Dans le cadre de l’«𝐎𝐩𝐞́𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐅𝐨̂𝐥𝐨̂𝐤𝐨𝐭𝐨 », conduite du 26 janvier au 20 février 2026, par l’Unité Mobile d’Intervention (UMI) sur le territoire burkinabè, la Direction générale des douanes a présenté, ce mardi 24 février 2026, à Ouagadougou, une saisie record de produits prohibés et impropres à la consommation d’une valeur globale estimée à 1,062 milliard F CFA. L’opération s’inscrit dans le cadre du renforcement des contrôles douaniers, conformément aux instructions des autorités burkinabè.

Engagé dans une quête de souveraineté financière pour faire face aux défis sécuritaires et de développement endogène, la consolidation des recettes publiques et la protection du marché intérieur constituent des enjeux majeurs pour le Burkina Faso. La Direction générale des Douanes (DGD), l’une des plus grandes régies de recettes du pays, veut jouer pleinement sa partition dans la mise en œuvre de ces orientations tracées par les plus hautes burkinabè. Pour ce faire, l’administration douanière s’est inscrite dans une dynamique de changement d’échelle dans la lutte contre la fraude. Et l’option prise produit des résultats concrets sur le terrain.

Pour preuve, dans le cadre d’une opération dénommée « 𝐎𝐩𝐞́𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐅𝐨̂𝐥𝐨̂𝐤𝐨𝐭𝐨 », conduite du 26 janvier au 20 février 2026 sur le territoire burkinabè, l’Unité Mobile d’Intervention (UMI), a réalisé une saisie record de produits prohibés et impropres à la consommation d’une valeur globale de 1, 062 milliard F CFA.

Certains produits étaient soigneusement dissimulés pour échapper aux contrôles

 

 La principale interception concerne le tapentadol, sous deux présentations commerciales. Le Tapentadol TimiKing 250 représente 157 cartons, soit 753 600 comprimés, tandis que le Tapentadol Pomme 250 totalise 156 cartons, soit 748 800 comprimés. L’ensemble équivaut à 313 cartons pour 1,5 millions de comprimés, d’une valeur globale de plus de 836 millions F CFA. À cela s’ajoutent 54 boules de chanvre indien de 24 kilogrammes estimées à 24 millions F CFA.

Des matériels et substances à forte sensibilité sécuritaire saisis

Les saisies portent également sur un volume important d’huiles et de lubrifiants. L’huile Barka Energie comprend 3 450 cartons correspondant à 52 488 litres, pour une valeur de 50,2 millions F CFA.  L’huile Shell représente 3 224 cartons, soit 40 200 litres, évalués à 40,2 millions F CFA. L’huile Yamalud totalise 75 cartons équivalant à 1 800 litres, pour une valeur de 1,8 millions F CFA. Par ailleurs, 200 cartons d’huiles contrefaites, représentant 2 400 litres, d’une valeur de 2,4 millions F CFA, ont été saisis. La présence de produits contrefaits expose à des risques techniques pour les équipements et accentue la concurrence déloyale sur le marché formel.

Le Directeur général des douanes, Dr Yves Kafando : « cette saisie record de produits prohibés et dangereux pour la santé, dont 313 cartons de tapentadol, marque une étape importante dans notre lutte contre la fraude et la contrefaçon au Burkina Faso ».

 

Les denrées alimentaires et produits de consommation ne sont pas en reste. 3 744 cartons de biscuits estimés à 18,7 millions F CFA et 700 cartons de 5 000 plaquettes d’œufs correspondent à 150 000 œufs, d’une valeur de 11,2 millions F CFA, étaient également du lot. La saisie comprend aussi 381 sacs de sucre, soit plus de 19 mille kilogrammes, estimés à 9,5 millions F CFA. À cela s’ajoutent 1366 cartons de boissons alcoolisées et énergisantes, évalués à 16,4 millions F CFA.

Sans oublier des matériels et substances à forte sensibilité sécuritaire. Il s’agit notamment de 5 295 bâtons d’explosifs dissimulés dans 15 sacs, évalués à 26,4 millions F CFA, de 30 cartons contenant 540 casques d’une valeur de plus d’un million F CFA, d’une batterie au lithium estimée à 500 mille F CFA.  Cette importante saisie, présentée le mardi 24 février 2026, à Ouagadougou, par le Directeur général des douanes, Dr Yves Kafando, traduit l’intensification des opérations de contrôle face à la circulation de produits pharmaceutiques illicites, de stupéfiants, de denrées alimentaires impropres à la consommation et de marchandises contrefaites.

L’importance de la collaboration et de la coordination 

Il a souligné la portée exceptionnelle de l’opération. « C’est une saisie importante, tant par son volume que par sa valeur. Elle démontre la détermination de nos services à faire barrage aux réseaux de fraude », a-t-il fait savoir. Au-delà de l’importance financière, la diversité des produits interceptés met en évidence une structuration des réseaux de fraude, touchant simultanément des secteurs vitaux comme la santé publique, la sécurité et l’économie formelle.

Le Directeur général de l’Agence nationale pour la sécurité sanitaire de l’environnement, de l’alimentation, du travail et des produits de santé, Pr Elie Kabré : « la saisie de ces produits dangereux a permis de soustraire notre pays à une catastrophe sanitaire potentielle, notamment avec le tapentadol et le cyanure dissimulé dans du clinker ».

 

L’administration douanière a mis en lumière des pratiques de dissimulation jugées préoccupantes, notamment des médicaments conditionnés dans des sacs de biscuits ou du cyanure camouflé dans du clinker. « Certains produits étaient soigneusement dissimulés pour échapper aux contrôles. Mais nos équipes ont su détecter ces cargaisons, grâce à un travail minutieux et aux renseignements », a indiqué Dr Yves Kafando.

Selon le Directeur général de l’Agence nationale pour la sécurité sanitaire, Pr Elie Kabré, ces produits constituent un péril grave pour la santé publique. « Ces médicaments introduits en dehors des circuits légaux représentent un danger réel pour la population. Ils doivent être détruits pour éviter toute remise en circulation », a-t-il confié. La représentante de l’Agence nationale de régulation pharmaceutique, Dre Ruth Kaboré Sawadogo, a inscrit cette opération dans la dynamique du Plan stratégique national 2025-2029 de lutte contre les produits de santé de qualité inférieure ou falsifiée. « Cette saisie illustre la synergie entre les différentes administrations. La lutte contre les produits falsifiés exige une coordination permanente et un partage d’informations efficace », a-t-elle déclaré.

Certaines interceptions ont été rendues possibles grâce au renseignement opérationnel. C’est pourquoi, les autorités douanières appellent la population à la vigilance et à la collaboration. « Nous invitons les citoyens à collaborer activement en signalant toute activité suspecte », a insisté le Directeur général des douanes.

Les moyens de transport désormais confisqués

Il a, par ailleurs, annoncé une mesure supplémentaire consistant à faire entrer dans le patrimoine de l’État, les moyens de transport utilisés pour acheminer les marchandises frauduleuses. Cette orientation s’inscrit, a-t-il poursuivi, dans le cadre des instructions reçues du ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nakanabo, et dans la dynamique impulsée par le chef d’Etat, le Capitaine Ibrahim Traore. « Désormais, tout véhicule impliqué dans le transport de marchandises frauduleuses sera systématiquement saisi et confisqué », a-t-il affirmé, précisant que cette mesure vise à « frapper les réseaux au cœur de leur logistique ».

La représentante de l’Agence Nationale de Régulation Pharmaceutique (ANRP), Dre Ruth Kaboré Sawadogo : « la mise en œuvre du Plan Stratégique National 2025-2029 permet de protéger la population contre les produits de santé de qualité inférieure ou falsifiée, et cette saisie en est une illustration concrète ».

 

Pour réussir cette opération, les douaniers ont fait preuve d’intégrité, en ne cédant pas aux tentatives de corruption qui auraient été formulées par les fraudeurs. « Une proposition de 100 millions FCFA a été faite aux agents pour empêcher la saisie du tapentadol. Nos agents ont refusé. Cela témoigne de leur intégrité et de leur engagement », s’est réjoui DG Kafando.

Au-delà de la valeur financière estimée à plus d’un milliard F CFA, cette opération met en évidence des enjeux majeurs. La circulation de médicaments hors contrôle réglementaire fragilise le système sanitaire, expose la population à des risques graves et alimente potentiellement des circuits criminels. Les autorités entendent poursuivre cette dynamique constante de tolérance zéro pour les fraudeurs. « La lutte contre la fraude n’est pas ponctuelle ; elle s’inscrit dans la durée », a conclu le Directeur général des douanes.

Estelle KONKOBO

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