Face à un monde bouleversé par des crises multidimensionnelles, la Banque mondiale revoit à la baisse les perspectives de croissance Africaine en 2026. Dans son dernier rapport « État des lieux de l’économie africaine », l’institution Bretton Woods alerte sur les risques liés au conflit au Moyen-Orient.

La reprise économique en Afrique subsaharienne montre des signes d’essoufflement. Selon les prévisions publiées le 8 avril 2026 par la Banque mondiale, la croissance régionale devrait se maintenir à 4,1 % en 2026, un chiffre revu à la baisse de 0,3 point de pourcentage par rapport aux estimations d'octobre dernier. Ce ralentissement s'inscrit dans un contexte de vulnérabilités structurelles persistantes.

Pour les investisseurs et décideurs d’Afrique au sud du Sahara, le signal le plus préoccupant concerne la gestion des finances publiques, surtout du point de vue du service de la dette qui prend de plus en plus de l’espace.

Dans la région, le ratio du service de la dette extérieure rapporté aux recettes publiques est monté à 18,2 % en 2025, contre 15,4 % en 2024. Cette situation limite drastiquement la capacité des États à financer leurs infrastructures de base, précise le rapport, soulignant que les investissements publics restent inférieurs d’environ 20 %, à leur niveau de 2014.

L'économie régionale reste donc suspendue à l'évolution des tensions géopolitiques. Le rapport souligne que le conflit au Moyen-Orient menace de provoquer une « double crise énergétique et alimentaire ». Après une accalmie en 2025 et un taux médian de 3,7 %, l'inflation régionale devrait remonter à 4,8 % en 2026, sous l’effet du renchérissement des combustibles et des engrais. Le point positif demeurant la hausse des prix des matières premières (cacao, café) et de l’or qui ont soutenu les recettes budgétaires en 2025. La donne devrait (???) cette année avec le renforcement des positions extérieures des Etats concernés.

Une politique industrielle « plus intelligente » comme alternative

Face à ces vents contraires, la Banque mondiale préconise un changement de paradigme pour les pays de l'Afrique de l'Ouest. Le rapport consacre un volet à la politique industrielle comme levier de transformation.

Pour des économies en voie d'industrialisation diversifiée, l'enjeu est de sortir du « modèle des enclaves isolées » pour bâtir des écosystèmes productifs. Cela passe par un schéma de développement en trois axes : l’intégration régionale, le ciblage des activités selon leurs potentiels et le développement des infrastructures et des compétences.

La banque mondiale note en effet que le renforcement de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) est une étape cruciale pour élargir la taille des marchés sans peser sur les budgets nationaux et que les aides publiques doivent désormais cibler des secteurs à fort potentiel d'apprentissage plutôt que des entreprises spécifiques, afin d'éviter la captation de rentes. Enfin, du point de vue infrastructures et compétences, le rapport indique que l'investissement dans l'énergie fiable et la main-d’œuvre qualifiée doit précéder les incitations fiscales pour garantir un réel gain de productivité.

Alors que 620 millions de personnes rejoindront le marché du travail africain d'ici 2050, l'urgence pour les pays de l'Afrique Subsaharienne est de favoriser une croissance portée par le secteur privé, seul capable de créer des emplois durables et de qualité, conclut le rapport.

Mouni N’GOLO

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