Le gouvernement burkinabè impose désormais aux grandes entreprises réalisant au moins un chiffre d'affaires de 5 milliards FCFA sur les trois derniers exercices de construire des sièges répondant à des normes architecturales strictes, avec un niveau minimum de R+3 à R+7, selon la taille. Un décret, adopté ce 12 février 2026, définit les standards à respecter.
Fini le temps des sièges sociaux de fortune ou en mode contrat-bail pour les géants de l’économie au Burkina Faso. Le gouvernement burkinabè a décidé que la puissance financière des grandes entreprises opérant dans le pays doit désormais se refléter dans le paysage urbain.
Le Conseil des ministres en sa séance du 12 février 2026 a adopté un décret fixant les conditions et modalités de construction des sièges sociaux des grandes entreprises. Ce décret vient en application de la loi portant obligation de construire les sièges pour les grandes entreprises au Burkina Faso, adoptée le 29 décembre 2025. La mesure concerne toutes les entreprises ayant réalisé un chiffre d’affaires minimal de 5 milliards F CFA sur les trois derniers exercices.
Selon le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo les mesures adoptées fixent des exigences de hauteur et de standing proportionnelles au poids financier de l'entreprise.
Le standing de construction a été défini suivant une catégorisation des entreprises dans les classes A, B, C et D.
Les entreprises de la classe A, sont celles dont le chiffre d’affaires est supérieur ou égal à 100 milliards FCFA. Elles sont soumises au standing minimum de R+7 avec un parking souterrain et un autre en surface, avec des critères d'efficacité énergétique. Dans la classe B, se trouvent les entreprises ayant réalisé une moyenne de chiffre d’affaires compris entre 50 et 100 milliards FCFA. Elles sont tenues de construire un siège de niveau minimum R+5, avec un parking souterrain et un en surface. La catégorie C comprend les entités qui ont un chiffre d’affaires compris entre 10 et 50 milliards FCFA ; elles devront ériger au minimum un immeuble R+4 avec un parking en surface en guise de siège. Quant aux entreprises de la catégorie D, ce sont celles qui ont un chiffre d’affaires inférieur à 10 milliards FCFA. Le standing minimum requis à leur endroit est un immeuble R+3.
Le gouvernement a prévu un calendrier fixe pour la mise en œuvre de la loi. Les entreprises concernées ont 6 mois pour soumettre leurs dossiers à une commission interministérielle et disposeront d'un délai maximal de 36 mois pour achever les travaux.
Et pour accompagner l’opérationnalisation de ces exigences, l’État prévoit des exonérations fiscales sur les matériaux de construction et facilitera l’accès au foncier via la SONATUR.
« Nous invitons toutes les grandes entreprises à se conformer le plus tôt possible, pour que la mise en œuvre de cette loi soit effective à partir de cette année », a conclu le ministre Nacanabo.
Mouni N’GOLO






