La Direction générale des Douanes a présenté à la presse, le mercredi 11 mars 2026 à Ouagadougou, plusieurs produits frauduleux saisis lors d’opérations de contrôle menées par ses agents. Les détails des circonstances de cette saisie ainsi que les procédés utilisés par les contrebandiers pour tenter d’échapper aux contrôles douaniers ont été présenté aux hommes de media par le directeur général des douanes, Yves Kafando.

L’administration douanière du Burkina Faso est résolument engagée dans la lutte contre la contrebande et pour le renforcement de la mobilisation des recettes publiques. Les gabelous ont une fois de plus fait la preuve de leur détermination à travers la présentation ce mercredi 11 mars 2026, d’un lot de produit frauduleux saisis.

L’opération ayant permis ces saisies s’est déroulée dans la ville de Tenkodogo, où les agents des douanes ont procédé à un contrôle approfondi de plusieurs véhicules suspectés de transporter des marchandises sans documents.

Sucre, lait concentré sucré, riz, huile végétale, cartons de spaghetti et ciment figurent parmi les produits saisis par les services des douanes lors de l’opération de contrôle.

 

Parmi les produits saisis figurent du sucre, du lait concentré sucré, du riz, de l’huile végétale, des cartons de spaghetti ainsi que du ciment. Dans plusieurs cas, les fraudeurs avaient placé ces produits derrière d’autres marchandises afin de compliquer leur identification.

Les agents de la douane ont expliqué que certaines marchandises avaient été soigneusement dissimulées au fond des chargements afin d’échapper aux premiers contrôles.

Des techniques de dissimulation sophistiquées

« Après un contrôle minutieux, nous nous sommes rendu compte qu’il avait dissimulé des marchandises soumises à autorisation spéciale, notamment du lait concentré sucré et du sucre, au fond du chargement derrière d’autres produits », a indiqué l’adjudant chargé de l’opération.

Les agents ont découvert que certains sacs avaient été emballés dans plusieurs couches afin de masquer leur contenu réel. « Pour découvrir l’huile végétale, il fallait d’abord déchirer un premier sac avant d’atteindre un second sac contenant la marchandise », a précisé l’adjudant.

Les douaniers ont également intercepté un bus de transport de passagers dont l’intérieur avait été entièrement modifié pour permettre le transport clandestin de marchandises. Les sièges avaient été retirés afin de transformer le véhicule en espace de stockage destiné à dissimuler des produits introduits frauduleusement sur le territoire.

 

Le DG des Douanes du Burkina Faso, Dr Yves Kafando : « Ces actes frauduleux constituent un manque a gagner pour la mobilisation des recettes publique ».

 

Selon l’adjudant ayant conduit la mission, les transporteurs avaient d’abord déclaré ne transporter aucune marchandise ou avait déclaré une partie de la cargaison avant que les agents ne procèdent à une inspection plus poussée des véhicules.

Un manque à gagner pour les recettes publiques

Selon le directeur général des douanes, l’Inspecteur divisionnaire des douanes Yves Kafando, ces pratiques visent à contourner les obligations fiscales et les prélèvements obligatoires. « Il s’agit de marchandises qui auraient dû supporter le Fonds de soutien patriotique. Les calculs effectués montrent que plus de sept millions de francs CFA auraient dû être perçus sur cette cargaison de boisson desperado camouflé dans le bus de transport », a expliqué Yves Kafando.

Pour l’administration douanière, ces importations irrégulières constituent non seulement un manque à gagner pour les finances publiques, mais également une concurrence déloyale pour les opérateurs économiques qui importent leurs produits conformément à la réglementation. Le directeur général a rappelé que « De nombreux importateurs introduisent régulièrement des denrées comme le riz, l’huile ou le sucre en accomplissant les formalités douanières et en acquittant les droits exigés, et pourtant le circuit que les fraudeurs utilise accentue la cooccurrence déloyale envers les importateurs honnête ».

Les fraudeurs reconnaissent les faits

Interrogés lors de la présentation des produits saisis, certains transporteurs impliqués dans cette affaire ont reconnu leur responsabilité et exprimé des regrets. L’un d’eux, identifié comme étant Mohamad Yaméogo a expliqué avoir transporté du lait concentré sucré, du gari et d’autres marchandises pour le compte de tiers.

« Je transportais du lait concentré sucré et du gari. Sincèrement, nous regrettons notre geste, car nous ignorions que cette fraude avait une telle portée », a-t-il déclaré.

Le transporteur affirme ne pas être propriétaire des produits et avoir simplement été chargé de les acheminer vers Ouagadougou. « Les propriétaires sont à Sinkansé. Moi, j’avais juste pour mission d’acheminer la marchandise à la gare de l’Est à Ouagadougou », a-t-il indiqué, reconnaissant que « l’esprit du gain facile » l’avait conduit à accepter cette mission.

Un bus de transport de passagers transformé en véhicule de transport clandestin de marchandises après le retrait des sièges pour dissimuler les produits introduits frauduleusement.

 

Un second transporteur, Zampaligré Ibrahim, a également reconnu avoir convoyé des marchandises non conformes, notamment des sachets de spaghetti, du riz, du ciment et du sucre. « Je suis conscient que cette marchandise n’est pas conforme, mais c’est le manque de travail et la quête d’argent qui m’ont conduit à accepter ce transport », a-t-il déclaré, invitant ses collègues transporteurs à respecter la réglementation pour éviter de telles situations.

Procédures judiciaires et sanctions prévues

Les autorités douanières ont indiqué que les marchandises saisies feront l’objet de vérifications techniques afin de déterminer si les denrées alimentaires sont propres à la consommation humaine. Quant aux moyens de transport utilisés pour ces opérations frauduleuses, ils devraient être confisqués et les personnes impliquées traduites devant les juridictions compétentes pour répondre des infractions constatées.

La direction générale des douanes entend également adresser un message de fermeté aux acteurs impliqués dans la contrebande. Le Dr Yves Kafando a rappelé avoir déjà sensibilisé les transporteurs et importateurs sur la nécessité de se présenter aux bureaux de douane pour accomplir les formalités requises.

Le présumé transporteur de produits frauduleux, Ibrahim Zampaligré, « le manque de travail et la quête d’argent m’ont conduit à accepter ce transport.  Nous regrettons notre geste et demandons pardon au peuple burkinabè », a-t-il reconnu.

 

Le directeur général a également salué l’engagement des agents mobilisés dans cette opération et a appelé l’ensemble des services douaniers déployés sur le territoire à maintenir une vigilance constante. Selon lui, la lutte contre la fraude constitue un levier essentiel pour préserver les recettes publiques et protéger l’économie nationale contre les pratiques commerciales illégales.

Estelle KONKOBO

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