Face à une raréfaction du ciment sur le marché national, le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Serge Gnaniodem Poda, a rencontré l’Association des cimentiers du Burkina, ce mercredi 18 mars 2026. Les discussions ont porté sur les causes de la pénurie conjoncturelle de ciment sur le marché. Occasion pour le ministre de réaffirmer la fermeté de l’État sur le respect des prix réglementaires.
L'opinion publique nationale s’inquiétait ces derniers jours de tensions persistantes sur l'approvisionnement marché en ciment. Pour faire la lumière sur cette situation, le ministre du Développement Industriel, du Commerce, de l’Artisanat et des Petites et Moyennes Entreprises, Serge Gnaniodem Poda, a reçu une délégation de l’Association des Cimentiers du Burkina, conduite par son président, Jacques Amiong, accompagné de directeurs généraux du secteur, dont le directeur général de CIMFASO et CIMASSO, Kassoum Zampaligré.
Sur la hausse des prix, selon les industriels, elle n’est nullement liée à une augmentation des prix au niveau des usines. En effet, les tarifs de vente sortis d'usine demeurent conformes aux plafonds réglementaires en vigueur, à savoir 100 000 FCFA la tonne pour le CPJ 35 et 115 000 FCFA la tonne pour le CPA 45, a souligné M. Zampaligré. « Dans les faits, le ciment n'est pas devenu plus cher. Les producteurs de ciment, membres de l'ACB, ont l’obligation de respecter les prix qui sont promulgués par l'administration publique. Jusqu’à ce jour, les prix du ciment n'ont pas évolué à notre niveau », a renchérit le président de l'Association des Cimentiers, Jacques Amiong, tout en précisant que le ministre Poda a instruit ses services de maintenir et d'intensifier les contrôles sur le terrain.
L'objectif est de traquer les grossistes et détaillants qui tenteraient de profiter de cette tension pour gonfler les prix de manière illicite. Autrement dit, face aux velléités de spéculation, le message du gouvernement et des cimentiers est sans équivoque, la structure des prix reste inchangée et doit être respectée par tous.
Des orientations fermes pour une information fiable
Pour ce qui est de la production, selon les industriels, la forte demande d’énergie en ces temps de forte chaleur a un impact sur le régime des usines. « Le Burkina Faso traverse actuellement une période de canicule intense, provoquant une hausse massive de la demande d'électricité sur l'ensemble du territoire. Cette situation soumet le réseau national à une pression exceptionnelle, contraignant la SONABEL à restreindre la fourniture d'énergie aux grands consommateurs industriels, au premier rang desquels figurent les cimenteries », a expliqué Kassoum Zampaligré.
Mais ces contraintes liées à la disponibilité de l'énergie n’ont cependant pas entrainé une baisse de la production de ciment, a souligné le Président Jacques Amiong. Entre 2024 et 2025, la demande du ciment a subi une augmentation de près de 20% qui a été soutenue en 2026, a-t-il fait savoir.
Mais, les industriels se veulent rassurants, la crise actuelle est purement conjoncturelle. « En temps normal, la capacité de production installée au Burkina Faso est largement supérieure aux besoins, elle se situe au-delà du double de la demande nationale», a indiqué le DG de CIMFASO. Pour résorber rapidement ce déficit, des solutions palliatives urgentes ont été actées lors de cette rencontre. Le gouvernement s'est engagé à mettre en œuvre des mesures pour accroître la fourniture d'électricité au profit des producteurs de ciment. Cet apport énergétique supplémentaire doit permettre d'améliorer immédiatement les niveaux de production et de soulager le marché. Jacques Amiong a conclu en indiquant que des orientations fermes ont été données à toute la filière pour rétablir une information fiable auprès des consommateurs et atténuer la pression sur le marché dans les prochains jours.
Mouni N’GOLO






