Le réseau des guichets automatiques bancaires (GAB) poursuit son expansion dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). En 2025, le parc régional a atteint 4 316 unités, contre 4 139 en 2024 et 3 659 en 2023. Cette progression intervient alors que le nombre de comptes bancaires s’établit à 23,7 millions. Parmi les principaux groupes bancaires, Ecobank détient la plus importante part du parc avec 13,9 %, devant Société Générale (8,1 %), Attijariwafa bank et Oragroup (6,9 % chacun), Atlantic Business International (6,5%), Groupe Coris (5,9%).
La digitalisation des services financiers et l'essor du mobile money ne se traduisent pas par un recul du réseau bancaire physique dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Les données du Rapport annuel 2025 de la Commission bancaire de l’UMOA montrent au contraire une poursuite de l’équipement des établissements de crédit en infrastructures automatisées. À fin 2025, l’Union comptait ainsi 4 316 GAB, soit 177 guichets supplémentaires en une année.
Le parc a progressé de 4,3 % par rapport aux 4 139 unités recensées en 2024. Sur deux ans, l’augmentation atteint 657 GAB, puisque l’Union en comptait 3 659 en 2023. Cette évolution accompagne celle du réseau physique des banques. Le nombre d’agences et bureaux est passé de 2 873 en 2024 à 3 033 en 2025, soit une progression de 5,6 %.
La Côte d’Ivoire concentre près de 30 % du parc
La répartition des GAB reste toutefois fortement différenciée selon les pays. Avec 1 279 guichets à fin 2025, la Côte d’Ivoire dispose du premier réseau de GAB, soit 29,6% du parc de l’Union. Elle devance le Sénégal, qui compte 783 GAB, correspondant à 18,1% des GAB de la région. À eux deux, ces marchés concentrent 2 062 guichets, soit près de 48 % du parc régional. Le Burkina Faso arrive en troisième position avec 638 GAB soit 14,8% devant le Mali (539), le Togo (380), le Bénin (340), le Niger (258) et la Guinée-Bissau (99).
La dynamique de progression est également différente d’un pays à l’autre. En Côte d’Ivoire, le parc est passé de 1 214 à 1 279 GAB en un an, soit 65 nouveaux automates. Au Burkina Faso, il est passé de 610 à 638, soit 28 unités supplémentaires. Le Niger a, pour sa part, enregistré une légère reprise après le recul observé entre 2023 et 2024. Son parc est passé de 278 GAB en 2023 à 255 en 2024, avant de remonter à 258 en 2025. En Guinée-Bissau, le nombre de GAB est passé de 89 à 99 sur la même période. La concentration des guichets reste importante au niveau des principaux groupes bancaires. Les 14 plus grands groupes bancaires disposant d’au moins 2 % du parc contrôlent 72,6 % des GAB de l’UEMOA.
Les banques sous-régionales détiennent 60,8 % du parc de GAB
Ecobank arrive en tête avec 13,9 % du parc, devant Société Générale (8,1 %). Attijariwafa bank et Oragroup occupent la troisième position avec 6,9 % chacun. Suivent Atlantic Business International (ABI) avec 6,5 %, puis Coris avec 5,9 % et Bank of Africa (BOA) avec 5,5 %. NSIA (4,3 %), BDM (4 %), BSIC (3,4 %), AFG Holding (2,9 %) et UBA (2,5 %) complètent le tableau.
Le profil des établissements détenteurs montre par ailleurs le poids des banques sous-régionales. Sur les 4 316 GAB recensés en 2025, les banques sous-régionales détiennent 60,8 % du parc, contre 39,2 % pour les banques internationales. La taille des établissements constitue également un facteur de différenciation. Les banques dont le total de bilan dépasse 1 000 milliards de FCFA concentrent 47,4 % des GAB. Celles dont le bilan se situe entre 500 et 1 000 milliards en détiennent 26,6 %, tandis que les banques de moins de 500 milliards représentent 25,9 % du parc. Cette progression du réseau intervient dans un contexte de forte croissance de la clientèle bancaire. Le nombre de comptes ouverts auprès des établissements de crédit de l’Union est passé de 21,1 millions en 2024 à 23,7 millions en 2025.
L’évolution du parc de GAB apparaît ainsi comme l’un des marqueurs de l’extension des services bancaires dans l’espace communautaire, malgré la montée en puissance des canaux numériques portée par les sociétés de téléphonie mobile et les fintechs. Avec plus de 4 300 automates, le réseau continue de jouer un rôle dans la distribution des services bancaires et le rapprochement à la clientèle, avec une implantation particulièrement concentrée dans les principales places financières de l’Union.
Estelle KONKOBO




