Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et l’Agence brésilienne de coopération (ABC) ont signé, le 12 juin 2026 à Abidjan, un protocole d’accord visant à élargir leur collaboration dans plusieurs secteurs clés, notamment l’agriculture, la santé, la résilience climatique, la formation professionnelle et le développement du secteur privé.
La coopération Sud-Sud est l'un des axes de partenariat stratégique capable d’accompagner durablement la transformation économique du continent africain. La coopération entre le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et l’Agence brésilienne de coopération (ABC) établie depuis plus d'une décennie est un témoignage concret de partenariat Sud-Sud pertinent pour le développement.
Les deux institutions ont renforcé et élargi la portée de leur relation à travers la signature d'un protocole d'accord, le 12 juin 2026 à Abidjan en Côte d'Ivoire entre le Responsable de la vice-présidence chargée de l’Agriculture et du Développement humain et social du Groupe de la BAD, Martin Fregene et le Chargé d’affaires de l’ambassade du Brésil en Côte d’Ivoire, Paulo de Souza Amado, représentant l’ABC. L'accord touche plusieurs secteurs clés dont l’agriculture, la santé, la résilience climatique, la formation professionnelle et le développement du secteur privé.
De manière concrète, les deux institutions entendent conjuguer leurs avantages comparatifs, à savoir, d’un côté, la capacité de financement, le pouvoir de mobilisation et la connaissance approfondie des réalités du continent de la BAD et de l’autre, l’expertise reconnue dans les domaines de l’agriculture tropicale, des énergies renouvelables, de la santé publique, de la formation technique et du développement entrepreneurial du Brésil.
Suivant les cinq axes prioritaires définis, l‘accord prévoit, dans le secteur agricole, le développement de l’agriculture intelligente face aux défis climatiques, l’amélioration de l’irrigation, la mécanisation, la transformation agroalimentaire ainsi que le soutien à l’entrepreneuriat agricole et à la recherche appliquée.
Sur le plan sanitaire, le partenariat couvre le renforcement des systèmes de santé, la formation du personnel médical, le développement de solutions numériques et la biofabrication, notamment dans les domaines de la production de vaccins et de médicaments.
Le volet relatif au financement des micros, petites et moyennes entreprises s’inscrit dans une vision d’intensification des échanges commerciaux entre l’Afrique et le Brésil. Les domaines des énergies renouvelables, de la bioénergie, des marchés carbones, de l’innovation technologique et de l’entrepreneuriat des jeunes figurent également parmi les priorités retenues.
Une longue tradition de coopération soutenue
La signature de cet accord marque une nouvelle étape dans les relations entre l’Afrique et le Brésil, deux espaces confrontés à des défis similaires en matière de sécurité alimentaire, d’industrialisation, d’emploi des jeunes et d’adaptation aux changements climatiques.
Pour Paulo de Souza Amado, cet accord dépasse le cadre d’une coopération classique. « Ce protocole jette les bases d’un partenariat de long terme qui dépasse les initiatives ponctuelles pour favoriser des transformations structurelles, renforcer les capacités nationales, élargir la coopération triangulaire et mobiliser des ressources ainsi que des savoir-faire à grande échelle », a-t-il déclaré.
Même son de cloche du côté de la Banque africaine de développement. Représentant le président de l’institution, Dr Sidi Ould Tah, Martin Fregene a souligné la complémentarité entre les priorités africaines et l’expérience accumulée par le Brésil au cours des dernières décennies.
« Partout en Afrique, nous œuvrons à améliorer la sécurité alimentaire, à nous adapter au changement climatique, à renforcer les systèmes de santé et à créer des emplois pour les jeunes. J’ai pu constater de visu combien le Brésil apporte une expertise et une expérience pertinentes dans nombre de ces mêmes domaines », a-t-il affirmé.
Membre non régional du Groupe de la BAD depuis 1982, le Brésil s’illustre à travers plusieurs décennies de collaboration avec l’institution de financement du développement en Afrique. Ce nouvel accord prolonge notamment les initiatives conduites avec la Société brésilienne de recherche agricole (Embrapa) ainsi que les programmes financés par le Fonds fiduciaire de coopération Sud-Sud.
Pour la BAD, ce partenariat constitue également un instrument de mise en œuvre des priorités stratégiques de son président Sidi Ould Tah, axées sur la mobilisation de financements, le développement de partenariats efficaces, le renforcement de la résilience économique et l’amélioration durable des conditions de vie des populations africaines, en particulier des femmes et des jeunes.
Estelle KONKOBO




