Les autorités sénégalaises et les services du Fonds monétaire international (FMI) sont parvenus à un accord technique sur un nouveau programme d’accompagnement. Dans un entretien accordé à nos confrères du quotidien sénégalais Le Soleil, le Représentant résident du FMI au Sénégal, Majdi Debbich, a mis en relief les deux années de travail ayant conduit à cette étape, les réformes engagées autour de la gestion de la dette et les priorités du futur programme.
L’accord conclu entre le Sénégal et les services du FMI ouvre une nouvelle étape dans les relations entre Dakar et l’institution financière internationale. Pour le Représentant résident du Fonds au Sénégal, Majdi Debbich, cette entente est l’aboutissement d’un travail engagé depuis deux ans autour de la question du « misreporting » et des déclarations erronées sur la dette, mais également de la conception d’un nouveau programme de politiques économiques et de réformes. « L’accord vient couronner deux années de collaboration étroite », souligne-t-il dans cet entretien réalisé par nos confrères du quotidien Le Soleil.
Le programme envisagé, qui doit encore être soumis à l’approbation du Conseil d’administration du FMI, prévoit un accompagnement sur trois ans. Il devrait permettre au Sénégal de poursuivre le redressement de ses finances publiques tout en soutenant la croissance et la création d’emplois.
La question de la dette a occupé une place centrale dans les échanges entre les autorités sénégalaises et le FMI. Plusieurs audits ont été menés afin d’établir l’ampleur de la situation, tandis que des mesures correctrices ont été engagées pour éviter que de tels dysfonctionnements ne se reproduisent. Parmi les principales réformes figure la consolidation des fonctions liées à la gestion de la dette et la création d’une Direction générale dédiée au financement et à la dette.
Corriger les dysfonctionnements liés à la dette
L’objectif est de renforcer le suivi de l’endettement public et de rapprocher sa gestion des standards internationaux. Pour Majdi Debbich, ces réformes doivent contribuer au retour de la confiance, dans un contexte où le Sénégal a été confronté à des difficultés de financement et à une certaine prudence des investisseurs.
Le futur programme devrait également s'appuyer sur une consolidation des finances publiques. Le représentant résident du FMI insiste toutefois sur la nécessité de préserver les populations les plus vulnérables et de protéger certaines dépenses sociales et d’investissement prioritaires. La réforme des subventions à l’énergie s’inscrit dans cette logique.
Il ne s’agit pas, selon lui, de supprimer brutalement les mécanismes de soutien, mais de mieux les cibler afin qu’ils bénéficient davantage aux ménages qui en ont réellement besoin. « Le programme vise à restaurer la confiance et à soutenir une croissance inclusive et génératrice d’emplois », explique en substance le Représentant résident du FMI.
Une fois validé par le Conseil d’administration du Fonds, le programme ouvrira une nouvelle phase de partenariat entre Dakar et le FMI, avec un suivi régulier de la mise en œuvre des réformes et des décaissements échelonnés sur trois ans.
Pour le FMI, l’enjeu est désormais de transformer deux années de discussions, d’audits et de réformes en un cadre durable de redressement économique, de consolidation budgétaire et de retour de la confiance.
Estelle KONKOBO




