Le Groupe de la Banque mondiale a annoncé, le 7 avril 2026, le lancement de nouveaux Cadres de partenariat pays (CPF) pour le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad. Ce dispositif stratégique, conçu pour la période 2026-2031, marque une évolution majeure dans l'accompagnement financier et technique de ces nations confrontées à des défis de fragilité, de conflits et de violence (FCV).
Le Groupe de la Banque mondiale franchit une étape décisive dans son soutien au Sahel central. L’institution a annoncé, le 7 avril 2026, le lancement de nouveaux Cadres de partenariat pays (CPFs), un dispositif stratégique visant à stimuler la création d’emploi, notamment pour les jeunes et les femmes, en renforçant le capital humain, les infrastructures et la productivité agricole, tout en appuyant des réformes ciblées et le développement du secteur privé. La grande innovation de ces CPF réside dans l'approche « un seul Groupe de la Banque mondiale ».
Contrairement à des interventions isolées, ce cadre mobilise de manière coordonnée les trois bras armés de l'institution pour maximiser l'impact, à savoir, l’Association internationale de développement (IDA) pour les financements concessionnels et le soutien aux secteurs sociaux ; la Société financière internationale (IFC) pour dynamiser le secteur privé et l'agro-industrie et l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) qui, via la nouvelle Plateforme de garanties du Groupe, sécurisera les flux d’investissements vers les petites et moyennes entreprises.
Dans une région où la croissance devrait s'accélérer pour atteindre 4,7 % en 2026-2027, le Groupe de la Banque mondiale entend jouer un rôle de catalyseur. À titre de comparaison, pour l'exercice 2024, l'institution avait déjà engagé 11 milliards de dollars pour 66 projets en Afrique de l'Ouest et du centre, dont une large part via l’IDA. Ce nouveau cadre 2026-2031 vient donc pérenniser et structurer cet engagement financier sur le long terme pour un Sahel pacifié et économiquement souverain.
L'objectif central est de transformer le potentiel économique du Sahel en progrès tangibles en s'attaquant aux causes profondes de la fragilité. Le programme s'articule autour de piliers structurants que sont l’emploi et la croissance, le capital humain et les infrastructures, la résilience et la gouvernance.
Priorité aux femmes, jeunes et micro entreprises
Le premier pilier accorde une priorité absolue à la création d’emplois de qualité, notamment pour les jeunes et les femmes tandis que le second est conçu pour la mise en place d’un cadre soutien des initiatives phares comme la Couverture santé universelle, la Mission 300 (accès à l'électricité) et Agriconnect pour la productivité agricole. Le troisième pilier, concentre les actions visant à renforcer la résilience économique face aux chocs et à améliorer la gouvernance pour favoriser une croissance inclusive.
Le dispositif cible prioritairement les micros, petites et moyennes entreprises (MPME), les femmes, les jeunes, ainsi que les populations les plus vulnérables, incluant les réfugiés et les personnes déplacées internes.
« Les CPF placeront les populations au cœur de l’action, appuieront les leviers indispensables à l’accélération de la croissance et du progrès, et renforceront l’intégration transfrontalière afin de promouvoir un développement équilibré dans le Sahel », a déclaré Clara de Sousa, directrice de division du Groupe de la Banque mondiale pour le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad. Et selon le directeur de division d’IFC pour l'Afrique de l'Ouest, Olivier Buyoya, « un secteur privé fort et innovant est primordial pour attirer l’investissement, accroître la productivité, créer des emplois et renforcer la résilience économique face aux chocs exogènes et endogènes ».
Pour garantir une efficacité maximale, ces CPF sont strictement alignés sur les plans nationaux de développement de chaque État, en l’occurrence, le Programme de refondation de la République (PRR) pour le Niger ; le Plan national de développement Tchad Connexion 2030 au Tchad ; la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD 2024‑2033) au Mali et le Plan national de développement (PND) 2026‑2030 dénommé RELANCE au Burkina Faso.
Mouni N’GOLO






