Réunis à Dakar, le jeudi 6 mai 2026, dans le cadre des travaux du Bureau de l’Association des banques centrales africaines (ABCA), les gouverneurs des banques centrales du continent ont réaffirmé leur volonté d’accélérer l’intégration monétaire africaine. Au cœur des discussions : l’opérationnalisation de l’Institut monétaire africain (IMA), annoncée pour septembre 2026 au Nigeria, en prélude à la création d’une banque centrale africaine et d’une monnaie unique continentale.
Le projet d’intégration monétaire africaine franchit une nouvelle étape institutionnelle. À Dakar, les gouverneurs des banques centrales africaines ont réaffirmé leur ambition de construire progressivement une architecture financière continentale capable de soutenir les échanges intra-africains, renforcer la souveraineté monétaire et accélérer l’intégration économique du continent.
Prenant la parole lors des travaux du Bureau de l’Association des banques centrales africaines (ABCA), le président de l'ABCA, Yvon Sana Bangui a rappelé que l’objectif stratégique demeure la mise en place « d’une monnaie unique et d’une banque centrale commune pour l’Afrique ».
Selon lui, malgré les contraintes économiques et institutionnelles, les progrès réalisés démontrent que cette ambition reste atteignable grâce à « la collaboration, la synergie et la détermination de tous ». Et face à un environnement international marqué par les tensions géopolitiques, la volatilité financière et les mutations technologiques, il y a lieu de renforcer la coopération entre les banques centrales africaines dans.
Une étape clé dans la transition vers l’union monétaire continentale
« L’ABCA doit continuer de s’affirmer comme un cadre privilégié de dialogue, d’apprentissage et de solidarité », a-t-il insisté, évoquant notamment les enjeux liés à la stabilité monétaire, à l’inclusion financière, à la digitalisation des systèmes financiers et à la défense des intérêts africains dans les instances internationales.
Au centre des discussions figure l’opérationnalisation de l’Institut monétaire africain (IMA), considéré comme une étape clé dans la transition vers une union monétaire continentale. Selon les responsables africains, l’IMA devrait officiellement entrer en activité en septembre 2026 à Abuja, au Nigeria. Ses statuts ont déjà été adoptés lors de la 39e session ordinaire de l’Union africaine tenue en février 2026 à Addis-Abeba.
Pour Yvon Sana Bangui, cette future institution, qui n’est plus un projet lointain », constitue désormais « un déterminant central de la marche vers l’intégration monétaire et financière » du continent. Pour y arriver, il a appelé les banques centrales africaines à une « implication impérative » afin de garantir le démarrage effectif des activités dans les délais annoncés.
Un levier stratégique pour la NAFAD
La commissaire chargée du développement économique, du commerce, du tourisme, de l’industrie et des mines de la Commission de l’Union africaine, Francisca Tatchouop Belobe, a exhorté les membres de l’ABCA à accélérer la finalisation des nominations au sein de l’IMA. « Nous maintenons fermement le cap pour un lancement opérationnel de l’IMA en septembre 2026 », a-t-elle déclaré.
L’Institut monétaire africain, a-t-elle souligné représente une étape transitoire indispensable vers la création de la future Banque centrale africaine et l’aboutissement du projet de monnaie unique africaine inscrit dans l’Agenda 2063 de l’Union africaine. La rencontre de Dakar a également permis d’examiner les propositions relatives à la structure organisationnelle, au budget et aux scénarios financiers de l’IMA, qui devront être soumis aux banques centrales membres pour validation.
Avec 41 banques centrales membres, l’ABCA poursuit ainsi la construction progressive d’un cadre de coopération monétaire continental destiné à renforcer l’intégration économique africaine et réduire la fragmentation des systèmes financiers du continent. L’aboutissement de ce projet constituer un levier stratégique pour la Nouvelle architecture africaine pour le développement (NAFAD) portée par la Banque africaine de développement (BAD) et adoptée par l’Union Union africaine (UA) en février dernier à Addis-Abeba.
Estelle KONKOBO





