La deuxième édition des BRVM Investment Days, tenue le 21 avril 2026, à New York aux Etats Unis, a servi de cadre d’échanges entre acteurs et investisseurs sur les défis et les opportunités d’investissements du marché financier régional de l’UEMOA. Parmi les speakers à ce grand rendez-vous de promotion de l’investissement boursier dans la zone de l’UEMOA, le PDG de la Société Africaine d’Ingénierie et d’Intermédiation Financières (SA2IF), Dr Constantin Dabiré, a axé son intervention sur la nécessité de passer d'une dépendance aux banques de développement vers une autonomie financière régionale basée sur une meilleure structuration technique des projets et une mobilisation accrue de l'épargne locale.
La Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) était en opération de charme à New York au siège du Nasdaq le mardi 21 avril 2026. Après Londres en 2025, le choix s’est porté cette année sur la ville réputée abriter le plus grand nombre de milliardaires pour tenir la 2e édition des BRVM Investment Days, activité de marketing stratégique pensée par la direction managériale de la bourse commune aux huit pays de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA). Conformément aux objectifs assignés à l’événement, la BRVM a réuni des investisseurs actifs sur les grands marchés internationaux pour leur présenter les opportunités d’investissements au sein de l’espace UEMOA.
Le PDG de la SA2IF, Dr Constantin Dabiré, a analysé le rôle, les forces et les faiblesses des institutions financières dans le financement du développement en Afrique de l'Ouest.
Au rang des sujets abordés cette année figure la problématique du financement des infrastructures ; un sujet qui a été développé par le PDG de la Société Africaine d’Ingénierie et d’Intermédiation Financières (SA2IF), Dr Constantin Dabiré. « Nous savons tous que les besoins en termes d'infrastructure en Afrique se situent pratiquement aux alentours de 170 à 200 milliards de dollars annuellement et moins de 50 % sont couverts », a-t-il souligné pour camper le décor, avant de développer les initiatives existantes qu’il juge pertinentes pour combler ce besoin.
Des initiatives innovatrices et prometteuses
En acteur bien averti des marchés financiers et du financement des infrastructures en Afrique, Dr Dabiré a mis en avant deux initiatives majeures développées au sein des pays de l’UEMOA. Il s’agit de la création des Caisses de Dépôts et de Consignation (CDC) dans les pays de l’Union qu’il décrit comme de véritables « banques d'infrastructures » et l’ouverture du compartiment Matières Premières de la BRVM.
S’agissant des CDC, l’expert financier burkinabè estime que, contrairement aux fonds d'investissement qui interviennent souvent en phase d'exploitation, à moyen ou court terme, ces institutions financières mobilisent l'épargne institutionnelle, comme celle des caisses de retraites, pour financer les phases critiques en amont, notamment les phases d’études et les premières années de construction, qui sont des étapes souvent délaissées par les banques privées par manque d'expertise ou incertitude sur la viabilité des projets. Les CDC peuvent également participer au capital de sociétés capables de lever des fonds sur le marché.
Dr Constantin Dabiré (à droite) a insisté sur le fait que les intermédiaires agréés doivent développer l'expertise nécessaire pour structurer les petits projets et aller chercher les ressources là où elles se trouvent .
Quant à la Bourse des Matières Premières, dont l'objectif est de coter localement les matières premières comme l’or, le coton, etc., plutôt qu'à Londres ou hors d'Afrique, le patron de la SA2IF voit en sa création une opportunité d’attirer des investisseurs internationaux vers la zone UEMOA ; mais aussi de pousser les sociétés minières à lever des ressources sur place et, in fine, d'améliorer la capitalisation boursière et la profondeur du marché régional. C’est pourquoi Dr Dabiré qualifie la BMP de « compartiment d'avenir ».
Appel aux SGI à développer l’ingénierie financière
Dr Constantin Dabiré s’est ensuite prononcé sur l’évolution du rôle des banques de développement comme la BOAD, la BAD, la Banque Mondiale, etc., dans le financement du développement de la région. Tout en soulignant leur importance historique, l’analyste financier note aussi des contraintes majeures, tenant par exemple aux limites en termes non seulement de ressources humaines qualifiées pour servir les causes sur lesquelles ces institutions sont particulièrement attendues, mais aussi en matière de liquidités pour couvrir tous les besoins.
Face à ces limites, il préconise des « solutions palliatives », consistant à s’orienter sur des infrastructures de proximité comme les marchés, hôpitaux, écoles dans les villages, via le concept de Partenariat Public-Privé (PPP), en collaboration avec des intermédiaires financiers. L’intervention de Dr Dabiré a aussi mis en évidence ce qu’il a appelé le « paradoxe africain ». Malgré une capacité d’épargne évaluée à près de 4 000 milliards de dollars, la région reste confrontée à des besoins colossaux, a-t-il déploré. « Le véritable problème n'est pas le manque d'argent, mais l'ingénierie des projets ; l'ingénierie financière est l'élément incontournable pour structurer les projets de manière à susciter l'appétence des investisseurs », a-t-il martelé.
Occasion pour lui de s'adresser directement aux représentants des Sociétés de Gestion et d'Intermédiation (SGI) présents à ces BRVM Investment Days en les exhortant à porter la réflexion sur la transformation de l'épargne locale en investissements productifs. Dr Constantin Dabiré a insisté sur le fait que ces intermédiaires agréés doivent développer l'expertise nécessaire pour structurer les petits projets et aller chercher les ressources « là où elles se trouvent ».
La Rédaction






