La capitale burkinabè accueille du 10 au 13 juin prochains la 16e Assemblée générale annuelle de la Fédération Interafricaine des Assureurs Conseils (FIAC). L’organisation de cette rencontre internationale est pilotée par l’Association Professionnelle des Courtiers d’Assurance et de Réassurance du Burkina (APCAB). A quelques jours de l’évènement, le Président de l’APCAB, Lagnono Hassane Lamizana et Gérant du Cabinet de courtage en assurance Assur Consult International (ACI SARL), aborde, dans cette interview accordée à C’Finance le 2 juin 2026, l’état des préparatifs, l’importance stratégique de ce rendez-vous majeur aussi bien pour le Burkina Faso que pour les courtiers d’assurance et le secteur assurantiel de l’espace CIMA. Tout en rassurant du soutien total des autorités burkinabè et de l’engagement sans faille du Comité d’organisation pour offrir un évènement "mémorable", M. Lamizana   revient également sur l’ambition affichée de faire des assises de Ouagadougou le point de départ d'une nouvelle dynamique, d’une nouvelle ère pour la FIAC.  

C’Finance (C.F) : La 16ème Assemblée générale de la Fédération Interafricaine des Assureurs Conseils (FIAC) se tient cette année à Ouagadougou, du 10 au 13 juin 2026. En tant que Président de l’Association professionnelle des courtiers d’assurance du Burkina Faso (APCAB), comment avez-vous accueilli la nouvelle de confier l'organisation de ce rendez-vous continental à votre structure et qu’est-ce qui ao motivé le choix du Burkina Faso ? 

Lagnono Hassane Lamizana (L.H.L) : C'était avec une grande joie et une émotion ! Initialement, l'Assemblée Générale devait se tenir en 2025 au Cameroun, mais elle n'a pas eu lieu. En 2026, le Cameroun a été de facto reconduit, mais à la dernière minute, il a désisté. C’est alors que nous avons demandé l'accord des autorités, à travers le ministre de l'Économie et des Finances, qui a marqué son accord pour que le Burkina présente sa candidature pour accueillir cette 16e Assemblée générale annuelle de la FIAC. Et à l’occasion des 50e Assemblées annuelles de la Fédération des Sociétés d'Assurances de Droit National Africaines (FANAF), tenue du 9 au 11 février 2026 à Abidjan, en Côte d’Ivoire, les courtiers présents et le bureau de la FIAC ont validé la candidature du Burkina pour l'organisation de cette 16ème Assemblée Générale.

C.F : Ces assises se tiendront sous le thème : « Inclusion financière en Afrique : rôle du courtage d'assurances dans l'élargissement de l'accès et l’amélioration du taux de pénétration ». Qu’est-ce qui justifie le choix de cette thématique ? 

L.H.L : Aujourd'hui, le taux de pénétration de l'assurance en Afrique est en dessous de 2 %. Ce qui veut dire qu’il y a une marge assez importante. Sur notre continent, la culture assurantielle n’est pas bien ancrée, beaucoup pensent que l'assurance est pour les riches. Le courtier étant un maillon essentiel dans l'écosystème de l'assurance, il est important que nous travaillions à vulgariser l'assurance et à la rapprocher des consommateurs. Certes, 'il y a des termes assez techniques, plusieurs types de garanties, mais l'assurance, c'est pour toute la population. C'est pour cela que nous travaillons beaucoup plus sur l'inclusion et à mieux expliquer l'assurance aux consommateurs en des termes simples et réels pour permettre à tout un chacun de saisir l’importance de l'assurance et l’intérêt à être assuré. 

C.F : On reproche aux acteurs du secteur des assurances de ne pas assez communiquer, de ne pas mettre l'accent sur l’éduction assurantielle des populations. Qu’en est-il au niveau des courtiers ?

L.H.L : Ce travail n'est pas bien mené. Et c'est ce défi que la FIAC et les associations nationales veulent relever aujourd'hui. La profession d'assurance est très mal connue, le courtier encore plus. Il y a donc lieu de travailler à ce que tout le monde puisse comprendre le rôle du courtier. J'ai l’habitude de dire que la prescription médicale sans diagnostic est une faute professionnelle grave en médecine, c'est aussi valable dans le secteur de l'assurance : lorsque vous souscrivez à un contrat d’assurance sans passer par un conseil, par un courtier qui est un professionnel de ce métier, qui doit vous conseiller, vous orienter sur les meilleurs produits, les meilleures garanties et les meilleures compagnies, et au meilleur prix, vous courrez le risque de souscrire des contrats vides de sens, de garanties. Aujourd'hui, nous avons pour rôle et pour vocation de communiquer et de faire connaître notre profession mais aussi le secteur de l'assurance pour ainsi permettre à tout un chacun de parler de la question d'assurance sans trop de préjugés et sans se mélanger dans les termes techniques. 

C.F : Outre le thème central, y a-t-il des sous-thèmes, qui seront développés au cours de ces assises ?

L.H.L : Oui, nous aurons quatre communications : la communication inaugurale sur le thème central et trois panels. Le premier panel va porter sur l'inclusion assurancielle et l'innovation produit ; le deuxième, sur la transformation digitale et les nouveaux modèles de distribution et le troisième thème, sur le renforcement des capacités et la professionnalisation du métier. Pour qu'on puisse mieux parler du courtier, il faut que le courtier soit très bien formé, qu'il soit capable de conseiller réellement les consommateurs d'assurance. Nous aurons enfin une table ronde tripartite, qui concerne la CIMA, l'autorité de régulation du secteur des assurances, et la FANAF, qui regroupe les compagnies d'assurance de droit national africain, et la FIAC, pour les courtiers.

Le Président de l’APCAB, Lagnono Hassane Lamizana, Président du Comité d’organisation  de la 16e Assemblée annuelle de la FIAC : « Il faut que les gens se décident à venir pour que nous décidions ensemble de l’orientation que nous voulons donner à notre profession, de quelle orientation que nous voulons donner à notre secteur d'activité et de quel avenir nous voulons pour le grand public, pour les consommateurs d’assurance, pour le secteur des assurances et pour le développement de nos pays».

 

 

 En plus, il y aura l'Assemblée générale annuelle, où chaque marché va présenter ses réalisations et les activités menées, et une Assemblée Générale extraordinaire qui concernera le renouvellement du bureau et la relecture des textes, pour les faire mieux coïncider avec les réalités actuelles, l'évolution du monde et pour que la faîtière puisse avoir plus de force, plus de moyens, pour pouvoir jouer pleinement son rôle. 

C.F : Y aura-t-il d’autres activités de prévu en dehors des panels ?

L.H.L : Oui, nous avons réservé tout le complexe de la Salle de conférence de Ouaga 2000. La salle polyvalente sera le lieu des stands où les compagnies d'assurance, les courtiers, les concessionnaires de véhicules, les banques et autres vont exposer leurs produits et services au grand public. Il y a également un dîner gala de clôture, dont le thème est « Soir au village ». Nous allons demander à toutes les délégations de venir pour cette soirée avec les tenues traditionnelles de leur région pour que nous puissions communier ensemble après les travaux. Enfin, le samedi, nous avons une sortie touristique. Nous allons faire visiter le Mémorial Thomas Sankara à nos confrères, rendre une visite au Moogho Naba, puis nous irons à Laongo, pour leur faire découvrir le site touristique de sculpture sur Granite.

C.F : C'est une assemblée générale des courtiers, est-elle ouverte à d'autres acteurs ?

L.H.L : Ce sera une rencontre exceptionnelle. Nous aurons la participation de sociétés de gestion santé, les Insurtechs du Sénégal, du Burkina, de la Côte d’Ivoire, qui sont en train de travailler beaucoup plus sur des solutions innovantes pour l'assurance, la digitalisation des produits. D'ailleurs, la plateforme que nous utilisons pour les inscriptions en ligne a été développée par une Insurtech du Burkina. Ensuite, nous avons les assureurs, nos partenaires stratégiques, qui seront également de la partie, et les concessionnaires de véhicules, bref, tous ceux qui sont consommateurs d'assurance. Nous allons enregistrer aussi, bien entendu, la présence des institutionnels, de la direction des assurances. Puisque le thème porte sur l'inclusion financière, nous aurons l'Agence nationale de la promotion de la finance inclusive (ANPFI), qui va même coanimer un panel. 

C.F : Et qu’en est-il du côté des autorités ?

L.H.L : L’activité est placée sous le Haut patronage du camarade Premier ministre, Son Excellence Rimtalba, Jean-Emmanuel Ouédraogo, et le parrainage du camarade ministre de l’Economie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, notre ministre de tutelle. Nous avons invité aussi certains partenaires comme l'ex-patronat, devenu la COGEF (Confédération Générale des Entreprises du Faso), e la Chambre de Commerce et d’Industrie du Burkina Faso (CCI-BF). 

C.F : Il semble que Ouagadougou veut battre le record de participation. Concrètement, quels sont vos objectifs à ce niveau ?

L.H.L : Notre objectif, c'est 300 participants. C'est vrai que nous avons commencé en retard, car il fallait attendre toutes les autorisations, développer la plateforme et autres. Nous avons ouvert les inscriptions il y a à peine une semaine et nous étions à 104 inscrits ; sur les 104, il n'y avait que 21 Burkinabè alors qu'on attend entre 100 et 150 participants du Burkina, en considérant les 75 courtiers et les 18 compagnies d'assurance que compte le marché burkinabè. Nous avons des promesses fermes d'inscription de ces compagnies d'assurance et également des courtiers.

C.F : Côté mobilisation, êtes-vous donc satisfaits ?

L.H.L : Pour le moment, nous sommes satisfaits, et nous sommes en train d’y travailler. 

C.F : Et quel est l'état des préparatifs, d'un point de vue organisationnel, à une dizaine de jours de l'événement ?

L.H.L : D’un point de vue organisationnel, tout a été validé, le site, les stands, la sono, la restauration. Nous sommes maintenant dans l’exécution. Nous sommes dans la mobilisation des ressources financières. Nous avons un budget assez important pour un délai assez court. L'autorité nous a dit que nous sommes des Burkinabè et nous avons intérêt à ce que cette rencontre soit un grand succès. Nous sommes concentrés, nous avons mobilisé le maximum de personnes pour pouvoir réaliser réellement une rencontre mémorable, digne de la qualité organisationnelle que l'on reconnaît aux Burkinabè. 

C.F : L'objectif de battre le record de participation est donc maintenu ?

L.H.L : Tous les objectifs sont maintenus. Nous avons un budget de 120 millions F CFA pour cette activité, nous travaillons pour le réunir. Nous avons un objectif de 300 participants. Nous travaillons pour l’atteindre. Il y a des pays dont la participation était primordiale :  le Niger, le Congo-Brazzaville, qui ne participaient pas et qui sont inscrits ; il y a également la République Centrafricaine qui est inscrite. Donc, rien que pour le taux de participation par pays, l'objectif est dépassé. Ce record est à l'actif du comité d'organisation qui fait un travail remarquable. C'est l'occasion pour moi de remercier toute mon équipe qui, jour et nuit, se bat ; elle est très engagée et nous ne devons pas baisser les bras, car nous devons relever tous les défis.

C.F : Le comité de l'organisation est-il fin prêt ?

L.H.L : Oui, nous ne faisons qu’améliorer les choses au fur et à mesure nous avons. Ce matin par exemple (ndlr : mardi 2 juin 202-, nous avons eu assez de rendez-vous avec certains partenaires pour avancer. Hier, nous sommes rentrés à 23 heures. Nous avançons, essayons de faire bouger vraiment les lignes.

C.F : Quelles sont les conditions de participation pour à ces assises ?

L.H.L : Les conditions de participation, c'est de s'inscrire sur la plateforme en ligne à l’adresse https://fiac.bureau-ing.com/, et payer ensuite les 200.000 F CFA de frais de participation par participant qui donne accès aux travaux et à toutes les différentes commodités qui vont avec, à savoir la restauration, le kit du participant, la prise de parole lors des panels et autres.

C.F : Et quid de l'accès aux stands ?

L.H.L : Les stands seront au niveau de la salle polyvalente et seront ouverts au grand public. Les travaux se feront dans la grande salle de la salle de conférence. Le coût du stand varie entre 150.000 et 200.000 FFCA pour les trois jours. C’est un prix forfaitaire, car l'objectif n'est pas de faire du bénéfice sur les stands, mais tout juste pour amortir les coûts de location du matériel et de la salle, afin de permettre au grand public d’accéder aux stands et voir ce que courtiers, les assureurs, les concessionnaires automobiles, les insurtechs, les startups ont à proposer.

C.F : Le thème porte sur l’inclusion, l’éducation financière, comment cela peut se faire pour le grand public, le paysan ou l’étudiant qui ne connaît pas l'assurance et qui n’a pas les 20 000 F CFA, mais qui veut participer à cette rencontre pour connaître l'assurance ?

L.H.L : Déjà l’accès aux cérémonies d'ouverture et de clôture sera accessible à partir de cartes d'invitation. On est en train de travailler avec une insurtech pour diffuser ces cérémonies en streaming et permettre à l’ensemble des personnes qui n’ont pas accès à la salle de pouvoir suivre les débats sur Facebook. L'objectif c'est de faire participer un grand nombre de personnes. Les panels sont ouverts mais l'Assemblée Générale est réservée uniquement aux membres statutaires et aux membres à jour de leurs cotisations. 

C.F : Pour réussir un tel évènement, l’accompagnement des autorités nationales est essentiel, à ce niveau, avez-vous l'assurance que ce soutien sera au rendez-vous ?

L.H.L : Ce soutien de nos autorités est plus qu'au rendez-vous. Par exemple la Directrice des Assurances m'a sommé de lui remettre aujourd'hui le discours du ministre et le programme. Aussi, le cocktail de bienvenue aux 300 participants à l'hôtel Silmandé est offert par le ministre de l’Economie et des Finances. Il n'y a pas plus d'engagement que cela. Il y a également la Direction du Protocole d'État qui nous a donné deux membres qui participent au comité d’organisation pour les questions de visas et d'organisation protocolaire. C'est l'occasion pour nous de les remercier pour leur soutien inestimable, leur présence nous a permis d'aller beaucoup plus vite afin de réserver le meilleur accueil aux étrangers qui vont venir à Ouagadougou. C'est l'occasion de remercier également toutes les Forces de Défense et de Sécurité ainsi que la Garde républicaine pour la sécurisation des différents sites. 

C.F : Qu’est-ce que l'organisation d'un tel événement représente pour le Burkina Faso, surtout dans ce contexte de défis sécuritaire qu’il traverse ?

L.H.L : D'abord, l'organisation d'un tel événement a plusieurs défis. Le premier c'est de dire à tout le monde que le Burkina Faso est fréquentable. Nous sommes en guerre depuis presque dix ans. Mais lorsque le secteur des assurances, que je connais un peu bien, fait le bilan, nous avons toujours une progression. Ce veut dire que l'économie nationale, malgré les difficultés que le pays traverse, continue de progresser. Depuis plus de quatre ans, le Burkina est le quatrième marché de la zone CIMA qui regroupe 14 pays de l’UEMOA et de la CEMAC, derrière la Côte d'Ivoire, le Cameroun et le Sénégal. 

L'ambition à travers cette 16e Assemblée générale annuelle est de renforcer le rôle des courtiers dans l'éducation assurantielle des populations mais aussi de repositionner la FIAC sur le marché des assurances de la zone CIMA.

 

Ensuite, lorsque nous avons posé la candidature du Burkina, l'objectif de départ était 200 participants. Ce sont les autres marchés, avec le président par intérim de la FIAC, Vakaramoko Samaké, qui ont porté l'objectif à 300 participants. C'est comme si c'était un défi pour dire que le Burkina est fréquentable et qu'ils doivent venir !

Et ce qui nous a également beaucoup marqué, c'est la volonté des participants de rencontrer le Chef de l'État, le camarade capitaine Ibrahim Traoré. Chaque fois on nous appelle pour dire « Ah, président, on espère que nous allons pouvoir voir le capitaine », et nous leur répondons « Oui, venez, tout Burkinabè que vous allez croiser, c'est le capitaine Ibrahim Traoré » ! Aujourd'hui, nous sommes dans une dynamique de faire bouger les choses et dans le bon sens. Lorsque le ministre de l'Économie et des Finances nous a reçus, c'est ce qu'il nous a dit : « travaillez à ce que tous ceux qui vont venir puissent au moins savoir que vous êtes sérieux et que vous êtes professionnels » !  Nous allons donc réservons un accueil très chaleureux et professionnel à tous les participants, et il n'y a pas de crainte à ce niveau ! Sur 100 inscrits il y a plus de 80 ne sont pas Burkinabè ! C’est la preuve que le Burkina est fréquentable et il va falloir que nous travaillons à ce que le maximum de personnes puisse venir.

C.F : Et ceux qui hésitent encore à venir, vous avez un message à leur lancer ?

L.H.L : Le message c'est de leur dire que la FIAC, c'est notre affaire à tous. Pour que les choses changent, il faut que vous soyez là où on décide. Beaucoup de courtiers se plaignent d’une certaine léthargie de la FIAC, mais, je le dis, tant que vous n'allez pas être là où on décide, là où votre voix compte, là où votre contribution compte, il n'y aura pas de changement ! La dernière fois, je disais aux membres du bureau de la FIAC, que le plus gros  n’est pas le budgétaire. Pour moi, la chose qui est pire que le manque de finances, c'est le manque de prise de décision. Il faut que les gens se décident à venir pour que nous décidions ensemble de l’orientation que nous voulons donner à notre profession, de quelle orientation que nous voulons donner à notre secteur d'activité et de quel avenir nous voulons pour le grand public, pour les consommateurs d’assurance, pour le secteur des assurances et pour le développement de nos pays.

C.F : Cette assemblée générale se veut donc une occasion pour repositionner la FIAC au niveau du marché des assurances de la zone CIMA, repartir sur de nouvelles bases ?

L.H.L : Exactement. Aujourd'hui, quand on fait le point sur le marché, nous avons plus de 1000 compagnies et cabinets de courtage dans l’espace CIMA, dsoite deux ou trois fois plus que les compagnies d'assurance. Par exemple, le comité des experts se rencontre présentement au Burkina. On parle de l'avenir du secteur des assurances, de l'avenir des compagnies d'assurance. Les courtiers aujourd'hui constituent au bas mot 25 % à 40 % du chiffre d'affaires de l'espace CIMA. Comment peut-on discuter de l'avenir d'un secteur où un maillon représentant 20 % à 40 % de ce secteur n'est pas pris en compte ?

Ces Assemblées générales constituent donc l’occasion d’un nouveau départ, une nouvelle ambition, d’une nouvelle vision que la FIAC doit se donner, pour être, ne serait-ce que membre observateur au niveau des instances de décision de notre secteur. On ne peut pas décider de l'avenir d'un secteur dont vous êtes acteur sans vous. Cette décision se fera toujours sans vous ou, pire, contre vous ! Aujourd'hui, il faut que nous travaillions à être très professionnels, très sérieux et également très présents et très reconnus. Car, il y a beaucoup de personnes qui ne savent même pas ce qu'est un courtier, quel est le rôle du courtier. Cela n'est pas le rôle des compagnies d'assurance, mais du courtier. Comme le dit un proverbe Dioula :  « c’est une matière de qualité qui se vend » ; il faut donc que nous soyons dans la qualité pour pouvoir mieux nous vendre.

C.F : Quelles sont vos attentes à l’issue de ces trois jours de travaux ?

L.H.L : Nos attentes, c'est d'abord une grande participation, que les débats soient constructifs, que les panels puissent aborder des thèmes assez pertinents, que chaque délégué puisse repartir avec de nouvelles résolutions pour son marché, pour son cabinet…. Et enfin, que nous ayons un nouveau bureau qui va porter les nouvelles ambitions de la FIAC et la repositionner sur le marché des assurances.

C.F : Avez-vous un mot de fin ?

L.H.L : Le mot de fin, c'est d'abord remercier C’Finance pour son intérêt pour le secteur des assurances et l'intérêt particulier pour le courtage en assurances. Il ne peut pas y avoir de développement sans la communication. Aujourd'hui, dans les stratégies que le secteur des assurances, les courtiers, les compagnies d’assurances abordent, souvent on ne met pas l'accent sur la communication et l'information. On fait des publicités de produits, mais il faut qu'on travaille à réellement communiquer sur différents éléments pour amener tout un chacun à savoir le rôle important de l'assurance et du courtage.

En début juillet à Cotonou, il y a les états généraux de l'assurance pour tous, qui aborde le même thème de l'inclusion financière. Vous voyez que tous les secteurs tendent à avancer sur ce domaine, à rendre l'assurance accessible à tout le monde. Nous espérons qu'à l’issue de ces travaux, il y aura de nouveaux produits axés sur ce genre d'initiatives, des produits accessibles à tous, qui couvrent réellement les différents risques auxquels nos populations les plus vulnérables sont exposés.

Interview réalisée par la

Rédaction de C’Finance

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