Initiative conjointe de la Banque ouest-africaine de Développement (BOAD) et de la KfW Banque de développement, le Fonds de Transformation Digitale (FDT), doté un montant de 71 milliards F CFA, est un instrument financier destiné aux pays de l’UEMOA. Il vise à soutenir l’accélération de la transformation numérique des administrations publiques, à travers le financement de projets structurants et à fort impact pour les services publics. Pour lui permettre de produire les résultats escomptés, la BOAD a entamé une campagne de vulgarisation du FTD, de présentation des opportunités de financement qu’il offre, ainsi que des conditions d’accès et des critères d’éligibilité des projets.

En tant qu’institution de financement du développement de l’UEMOA, la Banque ouest-africaine de Développement (BOAD) veut faire de l’investissement dans la transition numérique, un levier stratégique pour la réussite de son mandat qui est de : « promouvoir le développement équilibré de ses Etats membres et contribuer à la réalisation de l’intégration économique de l’Afrique de l’Ouest ».

A la suite de son plan stratégique « DJOLIBA 2021-2025 », la transformation numérique occupe une place centrale dans son nouveau plan dénommé « DJOLIBA … La suite 2026 -20230 ». Conformément aux objectifs stratégiques de ce document, la BOAD et la KfW Banque de développement ont conjointement mis en place le Fonds de Transformation Digitale (FDT), doté d’une enveloppe de 71 milliards F CFA. L’appui financier de la KfW Banque de développement, qui entre dans le cadre de la coopération allemande, s’élève à 35 millions d’euros, soit environ 23 milliards F CFA, dont 22 millions d’euros sous forme de dons et 13 millions d’euros en prêts. 

Le secrétaire général du département en charge de la Transition Digitale, Borlli Michel Jonas Somé, a invité les ministères et structures publiques participants à présenter des projets clairement définis, répondant à des besoins prioritaires, assortis d’objectifs mesurables et inscrits dans les orientations nationales de développement. 

 

Avec pour groupe cible, les administrations publiques des États de l'UEMOA, les domaines d’intervention du FTD couvrent les projets structurants de transformation digitale des finances publiques, de l'administration et de l’état civil, des collectivités territoriales, de la fonction publique, la santé, l’éducation, le développement social et la justice. L’ambition est de contribuer à assoir une administration plus efficace, accessible et orientée vers les usagers de l’Union.

D’une durée de 5 ans, la phase pilote du Fonds a démarré depuis 2023. Il apporte donc un financement aux projets de digitalisation prioritaires de modernisation, de renforcement et d’extension des systèmes d'informations gouvernementaux, comme les infrastructures réseaux, les équipements de stockage et le matériel informatique, les outils collaboratifs et les plateformes de services numériques (e-services) et la sécurité des systèmes d'information. 

Cohérence du Fonds avec les priorités du Burkina 

Les Etats devraient bénéficier des ressources du FTD pour leurs politiques nationales de transition numérique, à travers un taux d’intérêt réduit et qui s’établit aujourd’hui à 2,77 %, et cela grâce à l’appui financier de la KfW Banque de développement.

Pour le Chef de délégation de la BOAD, Daouda Berté : « en somme, la BOAD espère disposer, à la fin des travaux de l’atelier, de projets susceptibles d’être financés au cours du deuxième semestre de l’exercice 2026 ». 

 

Mais, pour mieux saisir ces opportunités qu’offre ce mécanisme de financement, il importe que les administrations publiques s’approprient le Fonds, d’où l’organisation par la BOAD des ateliers nationaux de présentation du FTD. Celui du Burkina Faso se tient les 18 et 19 août 2026, à Ouagadougou. Il réunit les représentants des départements en charge de l’économie et des finances, de la transition digitale, ainsi que des ministères et structures publiques potentiels bénéficiaires des financements du Fonds, comme l'administration du territoire, la fonction publique, la justice, le développement du capital humain et social à savoir, la santé, l’éducation, l’habitat, etc. 

Durant ces 48 heures, l’objectif est de présenter à ces sectoriels les opportunités de financement offertes par le FTD, leur expliquer les modalités d’accès aux financements et les critères d’éligibilité et la procédure de saisine de la BOAD et de leur permettre d’identifier des projets numériques susceptibles d’être accompagnés.

Le Chef de la Coopération Allemande, Christopher Wenzel : « l’Allemagne est heureuse de soutenir, à travers la KfW, cet instrument régional et ainsi d’accompagner les priorités définies par les pays partenaires ». 

 

Le secrétaire général du département en charge de la Transition Digitale, Dr Borlli Michel Jonas Somé, a salué la tenue de cet atelier qui, non seulement, constitue un cadre privilégié d’information, de dialogue et de maturation des projets numériques publics, mais aussi traduit la volonté commune de la BOAD, de la KfW et des Etats de l’UEMOA de faire du numérique un levier concret d’accélération du développement économique et social. Il s’est également réjoui de voir que les domaines d’intervention du Fonds s’alignent pleinement sur les défis et priorités du Burkina Faso en matière de transformation numérique ; ils sont donc en droite ligne avec les 12 chantiers majeurs de la transition digitale du pays. 

Une réponse adaptée aux besoins des États 

Le challenge pour le Burkina Faso, est de parvenir, à l’issue de cette rencontre, à identifier les projets de transformation digitale prioritaires, à apprécier leur maturité et leur éligibilité et à constituer un pipeline de projets susceptibles d’être accompagnés dans le cadre du FTD, a souligné M. Somé.

Le Chef de la Coopération Allemande, Christopher Wenzel, tout en réaffirmant l’engagement du gouvernement allemand à soutenir les projets structurants de transformation numérique destinés à améliorer le bien-être des populations, a souligné les progrès enregistrés par le Burkina Faso et l’Afrique en général, surtout en matière de mobile money. « Ayant eu la chance de travailler et de voyager dans plusieurs pays africains, j’ai souvent eu l’impression que, dans certains usages du numérique au quotidien, l’Afrique est plus avancée que l’Allemagne. Par exemple, transférer de l’argent, payer des tomates au marché entre deux téléphones sans avoir un compte, cela n’est pas possible en Allemagne », a-t-il confié. 

Au cours de cet atelier, les participants vont s’approprier le mécanisme et les modalités d’accès et des conditions de soumission des projets au Fonds de Transformation digitale. 

 

Tout en soulignant la place centrale de la transformation digitale dans le développement socioéconomique de l’espace communautaire, le Chef de délégation de la BOAD, Daouda Berté, par ailleurs Directeur du Département des Infrastructures et de l’Économie Numérique, a rappelé l’intérêt du FTD et la volonté renouvelée de la banque à accompagner les Etats de l’Union.

« Le Fonds de Transformation Digitale propose des conditions de financement avantageuses, alliant taux d’intérêt bonifiés et accompagnement technique. Il constitue ainsi une réponse adaptée aux besoins des États dans leur quête d’une administration moderne, performante et proche des citoyens.  La BOAD et la KfW réaffirment, à travers cette initiative, leur engagement à soutenir les efforts des États dans leur transformation numérique, conformément aux orientations de son Plan stratégique "DJOLIBA … La suite 2026-2030" », a-t-il conclu. 

La Rédaction

Dans la même rubrique Banques et Assurances

☎ Appel : (226) 77 67 52 16 / 78 46 33 10 

WhatsApp  : (226) 61 33 97 14

Mail : secretariat@cfinance.news 

LE CHOIX DE L'ÉDITEUR

ACTUALITÉS