La Brigade mobile de contrôle économique et de la répression des fraudes (BMCRF) a présenté, lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi 15 avril 2026, à Ouagadougou, le bilan de ses opérations de contrôle du marché du ciment, dans un contexte marqué par des tensions d’approvisionnement et des dérives spéculatives observées sur plusieurs segments de la chaîne de distribution.

Face aux plaintes récurrentes des consommateurs, le ministère en charge du Commerce, à travers la Brigade mobile de contrôle économique et de la répression des fraudes (BMCRF), a engagé une série d’interventions ciblées visant à contenir les hausses injustifiées des prix du ciment et à assainir le circuit de commercialisation. Le bilan de ces opérations a été communiqué aux hommes et femmes de média, dans la matinée du mercredi 15 avril 2026, à Ouagadougou.

Selon le coordonnateur général, Sanibè Faho, ces opérations s’inscrivent dans une logique de protection du pouvoir d’achat et de régulation du marché. « Aucune flambée des prix ne saurait être justifiée, ni tolérée en dehors d’une révision officielle », a-t-il martelé, insistant ainsi sur le caractère réglementé du prix du ciment, classé parmi les produits soumis à contrôle des prix par arrêté ministériel.

Le Coordonnateur général de la Brigade mobile de contrôle économique et de la répression des fraudes (BMCRF), Sanibè Faho (2e à gauche) : « les prix restent inchangés et strictement encadrés par la réglementation en vigueur et tout dépassement des prix homologués expose les contrevenants à des sanctions ».

 

En effet, le cadre juridique est clairement établi. Le ciment figure parmi les 27 produits soumis à une réglementation stricte des prix, conformément à l’arrêté n°2024-00523/MICA/SG/DGC du 13 décembre 2024. À ce titre, les prix demeurent plafonnés et inchangés à 5 000 FCFA le sac de CPJ 35, et entre 5 575 FCFA et 5 750 FCFA pour le sac de CPA 45, selon les cimenteries. Toute augmentation sur le marché constitue donc une infraction.

126 tonnes saisies et des sanctions renforcées

Sur le terrain, les opérations de contrôle menées entre le 6 et le 13 avril 2026 ont permis de mettre en lumière des dysfonctionnements. Ainsi, à Ouagadougou, 122 acteurs ont été contrôlés, dont 40 en situation d’irrégularité. Les infractions relevées concernent notamment la spéculation sur les prix, l’absence de facturation, le stockage clandestin et le reconditionnement frauduleux du ciment. Au total, 126 tonnes et 17 sacs de ciment ont été saisis pour ces manquements. « Le reconditionnement ne garantit ni le respect des normes de qualité ni celui du poids réglementaire », a souligné Sanibè Faho.

Les sanctions prévues vont de la confiscation des stocks au paiement d’amendes, avec, pour les cas les plus graves, des mesures plus coercitives tels que des travaux d’intérêt général. Les stocks saisis seront, pour leur part, écoulés par voie d’enchères publiques aux prix réglementaires, et les recettes reversées au Fonds de Soutien Patriotique (FSP).

Vers un retour progressif à la normale

À la question de savoir si un retour à la normale est à l’ordre du jour, la BMCRF se veut rassurante quant à une sortie prochaine de la pénurie. Selon Sanibè Faho, un dispositif de suivi a été mis en place pour veiller à l’efficacité des actions engagées et prévenir toute nouvelle dérive. « L’amélioration de l’approvisionnement en matières premières et le renforcement de la fourniture d’électricité ont permis une reprise progressive de la production depuis le 16 mars 2026. Nous estimons qu’une normalisation du marché pourrait intervenir d’ici la fin du mois d’avril, si la dynamique actuelle se maintient », a-t-il expliqué.

Le ciment sera vendu aux enchères publiques aux prix réglementaires et les recettes reversées au Fonds de Soutien Patriotique (FSP).

 

Dans cette dynamique, la Brigade mobile de contrôle économique et de la répression des fraudes entend maintenir la pression sur les acteurs du marché. « Les opérations de contrôle vont se poursuivre et s’intensifier », a prévenu M. Faho, tout en appelant à un sursaut de responsabilité et de patriotisme économique.  

Au-delà de la répression, le Coordonnateur général de la BMCRF, mise également sur la collaboration des citoyens, invités à signaler toute irrégularité via les numéros verts 80 00 11 84/ 80 00 11 85/80 00 11 86 dédiés, afin de garantir un marché plus transparent et équitable.

Estelle KONKOBO

 

Prix du ciment : des plafonds réglementés 

toujours en vigueur

Selon le tableau récapitulatif des prix des cimenteries transmis par la BMCRF, les prix du ciment au Burkina Faso restent encadrés et n’ont pas connu de modification officielle à ce jour.

Pour le ciment de type CEM II 32,5 (CPJ 35), le prix de vente maximum autorisé au consommateur est fixé à 100 000 F CFA la tonne, soit 5 000 F CFA le sac de 50 kg, quelle que soit la cimenterie (Diamond Cement, Cim Faso, Cim Burkina, Cimaf, CGM Industrie, Cimasso).

Pour le ciment de type CEM II 42,5 (CPA), plus résistant, les prix varient légèrement selon les unités de production, avec un plafond compris entre 111 500 F CFA et 115 200 F CFA la tonne, soit environ 5 575 F à 5 750 F CFA le sac.

Ces prix s’appliquent au niveau des zones de production (Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Ziniaré). Dans les autres localités, un différentiel lié aux coûts de transport peut être appliqué.

Source : BMCRF

 

 

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