L’Association des Bourses Africaines (ASEA) a officiellement lancé, le 1er juillet 2026 à Dar es Salaam en Tanzanie, la phase 2 du Projet d’interconnexion des Bourses africaines (African Exchanges Linkage Project – AELP). Quatre nouvelles places boursières rejoignent cette plateforme continentale, portant à 11 le nombre de marchés interconnectés. Cette nouvelle étape vise à faciliter les investissements transfrontaliers, renforcer la liquidité des marchés de capitaux africains et accélérer l’intégration financière du continent.
L’intégration des marchés financiers africains franchit un nouveau cap. Réunis à Dar es Salaam le 1er juillet 2026, à l’occasion du séminaire annuel Building Africa Financial Markets (BAFM), les membres de l’Association des Bourses Africaines (ASEA) et leurs partenaires ont procédé au lancement officiel de la deuxième phase de l’African Exchanges Linkage Project (AELP), une initiative portée conjointement avec la Banque africaine de développement (BAD).
Après une première phase lancée en novembre 2022, le projet poursuit son extension avec l’adhésion de quatre nouvelles bourses : la Bourse du Botswana, la Bourse d’Eswatini, la Bourse du Ghana et la Bourse de l’Ouganda. Elles rejoignent les sept marchés déjà connectés, dont la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), portant à 11 le nombre total de places boursières interconnectées.
Une plateforme unique reliant 11 marchés africains
L’AELP repose sur une infrastructure technologique permettant aux investisseurs d’accéder, à partir de leur marché domestique, à plusieurs places boursières africaines. Grâce à cette plateforme, les transactions transfrontalières peuvent être exécutées de manière plus fluide, plus rapide et plus sécurisée, tout en respectant les règles de fonctionnement de chaque marché.
Le dispositif s’appuie désormais sur un réseau de plus de 50 sociétés de bourse, offrant aux investisseurs africains, notamment ceux de l’espace UEMOA, ainsi qu’aux investisseurs internationaux, un accès simplifié aux 11 marchés participants.
Au-delà de la simplification des opérations, cette interconnexion vise à améliorer la liquidité des marchés africains, à élargir les opportunités d’investissement et à favoriser une meilleure circulation des capitaux à l’échelle du continent.
Un levier pour mobiliser l’épargne africaine
Lors de la cérémonie de lancement, le président de l’ASEA, Pierre Célestin Rwabukumba, a salué le travail des équipes techniques et des différentes bourses qui ont permis l’opérationnalisation de cette nouvelle phase.
Selon lui, l’élargissement du réseau constitue une avancée importante dans la construction d’un marché africain des capitaux plus intégré et plus accessible aux investisseurs.
À travers l’AELP, l’ASEA et la Banque africaine de développement ambitionnent de créer un environnement favorable à la mobilisation de l’épargne régionale, au financement des entreprises africaines et au développement d’infrastructures financières capables d’accompagner la transformation économique du continent.
De nouvelles opportunités pour la BRVM et les investisseurs de l’UEMOA
Pour la BRVM, la première expérience boursière régionale au monde desservant plusieurs États, cette extension représente une opportunité de renforcer son ouverture sur les autres marchés africains. Les investisseurs de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) pourront accéder plus facilement à un univers élargi de valeurs cotées, tandis que les entreprises de la région bénéficieront d’une visibilité accrue auprès des investisseurs internationaux.
En favorisant les investissements transfrontaliers en monnaies locales et en réduisant les barrières d’accès aux marchés de capitaux, l’AELP s’impose progressivement comme un instrument stratégique de l’intégration financière africaine.
Créée en 1993, l’Association des Bourses Africaines regroupe aujourd’hui 25 bourses de valeurs. À travers ce projet d’interconnexion, elle poursuit son ambition de libérer le potentiel des marchés de capitaux africains et de faire de ces derniers un levier de financement durable de la croissance et de l’industrialisation du continent.
Estelle KONKOBO




