qui passe de 3,5% à 3,25%, et son taux du guichet de prêt marginal qui passe de 5,5% à 5,25%.
2 937 milliards F CFA de crédits accordés par les institutions de microfinance
Cet assouplissement a certainement contribué à booster le financement bancaire de l’économie régionale dans son ensemble, sous forme de crédits à la clientèle, qui s’est établi à 38 800 milliards F CFA en 2025, alors qu’il était de 36 840 milliards F CFA en 2024, soit une progression de 5,3%. A côté des banques, le secteur de la microfinance joue aussi un rôle de plus en plus prépondérant dans l'inclusion financière et sociale des populations et dans la densification de l’économie sous régionale. En 2025, les dépôts collectés par les institutions de microfinance (IMF) ont augmenté de 13,6 % pour s’établir 2 793 milliards F CFA, alors qu’il 2 459 milliards F CFA en 2024 ; et l’encours de crédits octroyés de 9,0 % pour s’afficher à 2 937 milliards F CFA contre 2 695 milliards F CFA en 2024. Quant au nombre de bénéficiaires de crédits des institutions de microfinance, il est passé de 19,1 millions à 20,4 millions, correspondant à une progression de 6,8%. Selon le rapport, malgré une politique d'assainissement at conduit au retrait d'agrément à 14 institutions de microfinance non viables, faisant passer le nombres d’IMF agréés de 538 à 524.
La Banque Centrale a également renforcé son arsenal de surveillance. Ell a été officiellement désignée en avril 2025 par le Conseil des ministres de l’Union comme Autorité macroprudentielle de l'UMOA. Cette nouvelle prérogative lui permet d'utiliser des instruments tels que le coussin contracyclique et le ratio de levier pour prévenir les risques systémiques.
Mouni N’GOLO




