Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a organisé un dialogue politique de haut niveau, avec des leaders de la société civile, des organisations philanthropiques et de la diaspora, le lundi 4 mai 2026, au siège de l'institution à Abidjan sous le thème : « la société civile, les philanthropies et la diaspora comme accélérateurs stratégiques de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD) ». A l’issue de la rencontre, il a été convenu de co-concevoir le cadre opérationnel citoyen de la NAFAD.

Dialogue, inclusion, consultation, participation, adhésion et engagement citoyen, mobilisation de toutes les parties prenantes… le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) multiplie les initiatives et mise sur tous les leviers pour garantir le succès attendu de la mise en œuvre de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD).

Après le Dialogue consultatif de haut niveau sur la NAFAD, tenu le jeudi 9 avril 2026, dans la capitale ivoirienne, et sanctionné par l’adoption du « Consensus d’Abidjan » comme acte fondateur de l’opérationnalisation de cette nouvelle architecture et de son appropriation institutionnelle par l’ensemble de l’écosystème financier africain, la BAD a réuni le lundi 4 mai 2026 des représentants de la société civile, de la diaspora africaine et de la philanthropie autour d’un autre dialogue d’envergure.

Placée sous le thème : « La société civile, les philanthropies et la diaspora comme accélérateurs stratégiques de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD) », cette session stratégique, modérée par le Chargé en chef politique et plaidoyer du Groupe de la BAD, Luther Yaméogo, vise à faire de l’engagement citoyen un pilier essentiel de cette nouvelle ambition portée par la banque de « repenser en profondeur la mobilisation, la structuration et le déploiement des ressources au service du développement du continent ».

« Une véritable déclaration de souveraineté financière »

Et cela passe nécessairement par la mobilisation et l’implication active des acteurs proches des communautés, la BAD étant convaincue que l’ancrage social de ses opérations, le dialogue structuré avec les acteurs non étatiques, la promotion de l’inclusion, de la redevabilité et de l’impact de ses interventions sont des leviers incontournables.

« Ce Dialogue se tient dans un contexte où la Banque a fait le choix de positionner la société civile comme un partenaire stratégique dans la définition et la mise en œuvre de ses priorités de développement », a confié la Cheffe de la Division de la Société Civile et de l’Engagement Communautaire de la BAD, Zéneb Touré.

L’Afrique fait face à un déficit annuel de financement de son développement estimé à près de 400 milliards de dollars. En même temps, le continent dispose de 4 000 milliards de dollars d’épargne intérieure, sans oublier les 100 milliards de dollars de transferts annuels de sa diaspora et le capital philanthropique africain en pleine croissance. Il est donc temps de mobiliser toutes les énergies et nouer toutes les synergies nécessaires, à travers la NAFAD, pour sortir le continent africain de ce paradoxe structurel qui a longtemps freiné le déploiement de son potentiel financier au service de son développement.

« La Nouvelle architecture financière africaine pour le développement n'est pas une simple proposition de réforme, mais une véritable déclaration de souveraineté financière pour l'Afrique. Le dialogue actuel prouve que le continent est capable de construire son avenir en s'appuyant sur ses propres fondations, en intégrant pleinement les forces citoyennes qui étaient autrefois maintenues en marge des grandes décisions financières », a confié le coordinateur de la NAFAD et conseiller spécial du président du Groupe de la Banque, Didier Acouetey.

"Société civile-diaspora-philanthropies", un triptyque stratégique

Pour la cofondatrice du Think Tank Manssah, Me Fatoumata Sidibé Diarra, formuler notre propre architecture financière, c’est poser les fondations d’une souveraineté réelle ; et ce n’est pas une option, mais une urgence, une responsabilité collective. « Ce qui est en jeu, c’est la capacité de l’Afrique à financer sa propre émergence et cela ne peut plus attendre », a-t-elle martelé.

Pour y arriver, institutionnaliser et amplifier à grande échelle l’engagement citoyen avec la société civile et les communautés et positionner la diaspora africaine et les acteurs philanthropiques non plus comme des acteurs périphériques, mais comme de véritables partenaires stratégiques, deviennent un impératif catégorique. Car, a poursuivi Mme Touré, ce triptyque " société civile-diaspora-philanthropies", jusque-là insuffisamment mobilisé, est stratégique pour la NAFAD et constitue donc un levier essentiel pour relier l’architecture financière aux réalités économiques, sociales et territoriales du continent.

La session du dialogue politique du 4 mai 2026 à Abidjan au siège de la BAD a connu la participation,, entre autres, du coordinateur de la NAFAD et conseiller spécial du président du Groupe de la Banque, Didier Acouetey (milieu), de la Cheffe de la Division société Civile et Engagement communautaire à la Banque africaine de développement, Zéneb Touré (gauche), et la cofondatrice de Think Tank Manssah, Me Fatoumata Sidibé Diarra (droite).

 

Mais, il y a lieu, a indiqué Me Diarra, de sortir des carcans traditionnels qui confinent les organisations de la société civile dans « un simple rôle consultatif » pour bâtir avec elles « de véritables partenariats de co-investissement », en s’appuyant sur des indicateurs d’impact, des mécanismes de redevabilité co-construits, et sur les principes de subsidiarité et de complémentarité, une gestion responsable et transparente des ressources. Car, a-t-elle poursuivi, l'Afrique n'a plus besoin de nouveaux cadres d'aide, mais de structures d'appropriation permettant à ses communautés et à ses philanthropes d'investir durablement dans le bien-être inclusif des populations.

Construire un système financier fondé sur la confiance, l’inclusion et l’impact

Il faut donc éviter que la NAFAD devienne un « projet d’experts », mais une initiative à impact, avec des résultats tangibles qui suscitent l’adhésion, car une architecture aussi innovante soit-elle, ne peut produire d’impact durable que si elle est appropriée, incarnée, foi de Me Fatoumata Sidibé Diarra.

« Le véritable défi n’est pas de mobiliser davantage le capital, mais de construire un système financier fondé sur la confiance, l’inclusion et l’impact ; puisque sans confiance, il n’y a pas d’investissements durables, sans inclusion il n’y a pas de légitimité et sans impact, il n’y a pas de transformation. Si ces trois dimensions ne sont pas activement portées par la société civile, la diaspora et les philanthropies, nous courons vers une architecture qui reproduira les limites du passé », a-t-elle insisté.

Face à un environnement en plein chamboulement, l’Afrique doit s’en saisir pour reprendre son destin financier, repenser son financement, bâtir une architecture alignée sur ses propres besoins, et transformer ses nombreux atouts en prospérité inclusive, durable et souveraine, en passant d’une logique d’ajustement à une logique de transformation. Pour cela, il faut des instruments capables de financer nos priorités, notamment l’éducation, la santé, la souveraineté alimentaire, l’accès à l’énergie. « Notre continent doit se réinventer pour garantir souveraineté, résilience et prospérité partagée », a poursuivi Me Diarra.

Remise de l’agenda citoyen de la NAFAD à Brazzaville

Pour la directrice générale de ONE Campaign, Ndidi Okonkwo Nwuneli, la NAFAD ne tiendra ses promesses, ne comblera donc l’espoir tant suscité, que si les acteurs les plus proches des populations en sont les co-concepteurs. C’est pourquoi, elle a exhorté le Groupe de la Banque à structurer ce partenariat à grande échelle.  Les conclusions de ce dialogue de haut niveau, synthétisées dans une sorte de feuille de route seront présentées le 28 mai prochain à Brazzaville, en marge des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement prévues du 25 au 29 mai 2026 dans la capitale congolaise.

À cette occasion, la société civile africaine, les réseaux de la diaspora et les organisations philanthropiques remettront officiellement leur agenda de mise en œuvre de la NAFAD aux dirigeants du Groupe de la BAD.

« La qualité des échanges d’aujourd’hui, la profondeur de l’expertise, la générosité d’esprit et la détermination commune à passer du dialogue à l’action correspondent exactement à ce que ce processus visait à produire. La route qui s’ouvre devant nous mène tout droit aux Assemblées annuelles du Groupe de la Banque à Brazzaville, où la société civile, la diaspora et le secteur philanthropique occuperont la place qui leur revient dans la co-construction de l’avenir financier de l’Afrique », a rassuré Zéneb Touré.

La Rédaction

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