La 16e Assemblée générale annuelle de la Fédération interafricaine des assureurs conseils (FIAC) a officiellement ouvert ses travaux, le mercredi 10 juin 2026, à la Salle des conférences de Ouaga 2000, à Ouagadougou. Durant quatre jours, cette rencontre continentale réunit des professionnels du courtage d'assurances venus de quinze pays africains autour des enjeux liés au développement du secteur des assurances sur le continent, autour du thème : « Inclusion financière en Afrique : rôle du courtage d'assurances dans l'élargissement de l'accès et l’amélioration du taux de pénétration ».
La Fédération interafricaine des assureurs conseils (FIAC) est plus que jamais engagée à jouer pleinement sa partition pour une assurance plus adaptée et plus proches des populations. En droite ligne avec cet engagement, elle tient sa 16e Assemblée générale annuelle, du 10 au 13 juin 2026, à Ouagadougou, sous le thème : « Inclusion financière en Afrique : rôle du courtage d'assurances dans l'élargissement de l'accès et l'amélioration du taux de pénétration ». Au cours de ces quatre jours de travaux, les participants venus des 14 pays de la zone CIMA et de la Guinée, vont se pencher sur les meilleures stratégies et alternatives susceptibles de faciliter l'accès des populations aux produits d'assurance, et, partant de contribuer au développement du marché assurantiel dans l’espace régional. Cette rencontre se veut également un cadre pour revisiter et mettre en lumière la contribution du courtage d'assurances à la promotion d'un développement économique et social plus inclusif en Afrique.
Dans son mot de bienvenue, le Président de l’Association Professionnelle des Courtiers d’Assurance et de Réassurance du Burkina (APCAB) et Président du comité d’organisation de cette Assemblée annuelle de la FIAC, Lagnono Hassane Lamizana, a traduit sa gratitude à ses pairs qui ont fait le choix de la capitale burkinabè pour ces retrouvailles statutaires. Il a également traduit sa gratitude aux plus hautes autorités burkinabè pour leur soutien à la tenue de cette activité.
Représentant le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, le ministre d'État, ministre de l'Administration territoriale et de la Mobilité, Émile Zerbo, s'est réjoui du choix porté sur le Burkina Faso pour abriter cette rencontre d'envergure continentale. Pour lui, cette assemblée traduit la volonté des États africains et des acteurs du monde des assurances de renforcer leur solidarité et de construire des économies plus résilientes face aux défis actuels.
Rôle central d’une profession appelée à se réinventer
Car, en dépit des progrès enregistrés ces dernières années, une part importante des populations africaines reste encore exclue des services financiers modernes, notamment des mécanismes de protection contre les risques. Face aux défis liés aux changements climatiques, aux crises économiques et à la vulnérabilité des ménages, l'inclusion assurantielle apparaît, selon lui, comme un outil essentiel de réduction des inégalités et de renforcement de la résilience des populations.
Et pour y arriver, les courtiers, à travers leur expertise et leur position d’intermédiaires entre assurés et assureurs, ont un rôle déterminant à jouer. « Le courtier ne se limite pas à être un conseiller ; il est aussi un médiateur et un bâtisseur de confiance », a-t-il affirmé, soulignant leur proximité avec les clients, leur connaissance des réalités locales et leur capacité à proposer des solutions adaptées aux besoins spécifiques des populations.
Le ministre d’Etat Zerbo a réaffirmé l'engagement du gouvernement burkinabè à accompagner les initiatives visant à renforcer la protection des populations, à promouvoir l'innovation et à améliorer l'accès aux services d'assurances, au bénéfice du développement économique du pays et du continent. Le président par intérim de la FIAC, Vakaramoko Samaké, a rappelé que cette assemblée générale constitue un moment important dans la vie de la Fédération, qui doit faire preuve d'ambition face aux défis actuels.
« Cette assemblée générale n'est pas qu'une obligation statutaire ; c'est un moment charnière qui nous permet de dresser un bilan lucide et de tracer une trajectoire ambitieuse pour notre profession », a-t-il déclaré. Pour lui, l'assurance ne peut plus être considérée comme un produit réservé à une minorité. « Dans un monde marqué par l'instabilité, l'assurance n'est plus un luxe, mais une infrastructure vitale. Elle est le socle sur lequel reposent la protection des investissements, la stabilité des entreprises et la résilience des ménages », a-t-il soutenu.
Plaidoyer pour une meilleure représentativité dans les instances de décision
Face au faible taux de pénétration de l'assurance en Afrique et dans la zone CIMA en particulier, le président par Samaké a identifié trois priorités : l'innovation de proximité, la vulgarisation de la culture assurantielle et le renforcement de la coopération régionale afin de favoriser l'émergence de solutions adaptées aux réalités africaines. Les participants à ces assises ont également mis en lumière la nécessité d'accorder une plus grande place aux courtiers dans la gouvernance du secteur assurantiel.
Secrétaire général de l'Association professionnelle des courtiers du Cameroun, Joseph Djeukam a estimé que les professionnels du courtage doivent plus être considéré comme un acteur périphérique ; désormais, iles doivent être mieux représentés là où se prennent les décisions sur l’avenir de l’industrie. « Pendant longtemps, les courtiers sont restés en marge des centres de décision. Pourtant, nous sommes des acteurs importants du marché des assurances », a-t-il affirmé, plaidant pour la mise en place d'un ordre des courtiers afin de permettre à la profession de parler d'une seule voix.
Au-delà des questions de gouvernance, le défi reste également celui de la confiance des populations envers l'assurance. Pour Joseph Djeukam, les acteurs du secteur doivent intensifier les actions de sensibilisation afin de déconstruire les idées reçues et de mieux faire comprendre l'importance de l'assurance dans la protection des personnes et des biens.
Tropicaliser l’offre de produits
Président d'AGEMAS Assurances de Côte d'Ivoire, Oi Amon Amon a, pour sa part, insisté sur la nécessité d'adapter les produits d'assurances aux réalités africaines. « Il faut tropicaliser les produits d'assurance », a-t-il déclaré. Selon lui, le développement du secteur passe par une meilleure compréhension des besoins des populations et de leur pouvoir d'achat. Il a plaidé pour la conception de produits de micro assurance accessibles, notamment à destination des acteurs du secteur informel et du monde agricole.
Le responsable ivoirien a également rappelé que le recours à un courtier ne génère aucun coût supplémentaire pour le client, les commissions étant prises en charge par les compagnies d'assurances. Le rôle du courtier est donc, selon lui, de restaurer la confiance et d'accompagner les assurés dans le choix des solutions les plus adaptées à leur situation.
Créée le 13 septembre 2005 à Bamako, la Fédération interafricaine des assureurs conseils a pour missions de promouvoir le métier d'assureur-conseil, de défendre les intérêts des assurés et des professionnels du secteur, de veiller au respect des usages professionnels et de favoriser les échanges d'expériences entre ses membres. Elle regroupe des professionnels du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun, du Congo-Brazzaville, de la Côte d'Ivoire, du Gabon, du Ghana, de la Guinée, de la Guinée équatoriale, du Mali, du Niger, de la République centrafricaine, du Sénégal, du Tchad et du Togo.
Micheline OUEDRAOGO