Depuis le lancement du plan d’apurement de la dette flottante en janvier 2024, le gouvernement a déjà remboursé 463,3 milliards de FCFA d’arriérés sur un stock validé de 752,1 milliards de FCFA. L’annonce a été faite le 4 juin 2026 par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze. Cette opération vise à restaurer la confiance des opérateurs économiques tout en soutenant la relance de l’activité économique.
Le Cameroun accélère l’assainissement de ses engagements intérieurs. Longtemps considérée comme l’un des principaux points de fragilité des finances publiques camerounaises, la dette flottante de l’État fait aujourd’hui l’objet d’un traitement méthodique suivant le plan d’apurement mis en œuvre depuis janvier 2024. A la date du 6 juin 2024, plus de la moitié, soit 463,3 milliards de FCFA, a été déjà remboursée sur un stock d’ensemble de 752,1 milliards de FCFA, a déclaré le ministre des Finances, Louis Paul Motaze. Les décaissements ont atteint 232,9 milliards de FCFA en 2024, puis 230,4 milliards de FCFA en 2025.
Constituée des créances accumulées entre 2000 et 2019 auprès des fournisseurs, prestataires de services, agents publics et autres partenaires de l’administration, cette dette a été soumise à un vaste exercice de post-audit destiné à identifier et valider les montants effectivement dus. À l’issue de ce processus, le stock global des arriérés reconnus a été arrêté à 752,1 milliards de FCFA.
Priorité aux dettes salariales, fiscales et commerciales
Les paiements effectués en 2024 ont principalement concerné les dettes salariales pour un montant de 182,9 milliards de FCFA ainsi que les dettes fiscales et douanières à hauteur de 50 milliards de FCFA. Pour l’exercice 2025, une enveloppe spéciale de 110 milliards de FCFA a été inscrite au budget de l’État pour le paiement de la tranche annuelle hors dette salariale.
Selon le ministère des Finances, 86,2 milliards de FCFA, soit 78,3 % de cette enveloppe, avaient déjà été décaissés à la date du communiqué. Ces règlements ont porté sur 54,2 milliards de FCFA de dettes fiscales et douanières, 20,2 milliards de FCFA de dettes commerciales, 6,5 milliards de FCFA de dettes académiques et 5,3 milliards de FCFA de dettes sociales ainsi que d’engagements envers les collectivités territoriales.
Le gouvernement précise également que les enseignants bénéficiaires des arriérés académiques continuent de percevoir progressivement les montants dus par virements bancaires, en fonction des disponibilités de trésorerie.
Restaurer la confiance et soutenir l’économie
Au-delà de l’assainissement comptable, cette opération poursuit un objectif économique plus large. En réduisant les arriérés de paiement, les autorités entendent renforcer la confiance entre l’État et le secteur privé. Les entreprises bénéficiaires retrouvent progressivement des marges de manœuvre financières leur permettant d’honorer leurs propres engagements, de préserver l’emploi et de relancer leurs investissements.
Cette stratégie contribue également à améliorer la crédibilité de la signature de l’État auprès des investisseurs et des partenaires financiers. Dans un contexte régional marqué par la recherche de financements et l’attraction des capitaux privés, la maîtrise de la dette intérieure apparaît comme un levier important de stabilité économique.
Objectif 2027
Le plan d’apurement doit se poursuivre jusqu’en 2027. Après les remboursements déjà effectués, le reliquat à solder est estimé à environ 288,8 milliards de FCFA. Le ministère des Finances assure que les paiements continueront conformément au plan de trésorerie de l’État.
Les autorités rappellent par ailleurs que des mécanismes de contrôle ont été mis en place afin de garantir la transparence du processus. Toute tentative de fraude ou de réclamation de créances fictives fera l’objet de poursuites.
À travers cette opération, le Cameroun cherche à tourner la page de deux décennies d’arriérés tout en consolidant la confiance des acteurs économiques. Le défi des prochaines années sera désormais de prévenir la reconstitution de nouveaux impayés et de renforcer durablement la discipline budgétaire de l’État.
Estelle KONKOBO




