L’édition 2025 du Basel Anti-Money Laundering Index publié par le Basel Institute on Governance indique que 70 % des pays africains étudiés ont amélioré leurs scores dans la lutte contre le blanchiment d’argent, traduisant une dynamique de réforme progressive des cadres réglementaires et institutionnels. Mais le continent demeure encore parmi les régions les plus vulnérables au monde face aux flux financiers illicites.

La lutte contre les Flux financiers illicites (FFI), notamment le blanchiment d’argent, a enregistré des progrès notables en Afrique au cours de l’année 2025. Le rapport 2025 du Basel Institute on Governance note en effet que 70 % des pays africains ont amélioré leurs scores.

Mais loin de donner matière à de l’autosatisfaction, le rapport souligne la nécessité de consolider les cadres de gouvernance et de transparence financière qui demeure un enjeu central pour les économies africaines dans la lutte contre les flux financiers illicites.

Intitulé Basel Anti-Money Laundering Index 2025, le classement évalue 177 pays et territoires à partir de 17 indicateurs couvrant notamment la qualité des dispositifs de lutte contre le blanchiment, les risques de corruption, la transparence financière et la gouvernance publique.

Les scores sont établis sur une échelle de 0 à 10, un niveau élevé traduisant une forte exposition aux risques financiers illicites.

L’évaluation de l’année 2025 classe encore plusieurs pays africains figurent les plus exposés au niveau mondial. La République démocratique du Congo occupe ainsi le 3e rang mondial avec un score de 7,63 points, suivie du Tchad (4e) et de la Guinée équatoriale (5e).

D’autres pays comme le Gabon, la République centrafricaine ou encore le Niger figurent également dans le groupe des juridictions à risque élevé.

Une amélioration portée par les réformes et la sortie de la “liste grise”

Au total, 25 des 48 pays africains évalués sont classés dans la catégorie à risque élevé, contre 20 en risque moyen et seulement 3 en risque faible, à savoir le Botswana, les Seychelles et Maurice.

Les progrès observés en 2025 s’expliquent notamment par les efforts engagés dans le cadre des recommandations du Groupe d’action financière (GAFI) qui ont favorisé le retrait de six pays africains de la “liste grise” et contribué à renforcer la crédibilité des dispositifs nationaux de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Fait notable, sept des dix pays ayant le plus progressé au niveau mondial sont situés en Afrique subsaharienne, dont le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Nigeria et le Mali. Le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire ont notamment quitté la catégorie à risque élevé pour rejoindre celle à risque moyen, traduisant des avancées concrètes en matière de régulation financière.

Malgré cette dynamique positive, le score moyen régional reste élevé, à 6,14 points, soulignant la persistance de vulnérabilités structurelles liées à la corruption, à la faiblesse des institutions et à l’économie informelle.

À l’échelle mondiale, la Birmanie demeure le pays le plus exposé au blanchiment d’argent, devant Haïti et plusieurs États africains. À l’inverse, des pays comme la Finlande, l’Islande ou le Danemark affichent les niveaux de risque les plus faibles.

Estelle KONKOBO

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