La Banque africaine de développement (BAD) renforce son engagement en faveur de la transition vers des transports durables sur le continent. Le 18 juin 2026, le Fonds pour l'environnement mondial (FEM) a approuvé un financement de 13,46 millions de dollars destiné à soutenir la Facilité pour la mobilité verte en Afrique (GMFA), une initiative visant à mobiliser les investissements privés dans les systèmes de transport à faibles émissions de carbone.
Face à une urbanisation qui devrait conduire au doublement de la population urbaine africaine d'ici 2050, la Banque africaine de développement mise sur des mécanismes de financement innovants pour accélérer le développement de la mobilité électrique. À cet effet, le Fonds pour l'environnement mondial (FEM) a approuvé un financement de 13,46 millions de dollars destiné à soutenir la Facilité pour la mobilité verte en Afrique (GMFA). L'objectif est de lever les principaux obstacles au financement des infrastructures de transport propres et d'accompagner les villes africaines dans leur transition vers des solutions de mobilité plus durables. Le financement approuvé par le FEM combine un prêt concessionnel de 12,46 millions de dollars et un don d'assistance technique d'un million de dollars. Ces ressources permettront de soutenir le déploiement de systèmes de transport public efficaces, de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de favoriser l'émergence d'un marché de la mobilité électrique en Afrique.
La Facilité pour la mobilité verte en Afrique intervient à travers des mécanismes de financement mixte et de rehaussement de crédit. Elle met à la disposition des porteurs de projets des prêts concessionnels, des prêts de premier rang ainsi qu'un accompagnement technique afin de réduire les risques et d'attirer davantage d'investissements privés. Les financements seront orientés vers plusieurs segments stratégiques de la mobilité verte, notamment les bus électriques, les motos et tricycles électriques, les infrastructures de recharge alimentées par des énergies renouvelables, les stations d'échange de batteries ainsi que la fabrication de véhicules électriques.
Mobiliser au moins 169 millions de dollars pour accélérer les transports durables
Selon la Banque africaine de développement, les investissements dans la mobilité électrique restent encore limités en Afrique en raison de coûts d'acquisition élevés, d'un accès insuffisant aux financements de long terme, d'une perception importante des risques technologiques et d'un marché encore peu mature. Présentant la GMFA lors du Forum mondial sur les programmes intégrés du FEM 2026 à Nairobi, l’experte en financement climatique au sein de la BAD, Komal Hassamal, a souligné que « l'urbanisation rapide va doubler la population urbaine de l'Afrique d'ici 2050 », rendant ainsi indispensable le développement de systèmes de transport propres. Elle a estimé que le financement mixte constitue aujourd'hui l'un des principaux leviers pour mobiliser les investissements privés nécessaires à cette transformation.
Au-delà de ce premier appui, la BAD entend mobiliser au moins 169 millions de dollars auprès de ses propres guichets de financement et de ses partenaires afin d'accélérer le développement des transports durables sur le continent. Cette dynamique sera soutenue par plusieurs partenaires internationaux, dont le mécanisme de coopération économique Corée–Afrique (KOAFEC), le Fonds pour l'énergie durable en Afrique et le Fonds d'assistance au secteur privé africain, qui contribueront au renforcement des cadres réglementaires, à la préparation des projets et à la structuration des futurs investissements dans la mobilité verte.
Estelle KONKOBO




