Les autorités burkinabè durcissent le ton face à l'augmentation unilatérale des tarifs du transport routier de voyageurs. Par un arrêté conjoint signé le 28 août 2026, les ministères en charge de la Mobilité et des Finances ont infligé des pénalités à 17 sociétés de transport, pour un montant total de 114,8 millions FCFA. Les entreprises concernées, accusées d'avoir relevé leurs tarifs de 500 à plus de 1 000 FCFA à compter du 22 août, sont également sommées de revenir immédiatement aux prix pratiqués avant cette hausse, sous peine de sanctions pouvant aller jusqu'à la suspension de leurs activités.
Le gouvernement burkinabè passe des avertissements aux sanctions. Dix-sept sociétés de transport routier de personnes se voient infliger des pénalités financières après avoir procédé à une augmentation unilatérale de leurs tarifs, alors que des négociations étaient encore en cours entre les autorités et les acteurs du secteur.
Dans un communiqué daté du 28 août 2026, le ministre d'État, ministre de l'Administration territoriale et de la Mobilité, indique avoir engagé des discussions avec la Fédération nationale des acteurs du transport routier du Burkina (FENAT), face à la volonté de certains responsables de sociétés de transport d'augmenter les prix du transport de voyageurs. En attendant l'aboutissement de ces négociations, le ministère avait, par correspondance du 21 août 2026, invité la FENAT à maintenir les tarifs alors en vigueur.
Cette instruction n'a toutefois pas été suivie par l'ensemble des acteurs concernés. Selon le ministère, la FENAT a décidé, « en dépit des multiples interpellations », d'appliquer unilatéralement des hausses comprises entre 500 FCFA et plus de 1 000 FCFA, à compter du 22 août 2026. C'est cette décision qui est à l'origine des sanctions désormais prononcées.
114,8 millions de FCFA de pénalités pour 17 sociétés
L'arrêté conjoint signé par les ministres en charge de la Mobilité et de l'Économie et des Finances prévoit des pénalités dont le montant varie en fonction des hausses tarifaires constatées. Au total, les 17 sociétés visées devront verser 114,8 millions de FCFA au Trésor public, selon les montants consignés dans l'annexe de l'arrêté.
Les sanctions les plus importantes s'appliquent notamment à la compagnie Transport Sana Rasmané (TSR) et la Société de transport Aorema et Frères (STAF), qui écopent chacune de 26,25 millions FCFA. La Compagnie de transport RAKIETA devra, pour sa part, s'acquitter de 17,5 millions FCFA.
D'autres entreprises figurant sur la liste écopent de pénalités de 8,75 millions FCFA, 3,5 millions FCFA, 1,75 million FCFA ou encore 1,05 million FCFA, selon l'importance des augmentations constatées.
Parmi les sociétés concernées figurent également la Société Kinda Internationale (SKI), Transports and Services, Transports Kiébré et Frères (TKF), Transports Toujours Étalon (TTE), SOTRADIF, CTKE Ways, Royal Transport, Helena, Rahimo, Léré Transport, Farafina Tours, Saramaya, la Société Bonkoungou Transports de Agneby (SBTA) et la Compagnie de transport Rallé Ouédraogo et Frères (CTROF).
Un retour immédiat aux anciens tarifs ordonné
Au-delà des pénalités financières, l'arrêté impose aux sociétés concernées de revenir aux tarifs pratiqués avant les augmentations. Les entreprises visées ont ainsi l'obligation de ramener leurs prix aux tarifs en vigueur à la date du 21 août 2026, et ce, à compter de la signature de l'arrêté, sous peine d'une sanction plus lourde : la suspension de toute activité de transport routier de personnes ou de voyageurs sur l'ensemble du territoire national.
Cette disposition traduit un durcissement de la réponse des autorités, qui entendent empêcher que les décisions prises par certaines entreprises ne s'imposent de fait aux usagers avant la conclusion des négociations engagées avec les organisations professionnelles du secteur. Le communiqué invite d'ailleurs la population à dénoncer les pratiques contraires aux tarifs fixés.
Les sociétés sanctionnées disposent d'un délai limité pour régler les montants qui leur sont imposés. L'arrêté prévoit que les pénalités soient versées au Trésor public dans un délai de 72 heures à compter du 31 août 2026. Le non-respect de cette échéance entraînera une majoration de 10 % pour chaque jour de dépassement. Le texte va plus loin : au-delà d'un mois sans paiement, la société concernée pourra être suspendue de toute activité de
Cette série de sanctions intervient alors que la question des tarifs du transport routier est au cœur des discussions entre les pouvoirs publics et les acteurs du secteur. Le ministère de l'Administration territoriale et de la Mobilité rappelle avoir engagé des négociations avec la FENAT précisément pour examiner la situation avant toute modification officielle des prix pratiqués par les compagnies de transport.
Estelle KONKOBO




