La Fédération des Sociétés d’Assurances de Droit National Africaines (FANAF) tient les états généraux de l’assurance inclusive du 6 au 8 juillet 2026, à Cotonou, au Bénin. L’ambition, à l’issue de ses trois de travaux, est de parvenir à adopter le « Pacte panafricain de l’assurance inclusive », ce référentiel qui devrait tracer les lignes directrices pour bâtir à l’horizon 2040 une inclusion assurantielle véritable, c’est-à-dire une assurance compréhensible, accessible, disponible partout et pour tous.

L’ambition portée par les pères fondateur de la Fédération des Sociétés d’Assurances de Droit National Africaines (FANAF) en 1976, qui est de bâtir une assurance africaine forte, crédible, accessible et capable de protéger durablement les populations du continent, est plus que jamais d’actualité. Engagés sur les sillons tracés par les géniteurs de la FANAF, l’ambition des dirigeants actuels de l’organisation est de sortir de ce schéma biaisé du marché assurantiel africain qui est que ce sont les personnes les plus exposées aux risques qui sont les moins couverts.

La vision clairement assumée par l’actuel Président de la FANAF, Mamadou Koné, et son équipe, soutenus par l’ensemble du marché, est de faire en sorte que l’assurance ne soit plus vue comme un produit de luxe réservée à une certaine élite ou à une certaine classe sociale. Outil de couverture contre les aléas de la vie, de protection sociale, de sécurisation des investissements, elle doit être au service de tous, du paysan du dernier village à la vendeuse de légumes dans le marché du quarter, en passant par l’artisan. C’est l’accomplissement de cette noble finalité qui a prévalu l’organisation des états généraux de l’assurance inclusive, du 6 au 8 juillet 2026, à Cotonou, au Bénin, avec pour objectif adopter le « Pacte panafricain de l’assurance inclusive ».

Le Président de la FANAF, Mamadou Koné : « notre continent parle à juste titre de souveraineté alimentaire, de souveraineté énergétique, de souveraineté financière. Il est temps de parler aussi de souveraineté de protection ».

 

Il s’agit d’un basculement vers un nouveau paradigme. « Notre continent parle à juste titre de souveraineté alimentaire, de souveraineté énergétique, de souveraineté financière. Il est temps de parler aussi de souveraineté de protection. Car, une croissance qui ne protège pas reste vulnérable et une inclusion financière qui ne protège pas reste encore incomplète », a martelé le Président Koné. L’assurance inclusive n'est pas une œuvre de charité, un geste de générosité que l'on fait quand les affaires vont bien après les bilans, elle le cœur même de la raison d'être des assureurs ; et une assurance qui n‘assure que les riches ou ceux qui sont l’abri est loin de sa mission. 

Les deux chantiers de l’inclusion assurantielle

Le véritable indicateur de performance du marché assurantiel ne réside donc pas dans les bilans positifs en fin d’exercice, mais dans le nombre de familles africaines qu’il empêche de sombrer lorsque le malheur arrive, a été on ne peut plus clair Mamadou Koné. Mieux, c’est dans ce segment de l’assurance inclusive que se trouve le plus grand gisement de croissance de du secteur, car des centaines de millions d'Africains attendent une offre pensée pour eux, simple, abordable, accessible depuis un téléphone et payable à tout moment.

Pour le Président de la FANAF, pour parvenir à faire de l’assurance pour tous une réalité, il y deux chantiers à ouvrir et à défricher durant ces trois de réflexions. Le premier porte sur la construction des solutions adaptées aux besoins et réalités des populations africaines.  « Concevoir une offre qui parle enfin la langue de nos populations, une assurance agricole et climatique pour l’exploitant, une couverture multirisque pour nos PME, une assurance vie épargne qui crée de la valeur pour les populations, une micro assurance santé en complément aux dispositifs publics. Et surtout, une distribution du dernier kilomètre, portée par le mobile, les nouvelles technologies, pour souscrire en quelques minutes et indemniser en quelques heures », a-t-il expliqué.

Le second chantier est celui de la mise en place d’un environnement favorable, d’un cadre réglementaire propice, d’une fiscalité incitative, d’un financement à la hauteur de l'ambition et d’un engagement politique au plus haut niveau.  « C'est tout l'essence de ce que nous sommes venus sceller ici à Cotonou : le pacte panafricain de l'assurance inclusive, adossé à un plan d’action 2026-2030.  Ce pacte, je le dis clairement, ne sera pas une déclaration d’intention de plus. Il célébra, autour d'objectifs communs et mesurable, l'engagement de notre industrie et l'accompagnement des Etats, des régulateurs, de nos partenaires techniques et financiers », a martelé le Président Koné. Mieux, ce pacte fera l’objet d’un suivi rigoureux, chaque année, devant les instances de la FANAF, en l’occurrence les Assemblées générales annuelles.

Ecrire une nouvelle histoire de l'assurance africaine

Le temps de l’inaction est révolu, il faut agir ici et maintenant pour sauver des millions d’Africains de l’absence d’une couverture du risque, qui les expose au quotidien à la pauvreté. Avec un continent qui compte 19% de la population mondiale, mais qui ne capte que moins de 1% des primes d’assurances mondiales, la FANAF veut doubler, à l’horizon 2040, le taux de pénétration dans son espace qui s’établit aujourd’hui à moins de 3%. Pour atteindre cet objectif, le président a appelé à l’engagement de toutes les parties prenantes.

Le ministre béninois délégué chargé des finances et de la microfinance, Nicola Yenoussi : « l'histoire du développement économique montre que les nations les plus résilientes sont celles qui ont su mettre en place des mécanismes efficaces de gestion des risques »

 

Pour le ministre délégué chargé des finances et de la microfinance, Nicola Yenoussi, face un environnement caractérisé par des risques multidimensionnels, ces états généraux sur l’assurance inclusive viennent à point nommé. « Les changements climatiques, les crises sanitaires, les catastrophes naturelles, les risques technologiques, les cybermenaces et les vulnérabilités économiques rappellent, chaque jour, davantage la nécessité d'éliminer les risques, de disposer de mécanismes efficaces de protection et de résilience. Dans ce contexte, l'assurance ne doit plus être considérée comme un simple produit financier. Elle constitue un instrument stratégique de développement économique, de réduction de la pauvreté, de stabilité sociale et de sécurisation des investissements », a-t-il fait savoir. Et plus de son utilité incontestable en matière de protection des biens et des personnes, l’assurance constitue un levier stratégique pour la mobilisation de l’épargne longue pour le financement des priorités de développement du continent.

Tout en réaffirmant l’engagement du gouvernement béninois à soutenir toutes les initiatives visant à assurer la promotion de l’assurance inclusive, le ministre Yenoussi ne doute pas que ces assises redessineront les contours de l’avenir de l’assurance sur le continent. « L'histoire du développement économique montre que les nations les plus résilientes sont celles qui ont su mettre en place des mécanismes efficaces de gestion des risques. L'Afrique dispose aujourd'hui de tous les atouts nécessaires pour réussir cette mission. Je suis persuadé que les décisions qui seront prises à Cotonou contribueront à écrire une nouvelle histoire de l'assurance africaine et à rapprocher davantage notre industrie des populations qu’elle est appelée à servir », a-t-il conclu.

La Rédaction

 

 

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