La 50e Assemblée annuelle de la Fédération des Sociétés d'Assurances de Droit National Africaines (FANAF) s’est tenue du 9 au 11 février 2026 à Abidjan, en Côte d’Ivoire, sous le thème : « Cinquantenaire de la FANAF : bâtir le futur de l’assurance africaine ». Entre panels, rencontres d’affaires, réseautage, des compagnies ont exposé leurs solutions financières de protection des personnes et des entreprises, de sécurisation de leurs biens et investissements, d’accompagnement des économies africaines. Au micro de C’Finance, des participants saluent la tenue d’un évènement historique devant constituer le point de départ d’une nouvelle trajectoire de l’assurance africaine.
Hadaraï Rabo, Directeur général de Coris Assurances IARD Burkina Faso : « l'intégration africaine en matière d'assurance est extrêmement importante pour le développement de nos économies »
« Ce cinquantenaire de la FANAF est déterminant pour nous. C’est une étape où un bilan va être fait sur les 50 années de transformations, au cours desquelles des acquis tangibles ont pu être engrangés. C’est également le moment de redessiner un nouvel avenir pour le marché africain des assurances. Aujourd’hui, la convergence des marchés est une nécessité et nous pensons que ces moments sont très importants pour que l'ensemble des acteurs puissent aller dans une réflexion profonde et nous permettent de dessiner de nouveaux axes stratégiques de développement dans notre environnement qui est la zone FANAF.
Au niveau du groupe Coris, nous sommes un groupe financier important avec plus de 30 filiales, dont 11 filiales bancaires, 4 filiales d'assurance et d'autres institutions financières, avec des perspectives de développement dans la zone FANAF. Cet anniversaire est un moment historique, particulièrement important. Être présents à ce rendez-vous où l’on parle du bilan de la FANAF est très important pour le groupe Coris ; cela va nous permettre de prendre en compte ces nouvelles idées, ces nouvelles orientations du futur de la FANAF dans notre stratégie de développement au niveau de notre groupe.
Nous encourageons tous les acteurs à rester contributifs, car l'intégration africaine en matière d'assurance est une question extrêmement importante pour le développement de nos économies. Au regard du taux de pénétration, les marges restent encore importantes, le potentiel est énorme et il y a des parts à prendre pour chaque acteur qui y met du professionnalisme, de l'innovation, et c'est le leitmotiv au niveau du groupe Coris.
Le rôle de l'assurance dans la mobilisation des ressources longues pour le financement du développement de l’Afrique, comme l'a signifié le Président de la BAD, c'est de continuer à toujours innover pour donner des réponses aux besoins des assurables, et qui sont des besoins de protection, de sécurisation de leurs personnes et de leurs biens. C'est en cela que ces derniers pourront apporter des cotisations et c'est la somme de ces cotisations qui donnera la capacité aux assureurs, qui sont des investisseurs institutionnels, d’investir dans les économies africaines. »
Raoul Yapo, Directeur général adjoint de AFG Holding, en charge du pôle Assurances : « les produits d'assurance sont faits pour réduire la pauvreté »
« Atlantic Financial Group (AFG Holding) est le pôle financier du groupe panafricain ATLANTIC GROUP, la holding mère, qui évolue dans plusieurs secteurs, notamment l'industrie, l'agro-industrie, la banque et les assurances. Le pôle Assurance de AFG Holding est né il y a environ sept années ; c'est un groupe qui a fait un parcours assez remarquable, et qui, aujourd'hui, compte sur le marché africain des assurances, tant en zone CIMA, que dans la zone Océan Indien. Le pôle Assurance est présent dans sept pays, à savoir la Côte d'Ivoire, le Mali, le Bénin, la Centrafrique, les Comores et Madagascar.
Il est donc important pour que nous puissions être présent à ce rassemblement annuel des assureurs, qui a lieu dans l’un des pays co-fondateurs de la FANAF, pour non seulement renforcer notre visibilité, mais également participer aux travaux de l'Assemblée générale, consolider et nouer de nouveaux partenariats avec les acteurs du marché, tant africain qu'international. Le secteur des assurances a plusieurs défis à relever, notamment des défis liés à la gouvernance des compagnies d'assurance, à l'aspect technologique, à l'IA.
Les nouvelles technologies sont aujourd'hui partie prenante de l'évolution de nos activités. Il est important que nous puissions nous rapprocher de notre clientèle, du potentiel assurable ; et pour pouvoir le faire, il est important que nous puissions intégrer l'IA dans nos activités, pour faciliter la digitalisation, et permettre à tous ceux qui disposent d'un smartphone de pouvoir avoir accès aux informations liées aux assurances et être sensibilisés sur la matière assurance, et amener ainsi la population à souscrire aux produits d'assurance. Car les produits d'assurance sont faits pour réduire la pauvreté et permettre aux familles, à travers l’assurance-vie par exemple, de disposer de revenus pour faire face aux aléas ; et également, pour ceux qui disposent d'un bien, de ne pas le perdre, en bénéficiant d’une indemnisation qui leur permettra de renouveler ce bien, en cas de sinistre.
Pour cela, il est très important que nous puissions vulgariser non seulement l'assurance, mais également l’industrialiser, afin de permettre aux populations d’être au fait des garanties qu’offre l’assurance, mais aussi des obligations y relative ; car, au-delà des garanties, le potentiel assurable a des devoirs vis-à-vis des assureurs. L'autre défi est de faire en sorte que les assureurs africains ne soient pas obligés de faire appel tout le temps aux réassureurs internationaux lorsqu'il s'agit de faire face aux couvertures d’une certaine capacité. Il faut donc que nous puissions grandir, c'est-à-dire avoir des capacités qui nous permettent d'avoir le maximum de rétention. Il est également très important de pouvoir améliorer nos fonds propres.
Le pôle Assurances du groupe AFG a aujourd'hui trois axes stratégiques majeurs. Le premier, c'est d'abord la bancassurance ; qui est plus que notre ADN, car nous sommes un groupe qui détient des banques et des compagnies d'assurance. La première stratégie, c'est de pouvoir faciliter la synergie entre nos banques et nos compagnies d'assurance. Le deuxième axe stratégique, c'est de pouvoir proposer, à nos potentiels assurables, des produits innovants, assez souples, non contraignants et qui permettent au plus modeste de pouvoir s'assurer, de sorte à ce que la chose assurantielle soit développée, industrialisée. L'autre aspect, c'est l'expérience client, la proximité avec la clientèle. Pour nous, il s’agit de développer des outils nouveaux, de sorte à ce que nous soyons proches de notre clientèle, que nous puissions interagir avec notre clientèle, que ce soit au niveau de la souscription ou au niveau du règlement des sinistres, afin que le capital confiance que nous avons avec nos clients soit préservé et qu'il soit même consolidé. »
Théodore Abissa, Directeur commercial et marketing de Activa Assurances Côte d'Ivoire : « ces assises de la FANAF, qui regroupent l'ensemble des compagnies d'assurance du continent, ne peuvent pas se tenir sans le groupe Activa »
« Nous sommes à ce cinquantenaire de la FANAF parce que c’est un évènement historique. Les différents panels ont fait le bilan de la FANAF et ont clairement indiqué que le président de notre groupe a été président de la FANAF, donc il porte aussi le bilan de ces 50 ans d'existence de la FANAF. Et on ne peut pas célébrer ce 50e anniversaire sans que M. Richard Lowé, président du groupe Activa, ne puisse être présent ; d'abord en tant qu'ancien président de la FANAF, mais également en tant que président d'un groupe panafricain important dans le domaine de l'assurance. Le groupe Activa existe depuis plus de 27 ans et est présent dans plusieurs pays africains, entre autres, le Cameroun, la RDC, le Ghana, la Côte d'Ivoire, la Guinée, la Sierra Leone, le Liberia.
C'est un groupe panafricain qui contribue à bâtir la culture de l'assurance, à implanter et à développer cette assurance. Mais à côté de cette présence physique des filiales, il faut savoir aussi que Activa est membre fondateur du réseau Globus, qui nous permet aujourd'hui d'avoir des correspondants dans 49 pays en Afrique. Ces assises de la FANAF, qui regroupent l'ensemble des compagnies d'assurance de droits nationaux africaines, ne peuvent donc pas se tenir sans le groupe Activa. Nous essayons de développer notre présence sur le continent africain.
Nous sommes en train d'ailleurs d'ouvrir en Angola, la dernière filiale. Nous sommes donc un groupe panafricain qui a construit petit à petit sa présence sur le continent. Sans nous en enorgueillir, en 27 ans, le bilan est positif ! Certes, il reste beaucoup à faire, mais le bilan est positif. Activa Côte d'Ivoire existe depuis 5 ans maintenant. Et pour vous donner le niveau de l'ambition du groupe, en 5 ans d'existence, nous sommes en train de construire notre siège en Côte d'Ivoire.
Et cela fait partie de l'ambition stratégique du groupe. Partout où nous avons une présence, nous allons construire un siège pour montrer notre détermination à nous implanter dans la durée et la pérennité, mais qui marque également l'engagement du groupe à développer durablement l'assurance en Afrique. En termes de solutions financières que nous offrons, si on considère le groupe, nous sommes capables aujourd'hui d'offrir des couvertures, quelle que soit la spécificité du risque, quel que soit le besoin exprimé. Car, en plus des filiales et des entreprises du groupe, nous avons également derrière le groupe, une équipe de réassureurs qui nous permettent aujourd'hui d'avoir des capacités quasi illimitées pour pouvoir répondre aux sollicitations de nos clients. »
Koffi Beranger Kouadio, responsable de la souscription chez Continental Reinsurance Cameroun : « l'assurance et la réassurance doivent avancer dans une direction encore plus axée sur les enjeux économiques de l'Afrique »
« Continental Reinsurance est une entreprise de réassurance qui a plus de 40 ans et qui exerce principalement en Afrique, à partir de six bureaux. Il y a les bureaux d'Abidjan, du Cameroun, de Tunis, de Lagos, le bureau de Nairobi et de Gaborone. Nos bureaux du Cameroun et de Côte d'Ivoire couvrent la zone CIMA. Pour des raisons stratégiques, nous sommes basés à Abidjan. Et c'est à partir d'Abidjan que nous accompagnons tous les acteurs du marché de la CIMA et de la RDC en réassurance. C'est l'une des raisons de notre présence ici en tant qu'acteurs du marché. Pour ces 50 ans de la FANAF, nous sommes là pour marquer notre adhésion et notre accompagnement à ce forum, car, ce cinquantenaire de la FANAF témoigne d'une certaine maturité.
Et pour nous, l'assurance et la réassurance doivent avancer dans une direction encore plus axée sur les enjeux économiques que l'Afrique vit actuellement et même sur les enjeux internationaux auxquels tous les pays font face, à savoir le réchauffement climatique, les risques pandémiques, les catastrophes naturelles, les risques systémiques, y compris les risques émergents, qui peuvent arriver. Et le secteur assurantiel, devant tenir compte de tous ces aspects dans son évolution, nous estimons que ces 50 ans sont des moments de réflexions et d'orientations stratégiques.
C'est pourquoi nous sommes là pour accompagner les acteurs du marché sur cette voie. Nous avons des solutions de réassurance dans plusieurs branches, vie et non-vie, et particulièrement, nous couvrons l'incendie, les risques techniques d'ingénierie, le secteur du pétrole et du gaz, le secteur agricole, l'automobile et tous types d'accidents, la responsabilité civile, les cautions et garanties, la violence politique et le terrorisme, les risques maritimes, les risques d'aviation, et aussi l'assurance vie. Nous couvrons donc un parterre de branches d'assurance et de réassurance.
Et nous offrons des capacités conséquentes à nos partenaires qui peuvent leur permettre aisément de pouvoir protéger les différents risques qu'ils couvrent.
Nous offrons également de l'assistance technique avec beaucoup d'expertise accumulée sur ces 40 ans d'existence de notre compagnie. Nous sommes très collaboratifs et essayons d'avoir des délais d'exécution très raisonnables, entre 24 et 48 heures en général.
Avec ces différentes solutions, nous continuons toujours d'innover, de nous améliorer et de nous perfectionner au mieux pour toujours servir nos clients et soutenir l'économie africaine. »
William Tchimou, Senior Manager Actuariat, Forvis Mazars Afrique de l’Ouest et du Centre : « nous sommes à cette Assemblée de la FANAF pour présenter notre offre ILM Life, qui est un outil innovant de gestion actifs-passifs… »
« Forvis Mazars est une société d’audit et de conseils financiers. Nous intervenons sur l'ensemble de la chaîne de valeur des compagnies d'assurances, en partant de tout ce qui est conception de produits d'assurance et de placement financier.
C'est pour cela qu'aujourd'hui nous sommes à cette Assemblée Générale de la FANAF pour présenter notre offre ILM Life, qui est un outil innovant de gestion actifs-passif, qui permet de maximiser le placement des assurances. C'est un produit qui est déjà en application. Nous l'avons développé sur des plateformes qui permettent d'étudier le comportement des assurés et anticiper l'ensemble des risques liés à la souscription des contrats d'assurance, permettant à ces assureurs d'anticiper les placements financiers qu'ils peuvent réaliser pour faire face et honorer leurs engagements. C'est un outil qui change la donne en matière d'investissement. C'est une application efficace et nous sommes disponibles pour accompagner les compagnies d'assurance, avec des missions taillées sur mesure.
Sans donner de noms de compagnies d'assurance qui utilisent l'outil en ce moment, c'est une application qui est très bien appréciée, les retours que nous avons sont très bons. »
Propos recueillis par la
Rédaction de C’Finance






