Le ministre d’État, en charge de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Emile Zerbo, a inspecté, le 5 août 2026, le chantier de modernisation de l’aéroport international de Bobo-Dioulasso. Avec un investissement d’environ 79 milliards de francs CFA et un taux d’avancement physique de 17,23 %, ce projet vise à multiplier par sept la capacité passagers, renforcer la connectivité et transformer la plateforme en pôle économique sous-régional, dans un contexte de hausse du trafic aérien national et d’ambitions de hub aéroportuaire.
La volonté du Burkina Faso de s’affirmer progressivement comme un pôle aéronautique et logistique en Afrique prend progressivement forme à travers le début de réalisation des investissements structurants. Au rang des infrastructures d’envergure identifiés dans la mise en œuvre de cette ambition, figure la modernisation des aéroports internationaux de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, la réhabilitation des aérodromes de Fada N’Gourma, Dori, Gaoua et Ouahigouya, ainsi que la création de zones franches et économiques spéciales, de hubs cargo et d’une académie des métiers de l’aviation.
Le ministre d'Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Emile Zerbo s’est rendu sur le chantier de l’aéroport de Bobo-Dioulasso le 5 août 2026 pour constater l'état d'avancement des travaux. Les travaux, d’un coût d’ensemble estimé à près de 79 milliards F CFA, portent sur une nouvelle aérogare d’une capacité d’au moins 1,5 million de passagers par an, la réhabilitation de la piste et des voies de circulation, une voie parallèle, une centrale solaire photovoltaïque, l’extension des infrastructures de fret et des aménagements de voiries dans la ville.
Si les opérations affichent un décalage entre l’exécution physique (17,23 %) et le délai contractuel consommé (35,46 %), les entreprises en charge des travaux ont mobilisé plus de 500 travailleurs, avec un rythme désormais continu (jour et nuit) pour rattraper le retard, tandis que les contrôles techniques confirment la conformité des travaux aux normes.
Le ministre Emile Zerbo a salué les progrès et le professionnalisme des équipes tout en rappelant l’exigence de respect des délais et des normes contractuelles. Le directeur général de la Société des Aéroports du Faso (SAFA), Malegdibkièta Saturnin Théophile Bikyenga, a souligné le caractère stratégique du projet dans la vision de développer des infrastructures aéroportuaires modernes et compétitives.
Un investissement stratégique pour la connectivité, le fret et l’attractivité économique
L’aéroport de Bobo-Dioulasso, capitale économique du pays, affichait jusqu’ici une capacité limitée à 200 000 passagers maximum par an. Le passage à 1,5 million représente un saut quantitatif majeur dans la dynamique nationale d'augmentation des flux aéroportuaires du pays. La deuxième phase du projet de modernisation, estimée à 200 milliards de FCFA, prévoit un hôtel de standing international, un centre de conventions, un complexe touristique, un centre médical aéronautique et un réseau de mobilité interne. L’objectif est de faire de la plateforme un hub sous-régional créateur d’emplois et de valeur ajoutée, en synergie avec les activités hôtelières, touristiques, commerciales et agro-sylvo-pastorales.
Un récent rapport de la SAFA, bras opérationnel de la politique aéroportuaire du pays, documente les atouts susceptibles de positionner le Burkina Faso comme hub aérien et logistique régional. Selon ce document, le pays affiche des indicateurs de trafic en forte progression et un avantage tarifaire déterminant sur le carburant aéronautique. Il ressort ainsi que le trafic passagers de l’Aéroport International de Ouagadougou est passé de 494 710 voyageurs en 2016 à 750 188 en 2025, soit une progression de plus de 51% en moins de dix ans.
Le document met également en avant la compétitivité du prix du carburant aéronautique ; conformément à l’arrêté n°2026-004/MICA/MEF du 30 avril 2026, le Jet A1 est fixé à 655,92 FCFA le litre pour la consommation intérieure, contre près de 1 300 FCFA en 2023, soit une baisse de 53,8%. Un niveau inférieur à celui observé dans certains pays voisins.
Le pays se donne les moyens de renforcer la connectivité du territoire, d'accroître la compétitivité économique du pays et de faire de Bobo-Dioulasso un véritable pôle régional de mobilité, d'affaires et d'investissement. Le ministre Émile ZERBO a martelé pour sa part l’engagement du Gouvernement à conduire à terme cette transformation majeure, au bénéfice de la mobilité, du développement économique et du rayonnement du Burkina Faso.
Mouni N’GOLO




