La croissance de l’économie marocaine a légèrement ralenti au quatrième trimestre 2025, s’établissant à 4,1 %, contre 4,2 % à la même période de 2024, selon les comptes nationaux publiés le 31 mars 2026 par le Haut-Commissariat au Plan (HCP). Malgré ce tassement marginal, l’activité économique reste soutenue par la demande intérieure, tandis que certains secteurs enregistrent des évolutions contrastées.
L'économie marocaine a présenté des résultats mitigés à la fin de l'année 2025, liés notamment à la hausse de la demande intérieure, au rebond du secteur agricole et à un ralentissement des activités non agricoles, notamment dans les services et certains segments de l’industrie. Ces dynamiques contradictoires ont entrainé une légère décélération de la croissance économique marocaine au quatrième trimestre 2025 tandis que l'activité économique a été portée par une demande intérieure en hausse, selon les données publiées le 31 mars 2026 par le Haut-Commissariat au Plan (HCP).
L'institution constate en effet que la demande intérieure a progressé de 6,2 % au quatrième trimestre 2025, contre 6,6 % un an auparavant, contribuant à hauteur de 6,8 points à la croissance du produit intérieur brut (PIB), contre 7,2 points au même trimestre de 2024.
Dans le détail, la consommation finale des ménages a augmenté de 4,4 %, contre 3,7 % un an plus tôt, apportant 2,6 points à la croissance économique. La consommation des administrations publiques a, de son côté, progressé de 7,9 %, contre 6,3 %, avec une contribution de 1,4 point.
L’investissement brut incluant la formation brute de capital fixe (FBCF), les variations de stocks et l’acquisition d’objets de valeur a toutefois marqué un ralentissement. Sa croissance est passée de 12,3 % au T4-2024 à 8,5 % au T4-2025, contribuant pour 2,7 points à la croissance, contre 3,8 points un an auparavant.
Des activités non agricoles au ralenti
Du côté de l’offre, les activités non agricoles ont enregistré un ralentissement, avec une progression de 4 %, contre 4,8 % au quatrième trimestre 2024.
Le secteur secondaire a affiché une croissance de 3,5 %, légèrement inférieure aux 3,7 % enregistrés un an plus tôt. Cette évolution s’explique notamment par le repli des activités minières (-3,4 % après +1,2 %) et par la décélération du bâtiment et des travaux publics (4,9 % après 6,9 %). Les activités liées à l’électricité et à l’eau ont également ralenti, passant de 7 % à 2,7 %.
À l’inverse, les industries de transformation ont montré une amélioration notable, leur croissance passant de 2,4 % à 4,1 % sur la période.
Le secteur tertiaire, qui représente une part importante de l’économie marocaine, a lui aussi enregistré une décélération, avec une croissance de 4,4 %, contre 5,4 % au quatrième trimestre 2024.
Ralentissement marqué de plusieurs branches
Au titres des branches qui ont connu un véritable ralentissement, selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP), l’on note les services financiers et assurantiels qui ont progressé de 6,6 % contre 8,3 % un an plus tôt ; les services d’éducation, de santé et d’action sociale de 6,5 % contre 7,3 % ; l’hébergement et la restauration de 4,8 %, après 13,2 % ; le transport et l’entreposage de 4,3 %, contre 7,9 % ; les services aux entreprises et la recherche-développement de 3,3 %, contre 4,8 % ; et le commerce et la réparation de véhicules de 3,1 %, contre 4,4 %.
Le secteur primaire a, en revanche, enregistré une amélioration notable. Sa croissance a atteint 3,9 % au quatrième trimestre 2025, après une baisse de 4,7 % un an auparavant. Cette évolution s’explique principalement par le rebond de l’activité agricole, qui est passée de -4,8 % à +4,7 %. Cependant, l’activité de la pêche a poursuivi son recul, avec une régression de -13,6 %, contre -1,9 % au dernier trimestre 2024.
Aux prix courants, le PIB a progressé de 6,8 %, contre 9,1 % un an auparavant, traduisant un ralentissement du niveau général des prix à 2,7 %, contre 4,9 % au quatrième trimestre 2024.
Dans ce contexte, le revenu national brut disponible a augmenté de 5,7 %, contre 9,8 % un an plus tôt, notamment en raison de la baisse de 9,3 % des revenus nets reçus du reste du monde, après une hausse de 20 % l’année précédente.
Parallèlement, le taux d’épargne nationale s’est stabilisé à 30,8 % du PIB, tandis que l’investissement brut a représenté 33,4 % du PIB, contre 32,5 % un an auparavant.
Cet écart entre investissement et épargne se traduit par un besoin de financement de l’économie évalué à 2,6 % du PIB, en hausse par rapport aux 1,7 % enregistrés au quatrième trimestre 2024.
Estelle KONKOBO






