En marge des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) qui se tiennent du 25 au 29 mai 2026, à Brazzaville au Congo, le cabinet panafricain WITBA INVEST SA et son partenaire TRENDEO ont officiellement lancé, lundi 25 mai, le premier baromètre de l’investissement industriel en Afrique (AfIIB – African Industrial Investment Barometer). Ce nouvel outil stratégique de mesure et d'intelligence économique ambitionne de transformer la lecture des dynamiques industrielles sur le continent.
L’Afrique opère une rupture méthodologique pour mieux construire sa souveraineté stratégique à travers ses propres outils de pilotage. En marge des travaux des Assemblées annuelles de la Banque Africaine de Développement (BAD), le cabinet WITBA INVEST SA fondé par l’ancien ministre burkinabè de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Dr Harouna Kaboré, et son partenaire TRENDEO ont lancé, le 25 mai 2026, date symbolique correspondant à la Journée de l’Afrique, le premier Baromètre de l’Investissement Industriel en Afrique (AfIIB).
L'événement a été organisé sous l'égide du directeur du Département du développement industriel et du commerce à la BAD, Ousmane Fall en présence du Président de WITBA INVEST SA, Dr Harouna Kaboré, et du créateur et gérant de TRENDEO, David Cousquer, qui ont assuré la présentation technique du Baromètre.
AfIIB se distingue par son caractère résolument novateur dans le paysage économique africain. Contrairement aux outils traditionnels basés sur des agrégats macroéconomiques, ce dispositif repose sur une cartographie des flux d’investissement issue de données microéconomiques géolocalisées.
Fruit du croisement de trois bases de données primaires, l’édition 2026 du rapport recense notamment plus de 2 600 projets d’investissements industriels sur la période 2016-2025, il propose une analyse spatiale et quantitative rigoureuse se basant sur trois indices originaux pour évaluer la dynamique d’industrialisation du continent : l’Indice de Diversification Industrielle (IDI), l’Indice d’Attractivité Industrielle (IAI) et l’Indice d’Ancrage Productif (IAP).
Les chiffres clés d'un continent en transition
Le rapport met en lumière une part manufacturière encore timide sur le continent. La valeur ajoutée manufacturière (VAM) ne représente que 12,3 % du PIB africain, loin des 25 % observés en Asie de l’Est lors de son décollage, indique le Baromètre.
L’analyse pointe aussi une forte polarisation géographique autour de cinq économies parmi les plus dynamiques des 54 pays. Ce sont l’Afrique du Sud, l’Égypte, le Maroc, le Nigéria et l’Algérie, qui concentrent à elles seules 45 % de la valeur ajoutée manufacturière du continent.
Le rapport relève en outre une dynamique d'investissement contrastée. Si les flux d'investissements directs étrangers (IDE) ont progressé de 8 % par an entre 2021 et 2024, 60 % de ces flux restent captés par seulement dix pays.
Le Baromètre révèle par ailleurs des profils industriels distincts selon les régions. L'Afrique du Nord s'impose comme le leader de la chimie et de l'automobile, tandis que l'Afrique de l'Ouest domine dans le ciment, les engrais et le textile.
Au plan sectoriel, l'industrie manufacturière connaît une croissance robuste, portée par la chimie avec 28 % des investissements, la sidérurgie (18 %) et le ciment (12 %). Le secteur de l'énergie est quant à lui marqué par une percée spectaculaire des renouvelables, l’hydrogène vert captant 75 % des investissements énergétiques entre 2020 et 2025.
Le rapport met en lumière des enseignements majeurs relatifs à l'efficacité des infrastructures, soulignant l’existence d’un « Double Ancrage », c’est-à-dire la proximité immédiate à la fois d'un corridor de transport et d'une Zone Économique Spéciale, qu’il présente comme un puissant levier. Cette configuration concerne 43 % des projets et génère près de 70 % de la création totale d’emplois industriels sur le continent.
Des pistes pour l’« Usine du Futur »
Au-delà de mesurer les flux financiers, le Baromètre évalue également la qualité des investissements via la grille « Usine du Futur » qui analyse six piliers : flexibilité, numérisation, efficacité énergétique, et efforts environnementaux, sociaux et territoriaux. Des exemples concrets, comme Stellantis au Maroc qui vise 75 % d'intégration locale d'ici 2030, ou le projet Simandou en Guinée, illustrent cette ambition de transformation durable, indique le rapport.
Pour WITBA Invest SA, l'avenir de l'Afrique passe par l'abandon d'une logique de rente extractive au profit d'une transformation productive, en cohérence avec la vision du Président de la BAD, Dr Sidi Ould Tah qui veut que « les exportations de matières premières soient de l’histoire ancienne. L’avenir, c’est l’Afrique industrielle ».
Pour ses concepteurs, AfIIB est un levier de puissance permettant à l'Afrique de disposer de ses propres instruments de lecture stratégique dans un contexte de compétition mondiale accrue. Le Président de WITBA INVEST SA, Dr Harouna Kaboré, a souligné l'urgence pour le continent de reprendre la main sur ses propres données.
« L’Afrique doit désormais construire ses propres instruments de mesure, de financement et d’intelligence économique. L’industrialisation ne se décrète pas. Elle se structure, se pilote stratégiquement et se mesure régulièrement », a-t-il souligné.
Synergie et complémentarité des instruments
La cérémonie de lancement a permis aussi de mettre en lumière la complémentarité entre AfIIB et l'Indice de l’industrialisation en Afrique (IIA), piloté par la BAD, l'Union africaine et l'ONUDI. Si l'IIA fournit un socle de données publiques harmonisées pour comparer les pays, le Baromètre apporte une lecture opérationnelle et fine des projets industriels réels. Et cette double approche permet de fournir une lecture structurée des tendances aux États, investisseurs et institutions financières ; d’identifier les pôles d’investissement émergents et les chaînes de valeur stratégiques ; et d’évaluer la capacité réelle des investissements à transformer durablement les économies locales, au-delà des seuls indicateurs financiers.
Inscrit dans la thématique de la mobilisation des financements à grande échelle, AfIIB cadre, en outre, avec les objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). En analysant la création d'emplois industriels, les enjeux énergétiques et la transition climatique, la présentation du baromètre aspire à devenir le rendez-vous annuel de référence pour les décideurs et investisseurs engagés dans la transformation structurelle du continent.
Avec le lancement du premier rapport AfIIB qui marque le début de ce processus, WITBA INVEST SA confirme sa vocation de cabinet spécialisé en ingénierie financière et intelligence stratégique, avec l'ambition d'élargir les horizons de l'investissement structurant en Afrique.
Mouni N’GOLO





