Le Président du Groupe de la Banque Africaine de Développement, Sidi Ould Tah a tenu une série de concertations avec les responsables des banques centrales, le 17 février 2026 et les communautés économiques régionales le 15 février dans le cadre de la mise en œuvre de la Nouvelle architecture financière africaine (NAFA) après que l’initiative a été endossée par les chefs d’Etats africains lors du 39e Sommet de l’Union africaine (UA).

Endossée par les chefs d'État africains lors du 39e Sommet de l'Union africaine à Addis-Abeba les 14 et 15 février 2026, la Nouvelle Architecture Financière Africaine (NAFA) portée par la Banque Africaine de Développement (BAD) est au cœur d’une série de concertations avec les banques centrales, les Communautés économiques régionales (CER) et les institutions continentales. En se lançant l’ambitieux défi de transformer un continent aux marchés financiers fragmentés en un espace financier intégré, capable de financer son propre développement, la BAD, architecte et maître d'ouvrage de la NAFA, s'emploie désormais à convaincre une à une toutes les institutions sans lesquelles cette transformation resterait lettre morte.

C’est dans cette optique que dans le sillage du Sommet des chefs d’Etats africains, le Président du Groupe de la BAD, Dr Sidi Ould Tah a rencontré les dirigeants des communautés économiques régionales reconnues par l'UA (UMA, COMESA, CEN-SAD, CEEAC, CEDEAO, IGAD et SADC), ainsi que le secrétaire général de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) le 15 février 2026, à Addis-Abeba.  L’objectif est d’aligner les priorités régionales sur les axes d'investissement de la NAFA et définir le rôle opérationnel des communautés dans la mise en œuvre de cet instrument.

Les CER sont appelées à fournir les mécanismes d'intégration permettant d'initier et de structurer des projets transfrontaliers, à harmoniser les politiques régionales et à identifier les entreprises africaines performantes susceptibles d'ancrer l'industrialisation.

L’objectif des discussions avec les CER est d’aligner les priorités régionales sur les axes d'investissement de la NAFA et définir le rôle opérationnel des communautés dans la mise en œuvre de cet instrument.

 

Ensuite, le 17 février 2026, à Abidjan, la BAD a échangé avec les gouverneurs de banques centrales africaines autour des enjeux de coordination monétaire et de supervision. La définition du mandat des banques centrales en matière de stabilité monétaire, de modernisation des systèmes de paiement et de structuration des marchés comme un levier central de la NAFA était au centre des échanges.

Un programme ambitieux de transformation structurelle du continent

Les banques centrales sont attendues notamment sur trois fronts : la coordination de la supervision bancaire, la modernisation et l'interconnexion des systèmes de paiement, et le partage d'informations financières. La session d'Abidjan a par ailleurs insisté sur leur rôle dans la structuration des marchés de capitaux locaux.

Plateforme panafricaine de coordination financière conçue par et pour l'Afrique, la NAFA entend articuler les interventions des structures de financement existantes, banques centrales, fonds souverains, marchés régionaux, etc. au sein d'un cadre commun afin de corriger un curieux paradoxe en Afrique, celui d'un continent disposant de ressources endogènes abondantes, mais qui affiche un déficit persistant du financement de son développement.

Selon le Président du Groupe de la BAD, Sidi Ould Tah, la NAFA vise à « libérer la puissance du capital de l'Afrique, rétablir la souveraineté financière, soutenir l'emploi des jeunes et accroître les investissements dans les infrastructures transformatrices, tout en promouvant l'industrialisation ». Elle constitue le principal pilier de la vision stratégique dite des « Quatre Points cardinaux », qu'il porte depuis qu’il a été élu la tête de l'institution le 29 mai 2025.

Concrètement, la NAFA repose sur quatre axes opérationnels : l'harmonisation des normes techniques et réglementaires entre les systèmes financiers nationaux ; le renforcement des synergies entre institutions financières africaines ; l'interconnexion des systèmes de paiement ; et l'amélioration de la représentation collective du continent au sein des instances financières internationales. 

Du diagnostic posé par la BAD et ses partenaires, il ressort une certaine fragmentation des systèmes financiers africains qui engendre des coûts de transaction élevés, une faible circulation des capitaux à l'intérieur du continent et une dépendance excessive aux financements extérieurs.

Une feuille de route fondée sur trois axes

La NAFA entend donc y remédier en introduisant trois changements structurels majeurs. D’abord, le Groupe de la BAD entend faciliter la création d'une coordination institutionnelle permanente entre les autorités monétaires africaines, à travers un mécanisme de partage d'information et d'harmonisation des pratiques de supervision bancaire qui devrait réduire les disparités réglementaires freinant les flux de capitaux transfrontaliers.

Les différentes concertations ont débouché sur un engagement commun visant notamment à approfondir la coordination entre le Groupe de la BAD, les CER et les institutions financières africaines

 

Ensuite, l’initiative devra parvenir à la mise en place de plateformes de cofinancement et de mécanismes de garantie destinés à réduire le risque perçu sur les véhicules d'investissement régionaux. Les communautés économiques régionales sont ainsi appelées à jouer un rôle clé dans l'identification et la structuration de projets transfrontaliers susceptibles d'attirer les capitaux privés que les mécanismes actuels ne parviennent pas à mobiliser.

Le troisième changement fait référence à la lutte systématique contre les flux financiers illicites, présentée lors des travaux d'Addis-Abeba comme un levier essentiel de renforcement de la mobilisation des ressources nationales. Ces flux impactent négativement la viabilité budgétaire des États et grèvent la capacité d'investissement public, rendant nécessaire la mise en place d’une architecture coordonnée de surveillance.

Les différentes concertations ont débouché sur un engagement commun visant à approfondir la coordination entre le Groupe de la BAD, les CER et les institutions financières africaines ; à garantir l'alignement stratégique des projets régionaux phares sur les priorités d'investissement de la NAFA ; et à veiller à ce que les résultats soient mesurables, inclusifs et transformateurs. La BAD s'est engagée à consolider ces résultats dans une feuille de route de mise en œuvre et à maintenir un dialogue de haut niveau avec l'ensemble des partenaires clés pour traduire l'Agenda 2063 de l'UA en résultats concrets à grande échelle. Le calendrier et les indicateurs de performance de ce plan d'action restent encore à préciser publiquement.

Mouni N’GOLO

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