La quatrième rencontre des ministres chargés de l'Industrie et du Commerce de la Confédération des États du Sahel (AES) s’est ouverte ce lundi 15 juin 2026 à Ouagadougou sous la présidence du Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo. Cette réunion de haut niveau marque une étape décisive dans la concrétisation des engagements politiques pour une économie dynamique et souveraine de l’espace confédéral.
Le processus d’intégration au sein de la Confédération des Etats du Sahel (AES) avance sereinement sous l’impulsion des autorités des trois pays, décidés à bâtir la souveraineté et un développement inclusif au sein de l’espace confédéral. C’est dans ce contexte que la capitale burkinabè a accueilli la quatrième rencontre des ministres chargés de l’Industrie et du Commerce de l’espace AES le lundi 15 juin 2026, sous le signe de l'accélération de l'intégration.
La rencontre a permis aux ministres des trois pays, s’appuyant sur des travaux préalables des experts, d’adopter des mesures stratégiques dans le sens de l’opérationnalisation des ambitions des dirigeants de l’Alliance exprimées lors du sommet des Chefs d'État à Niamey le 6 juillet 2024 et les réunions ministérielles précédentes de Bamako et Ouagadougou pour le bien-être des 80 millions d’habitants répartis sur les 2 782 000 km² que couvre l’espace.
La rencontre de Ouagadougou a donc abouti à l’adoption du Plan d’action prioritaire 2026 actualisé, des termes de référence sur l'élaboration d'une directive de l’AES pour renforcer l'attractivité des investissements, de la création d'un cadre de concertation pour la mise en place de l'infrastructure qualité de l'AES, de l'état de mise en œuvre à mi-parcours des actions de la feuille de route de l’an II du Président de la Confédération des États du Sahel dans le domaine de l'industrie et du commerce, de la décision sur la lutte contre la fraude et la concurrence déloyale dans le secteur du commerce et de l'industrie au sein de l’espace AES.
Au cours de la réunion, les experts ont fait le point de l’état de mise en œuvre des recommandations issue de la rencontre de Niamey tenue le 15 décembre 2026. Elles portent sur des sujets comme le développement industriel et la compétitivité du secteur privé dans la Confédération, l’amélioration du climat des affaires et l’attractivité aux investissements dans l'AES, la facilitation des échanges et l’accroissement des échanges commerciaux intra-AES, la normalisation et de la qualité des produits, la lutte contre la fraude et la concurrence déloyale, et la création de la centrale d'achat pour les produits de première nécessité, en lien avec l'approvisionnement des pays de l'AES.
Ces actions concrètes participent à la ferme volonté de faire de l’AES un espace d’intérêt économique souverain, débarrassé de toute pression ou dépendance extérieure.
Trois grands chantiers sur la voie de l’intégration
Dans son discours d'ouverture des travaux, le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo avait d’ailleurs décliné trois chantiers prioritaires pour rompre avec les modèles économiques hérités du passé. Le premier axe porte sur l'industrialisation endogène dans une logique de rupture avec l'exportation des matières premières brutes comme le coton, l’or, l’uranium, les produits agropastoraux, etc., pour faire de l'AES un pôle de transformation structurelle. Le mot d'ordre est clair : « nous devons produire ce que nous consommons et consommer ce que nous produisons », a rappelé le Chef du gouvernement burkinabè.
La fluidification du commerce intra-AES est le deuxième axe souligné par le Premier ministre. Il a appelé à lever impérativement les « barrières bureaucratiques et physiques pour bâtir un marché unique sahélien où les biens circulent librement ».
Enfin, le troisième chantier est celui de la lutte contre la concurrence déloyale. Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a mis en évidence la nécessité d’harmoniser les textes législatifs pour protéger les industries naissantes et promouvoir les « champions nationaux » face aux déstabilisations extérieures.
Les travaux de Ouagadougou revêtent une importance singulière dans la mesure où c’est le lieu de prendre des décisions idoines pour traduire en résultats tangibles les orientations des trois Chefs d’Etat qui n’ont pour boussole que le bien-être quotidien des populations de l’Espace, a souligné le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat du Burkina, Serge Gnaniodem PODA.
Une vision commune
Son homologue du Mali, Moussa Alassane Diallo, a insisté pour sa part sur la nécessité de sortir des « discours creux » pour répondre aux besoins fondamentaux des populations en s’engageant à améliorer leur pouvoir d’achat. Il a rappelé les décisions fortes de Niamey, notamment la création d’une Banque d’Investissement de l’AES et d’un fonds de stabilisation, devant contribuer à des investissements productifs dans l’espace confédéral.
De son côté, le ministre du Commerce et de l’Industrie du Niger, Abdoulaye Seydou, a souligné que l'AES est désormais une « réalité politique en marche ». Il a appelé à transformer la résilience des populations face aux sanctions et pressions extérieures en un véritable succès industriel, exhortant le secteur privé à investir avec audace dans la transformation des ressources locales.
Le rôle du secteur privé a été central dans toutes les interventions. Le Président de la Commission Nationale de l'AES au Burkina Faso, Bassolma Bazié, a relevé le dynamisme des opérateurs économiques, fondement même de la prospérité et de la sécurité.
Le rendez-vous de Ouagadougou a été en outre l’occasion pour les Chambres de Commerce des trois pays d’évaluer le processus de mise en œuvre de leurs accords-cadres de coopération signés à Bamako le 19 octobre 2024.
En présidant la clôture des travaux, le ministre burkinabè de l'Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, a souligné que le succès de cette coopération dépendra de la capacité collective à transformer ces engagements en résultats concrets, notamment par la création d'emplois et l'amélioration des conditions de vie des populations. « L'AES ne peut pas être simplement un espace où nos frontières se rapprochent sur les cartes, elle doit devenir un espace où nos économies se rapprochent dans les faits, où nos entreprises collaborent, où nos entrepreneurs innovent et où nos populations ressentent concrètement les bénéfices de notre intégration », a-t-il affirmé.
En marge des travaux, les autorités ont unanimement rendu hommage à la vision des Chefs d'État, le Capitaine Ibrahim Traoré, le Général d’Armée Assimi Goïta et le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, dont la volonté commune guide ce processus d’intégration.
Mouni N’GOLO




