Conakry a accueilli, le 1er juillet 2026, une conférence de haut niveau consacrée à l’accélération de l’investissement industriel en Afrique. Organisée par WITBA INVEST SA, en partenariat avec l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), cette rencontre a réuni décideurs publics, partenaires techniques et financiers, investisseurs et représentants du secteur privé autour d’un objectif commun : faire de l’industrialisation un véritable moteur de croissance, de création de valeur et d’emplois. Au cœur des échanges figurait la présentation du premier African Industrial Investment Barometer (AFIIB), un outil destiné à orienter les politiques industrielles et les investissements stratégiques sur le continent.

Engagée à bâtir une nouvelle économie, fondée sur la transformation industrielle, la Guinée est à la recherche des voies et moyens pour réussir cette ambition, assoir les bases d’un développement durable. La conférence de haut niveau sur le thème : « Accélérer l’investissement industriel en Afrique : quelles opportunités, quels défis et quels leviers stratégiques pour renforcer la compétitivité et l’inclusion industrielle de la Guinée dans le contexte de Simandou 2040 ? », tenue le 1er juillet 2026, à l’initiative de WITBA INVEST SA, en partenariat avec l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), participe à l’atteinte de cet objectif.

Temps fort de la rencontre, la présentation de l’African Industrial Investment Barometer (AFIIB), premier baromètre africain destiné à mesurer la qualité, la diversité et l’impact des investissements industriels sur le continent. Mise en place par WITBA INVEST SA, en partenariat avec Trendeo, l’AFIIB vise à fournir aux gouvernements, aux investisseurs et aux partenaires au développement des données fiables afin d’orienter les décisions stratégiques.

Selon le Président du Cabinet WITBA INVEST SA, Dr Harouna Kaboré, par ailleurs ancien ministre burkinabè de l’Industrie, ce baromètre repose sur trois indicateurs majeurs : la diversification industrielle, l’attractivité des investissements et l’ancrage productif local, permettant d’évaluer la capacité des économies africaines à transformer leurs ressources et à attirer des investissements créateurs de valeur.Présenté officiellement lors des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement à Brazzaville en mai dernier, le rapport AFIIB 2025 consacre cette année un focus particulier à la Guinée, mettant en évidence ses atouts industriels, ses défis structurels et les opportunités offertes par le programme Simandou 2040.

Sortir du statut d’exportateur de matières premières

Pour le ministre guinéen du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël Nabé, l’AFIIB arrive à un moment déterminant pour la Guinée. « Dans un monde où les décisions économiques sont de plus en plus guidées par les données, disposer d’un instrument capable de mesurer la qualité, la diversité et l’impact des investissements industriels constitue une avancée majeure pour notre continent », a-t-il déclaré.

Au cours de cette conférence, le Président du Cabinet WITBA INVEST SA, Dr Harouna Kaboré, a présenté le rapport AfIIB 2025 qui fait un zoom sur la Guinée 

 

Le véritable défi pour les économies africaines, et partant pour la Guinée, n’est plus uniquement de produire davantage, mais surtout de transformer localement leurs ressources. Les autorités veulent sortir le pays de d’exportations des matières premières pour l’enraciner durablement dans économie créatrice de valeur ajoutée fondée sur la transformation industrielle. Cette ambition s’inscrit dans la vision Simandou 2040, présentée comme le programme de transformation économique le plus ambitieux de l’histoire récente du pays.

Le ministre Nabé a également mis en avant le Programme de Partenariat Pays (PCP) 2026-2030, destiné notamment à développer des zones industrielles modernes, renforcer les infrastructures industrielles, structurer les chaînes de valeur, accompagner les PME et accélérer la transformation locale des ressources minières et agricoles.

Même conviction du côté de la ministre de l’Industrie, du Commerce et des PME, Fatima Camara, qui soutient que l’Afrique ne manque pas d’investissements, mais d’investissements suffisamment structurants pour transformer durablement ses économies. « L’Afrique n’a pas seulement besoin de plus d’investissements. Elle a besoin d’investissements mieux orientés, capables de soutenir la production, de transformer les matières premières, de développer les chaînes de valeur locales, de renforcer les PME, de transférer des compétences et de créer des emplois durables », a-t-elle affirmé.

Tirer parti de la ZLECAf

L’industrialisation passe donc désormais par une meilleure canalisation des capitaux vers les secteurs capables de créer davantage de valeur. Et la Guinée compte s’appuyer sur cette donne pour matérialiser son ambition de quitter son statut de pays exportateur de matières premières pour devenir un véritable pôle industriel régional.

Les réflexions ont été enrichies par plusieurs panels ayant réuni des experts de premier plan, notamment le représentant résident du Groupe de la Banque mondiale en Guinée, Issa Diaw, le directeur général de Guinée Développement Board, Namory Camara, le directeur général de l’Institut national de la statistique, Dr Makan Doumbouya, le directeur général de l’Observatoire national de la compétitivité, Moussa Kane, ainsi que le directeur général adjoint de Coris Bank Guinée, Fassou Haba.

Leurs interventions ont porté sur les leviers devant permettre d'améliorer l’attractivité industrielle de la Guinée, le financement des investissements productifs, la compétitivité des entreprises locales, la qualité des données statistiques, ainsi que le rôle du secteur bancaire dans l’accompagnement de l’industrialisation. Au-delà du cas guinéen, les participants ont souligné la place centrale de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Forte d’un marché de plus de 1,4 milliard de consommateurs, elle ouvre de nouvelles perspectives pour l’industrie africaine. Mais pour y arriver, le continent doit s’appuyer sur des politiques publiques fondées sur des données fiables, une meilleure coordination entre les États, les investisseurs et les institutions financières, ainsi qu’une montée en puissance de la transformation locale.

Cette conférence aura confirmé une conviction partagée : l’industrialisation durable de l’Afrique passera par des investissements mieux ciblés, des chaînes de valeur plus intégrées et des outils d’aide à la décision capables d’éclairer les choix stratégiques. Avec l’AFIIB, le continent se dote ainsi d’un nouvel instrument destiné à mieux orienter ses investissements industriels à renforcer sa compétitivité, son attractivité et sa souveraineté économique.

Estelle KONKOBO

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