La Côte d’Ivoire et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) ont franchi une nouvelle étape dans leur partenariat stratégique avec la signature, le 25 mars 2026, à Abidjan, du Programme de coopération 2026-2030. L’accord a été paraphé par le ministre ivoirien du Plan et du Développement, Souleymane Diarrassouba, et la représentante résidente du PNUD en Côte d’Ivoire, Blerta Cela.
Doté d’un budget prévisionnel de 99,6 millions de dollars, soit environ 56 milliards de FCFA, ce programme quinquennal vise à accompagner la stratégie de transformation économique et sociale de la Côte d’ivoire, en cohérence avec le Plan national de développement 2026-2030, adopté par le gouvernement. L’ambition affichée est d’accélérer la transformation structurelle de l’économie, d’élargir l’inclusion sociale et de renforcer la résilience du pays face aux défis climatiques.
Selon les autorités ivoiriennes, ce nouveau cadre de coopération s’inscrit dans la vision du Président Alassane Ouattara de bâtir « une nation prospère, solidaire et résiliente ». Il doit permettre d’optimiser l’impact des politiques publiques grâce à l’intégration d’approches innovantes, notamment dans les domaines de la gouvernance, du développement local et de la transition numérique.
Le ministre du Plan et du Développement, Souleymane Diarrassouba, a rappelé que l’économie ivoirienne continue d’afficher une dynamique solide en dépit les turbulences internationales. « Malgré un contexte international marqué par le changement climatique, les tensions géopolitiques et les perturbations des chaînes d’approvisionnement, l’économie ivoirienne demeure résiliente et dynamique », a-t-il affirmé.
A titre illustratif, le pays a enregistré un taux de croissance moyen de 6,5 % sur la période 2021-2025, consolidant sa position de deuxième économie d’Afrique de l’Ouest. Des progrès ont également été enregistrés sur le plan du développement humain, avec un indice de développement humain passé de 0,557 en 2021 à 0,582 en 2023.
Digitalisation des services publics et innovation économique
Le programme de coopération s’articule autour de deux axes structurants. Le premier concerne la modernisation des services publics, avec le déploiement de solutions numériques visant à rapprocher l’administration des citoyens et à renforcer la confiance dans l’action publique. Le second axe vise à soutenir une croissance plus inclusive et résiliente, en encourageant l’innovation, le développement de l’entrepreneuriat et l’essor de secteurs stratégiques tels que l’économie numérique, l’économie verte et l’économie bleue.
Pour la représentante résidente du PNUD, ce nouveau cycle de coopération marque une montée en puissance du partenariat entre les deux parties. « Aujourd’hui, nous changeons d’échelle. Nous ne lançons pas simplement un programme, nous lançons une ambition commune : cinq ans d’engagement collectif pour accompagner le pays », a déclaré Blerta Cela. Elle a souligné que l’élaboration du programme a reposé sur une approche participative, impliquant plus de vingt ministères, le secteur privé, le monde académique et la société civile.
Plus de 100 000 emplois et 100 millions de dollars pour le climat
Au-delà de la modernisation de l’action publique, le programme prévoit des objectifs chiffrés ambitieux comme la création de plus de 100 000 emplois, en particulier dans les secteurs liés aux économies verte et bleue, tout en soutenant le développement du tissu entrepreneurial. L’institution onusienne prévoit également d’accompagner l’accès à l’énergie propre, de protéger plus de 10 millions de personnes contre les risques climatiques et de mobiliser plus de 100 millions de dollars de financements en faveur du climat. Ces actions s’inscrivent dans une logique de transformation durable visant à concilier développement économique et préservation de l’environnement, alors que les enjeux climatiques deviennent de plus en plus déterminants pour les économies africaines.
Ce nouveau programme s’appuie sur plus de 65 ans de coopération solide entre la Côte d’Ivoire et le PNUD. Pour les autorités ivoiriennes, cette continuité constitue un atout majeur pour accélérer les réformes structurelles et améliorer les conditions de vie des populations. Le lancement officiel du programme ouvre ainsi un nouveau chapitre dans la coopération entre l’État ivoirien et le PNUD, avec l’ambition de consolider les acquis et d’impulser des transformations économiques et sociales durables d’ici 2030.
Estelle KONKOBO






