Le rapport d'avril 2026 du Fonds monétaire international sur les perspectives économiques régionales présente un tableau nuancé de l'Afrique subsaharienne. Après une année 2025 marquée par une croissance régionale de 4,5 %, inédite depuis une décennie, l’élan est fragilisé par le conflit au Moyen-Orient, la chute de l'aide internationale et des réformes structurelles qui n'avancent pas assez vite, selon le FMI.

L'Afrique subsaharienne a clôturé l'année 2025 sur une note positive portée par une croissance régionale de 4,5 % du PIB, soit le rythme le plus soutenu depuis dix ans. Ce résultat dépasse les projections que le FMI avait formulées en octobre 2025. Dix pays de la région ont franchi le seuil des 6 % de croissance, et le Bénin, la Côte d'Ivoire, l'Éthiopie, l'Ouganda et le Rwanda ont figuré, selon le Fonds, parmi les économies les plus dynamiques de la planète.

Pour les pays de l’AES, leurs économies restent résilientes face au contexte de défis sécuritaires. La croissance du PIB réel du Burkina Faso est projetée à 4,9 % en 2026, contre 5,0 % en 2025, et l'inflation, après avoir été négative en 2025 avec un taux de -0,5 %, devrait remonter à 1,5 % en 2026. Quant au Mali sa croissance est attendue à 5,5 % en 2026, en  progression par rapport aux 4,9 % de 2025, tandis que l'inflation devrait y rester stable autour de 2,2 %. Quant au Niger, la croissance devrait maintenir un rythme soutenu à 6,7 % en 2026 et le taux d'inflation devrait se normaliser à 0,4 % en 2026.

Le rapport du FMI affirme ainsi l'Afrique de l'Ouest, portée par l'UEMOA, comme l'un des moteurs de croissance du continent.

Des réformes structurelles préconisées

Les pays de l'UEMOA affichent une croissance moyenne projetée à 5,5 % en 2026, bien au-dessus de la moyenne de l'Afrique subsaharienne projetée à 4,3 %. Des pays comme le Bénin avec 7,0 % de taux de croissance et la Côte d’Ivoire avec 6,2 % restent champions de la croissance de la sous-région, alors qu’à l'opposé, le Nigéria, géant de la zone CEDEAO, prévoit une croissance plus modeste de 4,1 %.

Mais, si la sous-région ouest africaine abrite certaines des économies les plus dynamiques du globe, le FMI souligne que la convergence des revenus nécessitera des réformes structurelles audacieuses pour passer d'une croissance tirée par l'État à un modèle porté par le secteur privé.

Pour faciliter l’atteinte de cet objectif, le FMI prescrit des remèdes structurels et articule ses recommandations autour de trois axes :  monétaire, budgétaire et structurel. Le Fonds préconise prioritairement des réformes de gouvernance afin de réduire la corruption, renforcer le respect des obligations fiscales et créer un environnement institutionnel propice à l'investissement privé. La réforme des entreprises publiques est aussi une recommandation forte, l’institution de Bretton Woods  soulignant que 40 % des entreprises publiques de la région ne sont pas rentables et évalue leurs pertes annuelles en moyenne à 1 % du PIB.

Ces réformes sont possibles et payantes, selon le Fonds monétaire international qui cite l’exemple ivoirien. En effet, la Côte d'Ivoire a réduit de plus de moitié son écart par rapport aux pays émergents en matière de gouvernance depuis la crise politique de 2010-2011, et affiche une croissance moyenne de 7 % sur les cinq dernières années, avec des investissements directs étrangers multipliés par dix pour atteindre 3,3 milliards de dollars en 2024.

Le Rwanda et le Bénin ont également montré qu'une réduction des lourdeurs administratives, appuyée sur le numérique, pouvait attirer des investisseurs et nourrir une dynamique réformatrice durable, souligne le FMI.

Mouni N’GOLO

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