Au Burkina Faso, en moins de deux semaines, trois départements ministériels en charge des Affaires étrangères, de la Santé, de la Transition digitale, ont multiplié les lancements de plateformes numériques. Ces avancées concrètes s’inscrivent dans la feuille de route du Plan national de développement (PND) 2026-2030 « RELANCE », qui place la transformation digitale parmi les leviers de modernisation de l’administration et d’amélioration de la compétitivité économique du pays des Hommes intègres.
La transformation numérique au Burkina Faso avance à un rythme soutenu, sous l’impulsion du ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, en charge de la transition digitale, piloté par Dr Aminata Zerbo/Sabane, qui conduit avec assurance les gros chantiers devant propulser le pays vers sa souveraineté numérique.
Le 19 août 2026, le ministère des Affaires étrangères a lancé trois plateformes : le Portail de la diaspora burkinabè (immatriculation, prise de rendez-vous en ligne pour actes consulaires, accès au guichet unique), E-Protocole (demandes de cartes diplomatiques et d’accès aux salons officiels des aéroports de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, autorisations spéciales) et la centralisation du site web du ministère avec les 52 sites des missions diplomatiques et postes consulaires du Burkina Faso à l’étranger.
Le 7 août 2026, le ministère de la Santé a officiellement lancé e-Agrément-MS, une plateforme qui permet de soumettre en ligne les demandes d’autorisation d’ouverture et d’exploitation d’établissements privés de santé, ainsi que les conventions de partenariat avec les ONG, associations et fondations. Elle réduit les déplacements, renforce la traçabilité des dossiers et vise à devenir progressivement un guichet unique sanitaire. Accessible à l’adresse e-agrement.minsanté.bf, elle s’ajoute aux chantiers déjà engagés de dématérialisation des licences d’affaires et de mise en place du système d’information hospitalier.
Entre-temps, le 17 août 2026, le ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques a tenu sa première session extraordinaire de son Conseil d’Administration du Secteur Ministériel (CASEM) de l’année 2026.
Cette instance a mis en relief les réalisations du département à fin juin, à savoir un taux d’exécution physique des projets de 44,85 % et des dépenses effectives qui s’élèvent à plus de 12 milliards FCFA, soit un taux d’exécution financière de 19,22 %, dans une enveloppe annuelle de plus de 61 milliards F CFA. Le Plan de travail annuel révisé compte désormais 164 activités, générant plus de 1,6 milliard FCFA d’économies.
Couverture internet à 94 % à l'horizon 2030
Parmi les réalisations, le département enregistre l’inauguration de deux datacenters modulaires, des travaux de couverture de 750 localités, avec une seconde phase de 750 en préparation, la finalisation de l’architecture du réseau national souverain de l’administration, 76 sorties d’exploitation et de maintenance du réseau TNT, la refonte totale de SIGED le lancement des plateformes Burkina en marche, eDimaakia, eServices publics, ePetition Citoyenne et le Portail des Régions.
Le déploiement des plateformes transversales CIM et CIMEXT s’est également poursuivi dans 32 structures publiques. Ont également été validées la feuille de route de l’intelligence artificielle, le recrutement de l’intégrateur pour le système fID et la conception de l’infrastructure à clés publiques.
Ces opérations s’appuient sur les acquis du diagnostic du dernier Plan National de Développement (PND) : entre 2020 et 2024, le taux de pénétration d’internet est passé de 50,8 % à 83,0 %, la couverture 3G de 50,4 % à 80,3 % et la 4G de 33,1 % à 66,8 %, tandis que la bande passante internationale a grimpé de 46,36 à 275 Gbps.
Le nombre de bâtiments publics interconnectés via RESINA est passé de 2 332 à 3 025. Les ambitions du nouveau PND RELANCE sont plus élevées : couverture internet à 94 % d’ici 2030, renforcement des capacités nationales de stockage, dématérialisation massive des procédures, système d’identification unique électronique et généralisation de la signature électronique. Un programme en passe de connaître une effectivité plus que satisfaisante, si ce rythme d'avancée des différents chantiers se maintient dans la durée.
Déjà, au premier semestre 2026, le ministère de la Transition digitale a déjà engagé plus de 12 milliards F CFA et ajusté sa programmation pour accélérer les chantiers avec une vue dégagée sur les priorités du second semestre : opérationnalisation de la signature électronique, généralisation de la nouvelle version de SIGED, mise en place de l’identifiant unique et poursuite de la couverture des zones blanches.
Ces investissements concrets confirment que la transformation digitale est un axe stratégique du Plan RELANCE, au service de la modernisation de l’administration Burkina et de l’inclusion numérique, et partant, de la souveraineté numérique du pays.
Mouni N’GOLO




