Le Burkina Faso organise du 14 au 19 septembre prochains, couplée à la SAMAO, la 1re édition de la Semaine de l’Energie, des Mines et du Pétrole de l’AES, un tremplin de promotion des potentialités minières et énergétiques des trois Etats en lien avec leur vision commune de politiques harmonisées dans ces secteurs stratégiques où ils entendent affirmer leur souveraineté. L'institutionnalisation de cet évènement tout comme les bases pour des politiques énergétiques, minières et pétrolières uniformes au sein de l’espace confédéral ont été au cœur de la réunion des experts des trois pays, du 10 au 12 août 2026 à Ouagadougou, dans le cadre de la mise en oeuvre de la Feuille de route de l'An II de l'AES.
L’énergie, les mines et le pétrole constituent l'un des chantiers structurants de la coopération entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger regroupés au sein de la Confédération des Etats du Sahel (AES). Réunis à Ouagadougou du 10 au 12 août 2026, plus de 100 experts et hauts fonctionnaires des trois États ont examiné les documents techniques inscrits dans la Feuille de route de l’An II de la Confédération.
Cinq documents structurants relatifs à l’exploitation des ressources énergétiques et minières, l’organisation d’une Semaine de l’Énergie et des Mines de l’AES (SEM-AES), ainsi qu'à l’harmonisation des politiques énergétiques et minières des trois pays étaient soumis à leur appréciation dans l'objectif de dépasser la simple coordination des politiques nationales pour construire progressivement un cadre commun de gestion et de valorisation des ressources stratégiques de l’espace confédéral.
A ce titre, les experts ont examiné un projet de mémorandum d’entente portant institution de la Semaine de l’Énergie et des Mines de l’AES. L’initiative part du constat que l’espace confédéral dispose d’un potentiel important dans les secteurs de l’énergie, des mines et du pétrole, mais ne dispose pas encore d’une vitrine commune permettant de promouvoir ce potentiel et de rapprocher les différents acteurs.
Composé de 12 articles, le projet de mémorandum définit notamment la périodicité de l’événement, ses objectifs, ses instances de gouvernance et ses mécanismes de financement. La première édition de cette rencontre devrait être placée sous le thème : « Gouvernance des ressources extractives : enjeux géopolitiques, défis et opportunités pour les États africains » en vue de « promouvoir et développer les secteurs de l’énergie et des industries extractives de l’espace confédéral des États du Sahel ». Afin de lui donner une plus grande assise institutionnelle, le projet sera soumis au Collège des chefs d’État de l’AES pour déterminer la périodicité et la structuration de cet évènement d’envergure internationale.
Au delà de l'organisation de cet évènement, l'AES planifie d'harmoniser les législations nationales en matière d'exploitation des ressources énergétiques et minières. Les experts ont posé les bases d’une coopération plus étroite entre les trois États dans ces secteurs stratégiques pour leurs économies afin de déterminer notamment la place des législations nationales, l’exploitation des gisements et la sécurisation des sites et infrastructures stratégiques, ainsi que le fonctionnement de la structure chargée de l’exploitation des ressources.
Selon le Directeur des Affaires juridiques et du Contentieux du ministère de l’Énergie, des Mines et des Carrières du Burkina Faso, Tousma Dodbzanga, l’adoption de cette convention-cadre doit constituer les bases d’une exploitation mutualisée des ressources minérales, les orientations politiques devant ensuite être définies par la Conférence des chefs d’État.
Une politique énergétique commune à l’horizon 2036
L’harmonisation des politiques énergétiques des trois pays a également été l’un des principaux enjeux des travaux. À l’horizon 2036, l’espace AES devrait disposer d’un système énergétique « souverain, intégré, durable et résilient », capable de garantir à l’ensemble des populations un accès universel à des services énergétiques modernes, abordables et de qualité.
Pour atteindre cette ambition, les experts ont notamment discuté du développement du capital humain, de la recherche et de l’innovation, de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables. La possibilité de créer une structure confédérale dédiée aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique a également été évoquée. Les discussions ont par ailleurs porté sur les infrastructures énergétiques, notamment le piquetage des pipelines, ainsi que sur les indicateurs permettant de mesurer l’intégration progressive des marchés énergétiques.
Autre pilier de cette volonté d'intégration, le projet de cadre harmonisé des politiques minières et pétrolières qui concrétise l’ambition de faire du secteur minier et pétrolier un moteur de souveraineté économique, fondé sur une industrialisation endogène, la création de valeur ajoutée et une meilleure contribution des ressources extractives au développement de l’espace confédéral, à l’horizon 2036. Les experts ont aussi mis en relief, la nécessité de revoir la manière dont les trois États tirent profit de leurs ressources naturelles. La transformation locale des produits miniers et pétroliers, le contenu local, le capital humain et la participation des États dans les sociétés minières sont autant de résultats en ligne de mire de l’AES.
Le Secrétaire général du ministère de l’Énergie, des Mines et des Carrières du Burkina Faso, Doulaye Sanou, a résumé cette orientation en appelant à passer « de l’exportation brute à la transformation locale », de la sous-traitance à la promotion du contenu local et de la dépendance technologique à la formation et à la mobilisation de l’expertise sahélienne. Cette orientation place ainsi la transformation des matières premières, le développement des compétences et l’intégration des économies au cœur de la stratégie de développement minière et énergétique de l’AES.
La travaux des experts ont été soumis à la validation des ministres en charge de l'énergie, du pétrole et des mines des trois pays et les questions hautement stratégiques seront remontées au prochain Sommet des Chefs d'Etat de l'AES.
Estelle KONKOBO




