Le Président de la Commission de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), Abdoulaye Diop, a présenté la situation macroéconomique au sein de l’espace communautaire, le 13 mars 2026, à Bamako au Mali lors de la 57e session ordinaire du Comité Interparlementaire dans le cadre de la présentation du rapport sur le fonctionnement et l’évolution de l’Union, conformément aux dispositions des articles 26 et 36 du Traité de l’UEMOA. Le diagnostic du Président Diop atteste que malgré un contexte international dégradé, les économies de l'UEMOA ont affiché en 2025 des performances macroéconomiques notables, avec une accélération de la croissance, une inflation bien maitrisée et une amélioration significative des équilibres budgétaires.
Pendant que l'économie mondiale peinait à maintenir son cap avec un taux de croissance estimé à 3,2% par le Fonds Monétaire International, en léger recul par rapport à celui de 3,3 % enregistré en 2024, l'espace de l’Union économique et monétaire Ouest africaine (UEMOA) a tenu bon pendant l’année 2025. Mieux, il a accéléré. C’est le constat dressé par le Président de la Commission de l’UEMOA, Abdoulaye Diop devant les parlementaires de l'Union réunis à Bamako, le 13 mars 2026, dans le cadre de la 57e session ordinaire du Comité Interparlementaire. Et ce tableau résume à lui seul la dynamique économique de la sous-région au cours de 2025.
Le rapport sur le fonctionnement et l’évolution de l’Union pendant l’année 2025 indique que l'Union a enregistré un taux de croissance économique de 6,7% l’année dernière, contre 6,2% 2024. Cette progression, obtenue dans un environnement international marqué par la persistance de tensions géopolitiques et des politiques commerciales restrictives, témoigne de la résistance structurelle des économies de la zone, souligne le rapport.
Cette dynamique de croissance est transversale, portée par l’activité de l'ensemble des secteurs productifs, surtout par l'exploitation croissante de gisements de pétrole et de gaz dans certains États membres. Pour 2026, la Commission table sur la poursuite de cet élan avec un taux de croissance projeté à 6,4%.
Non-reversement du Prélèvement Communautaire de
Solidarité (PCS) par certains États
Le taux d’inflation quasi nul aura sans doute été l'un des indicateurs le plus en vue de la performance macroéconomique de l'année. « Le taux d'inflation annuel moyen de l'Union a chuté à 0% en 2025, contre 3,5% en 2024 », note le rapport. Cette stabilisation exceptionnelle des prix est principalement attribuée à la bonne tenue de la production agricole, qui a permis de contenir les tensions sur les prix alimentaires, analyse la commission de l’UEMOA. Cette maîtrise de l'inflation constitue un signal positif pour le pouvoir d'achat des populations et renforce la crédibilité du cadre monétaire commun géré par la BCEAO, selon Abdoulaye Diop.
Sur le front budgétaire, les résultats sont également encourageants. Le déficit budgétaire global de l'Union est ressorti à 3,7% du PIB en 2025, contre 5,3% en 2024, soit une réduction de 1,6 point de pourcentage en un an. Cette consolidation reflète une progression des recettes publiques plus soutenue que celle des dépenses, traduisant les efforts de mobilisation des recettes fiscales engagés par les États membres.
Aussi, en matière d'endettement, le taux de la dette publique s'est établi à 62,7% du PIB en 2025, contre 64,5% en 2024, soit une baisse de 1,8 point. Toutefois, la Commission a tenu à nuancer ce constat, faisant remarquer que la dette intérieure continue de progresser dans plusieurs États membres, sous l'effet d'interventions croissantes sur le marché financier régional. Le rapport invite donc à surveiller cette tendance et insiste sur la fragilisation du financement des programmes communautaires lié au non-reversement du Prélèvement Communautaire de Solidarité (PCS) par certains États.
Baisse des échanges intracommunautaires
Sur le plan des échanges extérieurs, l'Union a enregistré une amélioration du solde global de sa balance des paiements. Le déficit du compte courant a été réduit de 3,5 points de pourcentage pour s'établir à 2,2% du PIB en 2025, ce qui reflète un niveau nettement plus soutenable que les années antérieures.
En revanche, les échanges intra-communautaires continuent de susciter des inquiétudes de la Commission de l’UEMOA. Le taux des exportations intracommunautaires a reculé de 18,1% en 2023 à 15,5% en 2024, tandis que les exportations vers les pays tiers ont progressé de 19,6%, ce qui indique une orientation de plus en plus marquée des économies de l'Union vers les marchés extérieurs à la zone, au détriment de l'intégration commerciale régionale.
Sur le plan monétaire, à fin décembre 2025, la situation monétaire de l'Union se caractérise par un accroissement du rythme de progression de la masse monétaire de 11,6%, comparé à la même période en 2024. Cette dynamique témoigne d'une activité de crédit soutenue, cohérente avec le niveau de croissance économique observé, même si elle appelle à une vigilance continue sur les équilibres financiers internes des États membres.
Mouni N’GOLO






