La Direction Nationale de la BCEAO et l'Association Professionnelle des Systèmes Financiers Décentralisés du Burkina Faso (AP/SFD-BF) ont tenu leur première réunion semestrielle de concertation de l'année, le jeudi 23 avril 2026, à Ouagadougou, sous le thème : « Partenariat Fintech–IMF : opportunités, défis et impact sur la performance et la compétitivité des institutions de microfinance ». L’analyse de la conjoncture économique et financière, l’état de mise en conformité avec la nouvelle loi sur la microfinance et le suivi des décisions des sessions antérieures étaient au centre des échanges entre le régulateur et les acteurs du secteur de la microfinance.

La Direction Nationale de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et l'Association Professionnelle des Systèmes Financiers Décentralisés du Burkina Faso (AP/SFD-BF) sont engagés à faire du dialogue sectoriel un levier stratégique pour bâtir un secteur de la microfinance dynamique et performant, au service de l’inclusion financière, et partant, du développement socioéconomique de la nation burkinabè. Ils œuvrent en bonne intelligence pour relever les défis liés au développement de la microfinance au pays des Hommes intègres. Leur cadre de rencontre semestrielle, tenu le jeudi 23 avril 2026, à Ouagadougou s’inscrit dans la dynamique de cet engagement commun. Placés sous le thème : « Partenariat Fintech–IMF : opportunités, défis et impact sur la performance et la compétitivité des institutions de microfinance », plusieurs sujets étaient au menu des échanges.

A commencer pour l’analyse de la conjoncture économique et financière. Dans un monde interconnecté, les tensions géopolitiques et commerciales à l’échelle internationale ont des répercussions plausibles sur les économies nationales et les secteurs financiers. Le partage d’informations et d’analyses sur ces crises et leurs conséquences visent à permettre aux acteurs locaux de la microfinance à cerner, anticiper les risques et à ajuster leurs orientations stratégiques aux évolutions de l’environnement régional et international. Comme, il fallait s’y attendre, l’état de mise en conformité des systèmes financiers décentralisés avec la nouvelle loi sur la microfinance était également au centre de ce rendez-vous semestriel entre la Direction nationale de la BCEAO et la faitière des Institutions de microfinance (IMF).

S’assurer de la conformité à la nouvelle loi

En effet, le 13 février 2025, l’Assemblée nationale a adopté une nouvelle loi relative à la règlementation du secteur de la microfinance, devant permettre au Burkina Faso de disposer d’un cadre juridique adapté à l'évolution de l'environnement social, économique et financier ainsi qu’aux standards internationaux.  Avec pour principales innovations, le renforcement de la gouvernance des IMF, la clarification des rôles et responsabilités des autorités de supervision, l'instauration d'un capital social minimum pour les IMF, l'application du principe de proportionnalité, l'élargissement des activités autorisées aux IMF et la rationalisation des formes juridiques, ce nouveau texte législatif vise à adresser durablement les limites structurelles qui freinent la consolidation des acquis du secteur.

Ce cadre de concertation permet  de dégager une vision commune entre régulateurs, superviseurs et acteurs du secteur de la microfinance, afin de faire face à un environnement marqué par des mutations réglementaires et technologiques majeures, et de bâtir un secteur national de la microfinance plus résilient, plus inclusif et plus compétitif.

 

Et ces insuffisances ont pour nom : problèmes de gouvernance au sein de nombreuses institutions, gestion du risque de crédit et un contrôle interne souvent inadéquat, système d'information et de gestion peu performant, mécanismes de solidarité déficients au sein des réseaux d'institutions mutualistes ou coopératives.

En corrigeant ces faiblesses, l’ambition in fine, à travers ce cadre légal robuste et moderne, est de renforcer la solidité, la crédibilité et la pérennité du secteur de la microfinance au Burkina Faso, améliorer leur contribution à l'inclusion financière et répondre aux défis de mobilisation de l’épargne nationale.  Il s’agit donc au cours de cette rencontre de s’assurer des dispositions prises par les IMF en matière de diligences transitoires obligatoires entrant dans le cadre de leur mise en conformité avec la nouvelle réglementation sectorielle, entrée en vigueur depuis le 12 février 2026.  Outre ce point, la recommandation sur le mécanisme de refinancement inter - Institutions de Microfinance a aussi fait l’objet d’un examen approfondi.

Opportunités et défis du partenariat Fintech/IMF

Abordant la thématique du jour, à savoir : « Partenariat Fintech–IMF : opportunités, défis et impact sur la performance et la compétitivité des institutions de microfinance », les parties prenantes ont reconnu la pertinence d’une telle collaboration, rendue incontournable au regard de la place croissante du numérique dans le développement et le déploiement des produits financiers, et partant, dans l’accès des populations à ces produits. Etant au cœur de la transformation numérique qui modifie en profondeur l'écosystème de la finance inclusive en Afrique de l'Ouest, la digitalisation ouvre des perspectives prometteuses pour l'inclusion financière, l'innovation de produits et l'amélioration de la performance opérationnelle des IMF, ont-elles reconnu. En permettant de rapprocher les services financiers des populations des zones reculées et exclues des circuits bancaires classiques, les Fintech constituent donc un levier stratégique pour les institutions de microfinance.  

Mais à côté de ces immenses opportunités qu’offrent les Fintech, les acteurs du secteur de la microfinance ne perdent pas de vue les risques et les défis liés à ce partenariat, notamment en matière de cadre réglementaire, de cybersécurité et d'adaptation des modèles économiques des IMF à l'environnement numérique. Le cadre de concertation a eu le mérite de permettre de mieux appréhender les enjeux et d'explorer des approches mutuellement bénéfiques pour les deux parties. Il a également permis de dégager une vision commune entre régulateurs, superviseurs et acteurs du secteur de la microfinance, afin de faire face à un environnement marqué par des mutations réglementaires et technologiques majeures, et de bâtir un secteur national de la microfinance plus résilient, plus inclusif et plus compétitif.

Synthèse de la Rédaction

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