Par une décision interministérielle signée le 8 mai 2026, le gouvernement burkinabè a annoncé la suspension immédiate des exportations de bétail sur toute l’étendue du territoire. Une mesure forte qui vise à stabiliser l’offre sur le marché local.

Le secteur de l’élevage, l’un des piliers de l’économie burkinabè, enregistre une mesure majeure visant à juguler les prix sur le marché local. Dans un communiqué conjoint en date du 8 mai 2026, le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Serge Gnaniodem Poda, le ministre d’État chargé de l’Agriculture, des Ressources animales et halieutiques, le Commandant Ismaël Sombié, et le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, ont annoncé la suspension des exportations de bétail.

L’objectif affiché par l’exécutif est clair ; il s’agit d’« assurer la disponibilité du bétail sur le marché national ». Cette décision intervient dans un contexte où la pression sur les prix de la viande et la disponibilité des têtes de bétail pèsent sur le panier de la ménagère burkinabè et alors que s'annonce la fête de la Tabaski à l'occasion de laquelle il est recommandé aux fidèles musulmans d'immoler un bélier. En limitant les flux vers l'extérieur, le gouvernement espère provoquer une baisse des prix à l'intérieur du pays par l'augmentation de l'offre.

Conséquence directe de cette mesure, la délivrance des Autorisations Spéciales d’Exportation (ASE) est désormais suspendue. Pour les opérateurs économiques déjà engagés dans des processus commerciaux, le gouvernement a prévu une courte période de transition. Ainsi, les exportateurs munis d'une ASE en cours de validité disposent d'une semaine, à compter de la date de signature, pour finaliser leurs formalités.

Le gouvernement en appelle au « patriotisme » des acteurs de la filière bétail pour accompagner cette décision. Toutefois, la fermeté reste de mise : tout contrevenant s'expose à des sanctions réglementaires. Les services techniques de l'État, les forces de sécurité et les postes frontaliers ont été instruits de veiller à l'application stricte de cette directive.

Pour garantir l'efficacité de cette suspension, un dispositif de veille citoyenne a été mis en place et les populations sont invitées à dénoncer tout cas de non-respect via les numéros verts 80 00 11 84 ; 80 00 11 85 et 80 00 11 86.

Estelle KONKOBO

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