La Banque Ouest Africaine de Développement intègre le Réseau des Institutions Nationales de Lutte contre la Corruption en Afrique de l'Ouest (RINLCAO) en qualité d'observateur, consolidant son dispositif anti-fraude et son ancrage institutionnel dans l'espace CEDEAO. L’institution communautaire en a fait l’annonce dans un communiqué de presse en date du 30 mars 2026.

La lutte contre la corruption en Afrique de l'Ouest s'est enrichie d'un acteur de poids. Le 30 mars 2026 à Lomé, la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) a officialisé son adhésion, en qualité d'observateur, au Réseau des Institutions Nationales de Lutte contre la Corruption en Afrique de l'Ouest (RINLCAO). Une décision qui dépasse le symbole car elle ancre la principale institution de financement du développement de l'espace de l’Union monétaire Ouest africaine (UMOA) dans une architecture régionale de gouvernance dont les enjeux sont à la fois économiques, sécuritaires et politiques.

Pour la BOAD, cette adhésion s'inscrit dans la continuité de son plan stratégique Djoliba, récemment achevé, qui plaçait la transparence et la bonne gouvernance au cœur de ses orientations institutionnelles. En rejoignant le RINLCAO, la banque communautaire entend notamment renforcer les capacités de son inspection générale, contribuer aux initiatives régionales de prévention, et encourager l'alignement sur les normes internationales d'intégrité.

Et selon l’Inspecteur Général de la BOAD, Adama Papa Sacko « l'adhésion au RINLCAO marque une étape importante dans le renforcement de notre engagement en faveur de l'intégrité ». Pour lui, cette démarche « contribue à consolider les dispositifs de prévention, de détection et de réponse face aux risques de fraude et de corruption dans la région ».

Un enjeu de confiance

Au-delà de la gouvernance interne, cette intégration est un enjeu de confiance. La BOAD est le bras financier commun des huit États de l'UMOA, mobilisant des ressources sur les marchés financiers internationaux pour financer des projets d'infrastructure, d'énergie ou d'agriculture. La crédibilité de son dispositif anti-corruption est donc directement liée à sa capacité à lever des fonds à des conditions compétitives, à convaincre les bailleurs internationaux et à préserver la confiance de ses États actionnaires.

À ce titre, l'adhésion au RINLCAO constitue un signal adressé autant à la communauté financière internationale qu'aux populations de la région.

Créé en 2010 dans le cadre de la Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), le RINLCAO regroupe les principales institutions nationales en charge de la prévention et de la répression de la corruption dans la région. Sa vocation est de favoriser la coopération transfrontalière, harmoniser les pratiques anti-corruption et renforcer les capacités institutionnelles des États membres, en cohérence avec les standards internationaux en matière d'intégrité et de gouvernance.

Partant du constat que la corruption est, par nature, transfrontalière et circule avec les flux financiers, les marchés publics et les chaînes de valeur que les institutions de développement financent précisément, le RINLCAO se pose comme une réponse à la nécessité d'un cadre structuré d'échanges entre pairs, au-delà des frontières nationales.

La Rédaction

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