Réunis à Ouagadougou à l’occasion de la deuxième session ordinaire du Conseil des ministres statutaire de l’UEMOA, dirigeants de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) et le gouvernement malien ont procédé, le 3 juillet 2026, à la signature de deux accords de prêt d’un montant cumulé de plus de 92 milliards F CFA. Ces financements sont destinés au renforcement des infrastructures scolaires et à la construction d’une centrale solaire de 50 MWc, portant les engagements cumulés de la BOAD au Mali à 1 077,629 milliards F CFA.
En marge de la deuxième session ordinaire du Conseil des ministres statutaire de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), tenue le 3 juillet 2026, à Ouagadougou, sous la présidence du ministre burkinabè de l'Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) a franchi une nouvelle étape dans son appui au développement du Mali, qui bénéficie de deux accords de prêt d’un montant global de 92,368 milliards F CFA ; ils visent à financer des projets structurants dans les secteurs de l'éducation et de l'énergie.
Le premier accord porte sur la Phase 1 du Projet de renforcement des infrastructures scolaires dans différents ordres d'enseignement, financé à hauteur de 48 milliards F CFA par la BOAD. Ce projet ambitionne d'améliorer durablement l'accès à l'éducation, la qualité des formations, ainsi que leur adéquation avec les besoins du marché de l'emploi. Il prévoit notamment la construction et l'équipement de 15 nouveaux lycées publics, la réalisation de 125 salles de classe supplémentaires dans 12 établissements existants, la construction de cinq Instituts de Formation des Maîtres (IFM), la fourniture de 13 398 tables-bancs, ainsi que la rénovation du Lycée Askia Mohamed de Bamako.
Une centrale solaire de 50 MWc pour renforcer le mix énergétique
À travers ces investissements, les autorités maliennes entendent créer 43 500 nouvelles places pédagogiques dans l'enseignement secondaire général auxquelles s'ajouteront 5 500 places dans les filières techniques, professionnelles et classiques. Au-delà des infrastructures, le projet présente un important impact socio-économique. Les travaux devraient générer plus de 3 500 emplois directs durant la phase de construction. En phase d'exploitation, plus de 850 emplois directs seront créés chaque année, tandis que le dispositif permettra, selon les projections, de favoriser l'insertion professionnelle de 272 000 diplômés d'ici à 2055.
Le second accord concerne la construction d'une centrale solaire photovoltaïque de 50 MWc à Tietiguila, dans la région de Koulikoro. Le projet représente un investissement global de 45,027 milliards F CFA hors taxes, dont 44,368 milliards F CFA sont financés par la BOAD. L'infrastructure comprendra une centrale photovoltaïque de 50 MWc, un système de stockage par batteries Lithium-Fer-Phosphates d'une capacité de 25 MW/50 MWh, ainsi que les ouvrages nécessaires à l'évacuation de l'électricité vers les postes de Koulikoro et de Balingué.
Plus de 1 077 milliards FCFA d'engagements de la BOAD au Mali
Au-delà de l'augmentation des capacités nationales de production électrique, ce projet vise à améliorer la stabilité du réseau électrique malien et à accroître la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique du pays. Il s'inscrit dans la stratégie régionale de transition énergétique portée par les États membres de l'UEMOA, confrontés à une demande croissante en électricité.
Avec la signature de ces deux nouveaux accords, le montant cumulé des interventions de la BOAD au Mali atteint désormais 1 077,629 milliards F CFA. Ce niveau d'engagement illustre le rôle croissant de l'institution régionale dans le financement des infrastructures économiques et sociales des États membres de l'Union.
La signature de ces conventions en marge du Conseil des ministres statutaire de l'UEMOA témoigne également de la volonté des institutions régionales d'accélérer les investissements dans des secteurs jugés prioritaires pour la croissance, le développement du capital humain et la transition énergétique. L'éducation et l'accès à une énergie fiable figurent en effet parmi les principaux leviers identifiés pour soutenir la transformation structurelle des économies ouest-africaines et renforcer leur résilience face aux défis du développement.
Estelle KONKOBO




