Impact Investing Burkina Faso, avec l’appui de GSG Impact et de l’Ambassade du Japon au Burkina Faso, a tenu la 2e édition de la Journée Nationale de l’Investissement d’Impact (JNII), le lundi 24 février 2026, à Ouagadougou, sous le thème : « Renforcer l’écosystème de l’investissement d’impact au Burkina Faso ». L’objectif est de mieux ancrer cette approche de développement durable au niveau national.

L’investissement d’impact peut se définir comme tout investissement publique, privé ou mixte, qui au-delà de la rentabilité financière, met un accent particulier sur son impact social, environnemental, sur le bien-être collectif. Impact Investing Burkina Faso veut promouvoir et structurer cette approche de développement durable au pays des Hommes intègres. Pour y arriver, il a initié un certain nombre d’activités parmi lesquelles figure en bonne place la Journée Nationale de l’Investissement d’Impact (JNII).

Après une première édition tenue en 2025, le 2e rendez-vous de ce cadre national d’échanges et de réflexions a réuni le lundi 24 février 2026, à Ouagadougou, des acteurs engagés dans la transformation de l’écosystème de l’investissement à impact, à savoir les institutions publiques, les investisseurs, les partenaires techniques et financiers (PTF), les petites et moyennes entreprises à impact (PME) à impact, les structures d’accompagnement, la société civile et les médias spécialisés.

Le consultant principal du cabinet Innovative Finance for Africa, Honoré Kietyeta, a souligné la nécessité de doter le Burkina Faso d’un référentiel national d’indicateurs de mesures de l’investissement d’impact.

 

Selon les porteurs du projet, cette JNII vise à échanger sur le cadre politique, institutionnel et réglementaire de l’investissement d’impact au Burkina Faso, à sensibiliser et fédérer les acteurs institutionnels et pouvoirs publics sur les enjeux, opportunités et bénéfices de l’investissement d’impact. Elle se veut aussi un cadre de dialogue sur les stratégies et sources de financements institutionnels et privés adaptées aux besoins des PME locales, ainsi que sur les mécanismes, instruments et véhicules financiers en phase avec le contexte national.

A travers la tenue de cette journée, l’ambition aussi est de favoriser la coordination et la coopération entre investisseurs, institutions financières, pouvoirs publics et acteurs du développement, afin de créer un écosystème national d’investissement d’impact efficace et durable.

Entre discours officiels et restitution d’une étude sur la cartographie de l’écosystème de l’investissement d’impact au Burkina Faso, la JNII 2026 a été marquée par plusieurs panels. Ils ont porté sur les thématiques suivantes : « Cadre politique, institutionnel et réglementaire de l’investissement d’impact au Burkina Faso », « Mécanismes, instruments et véhicules financiers et mobilisation de ressources domestiques pour l’investissement d’impact au Burkina Faso », « Stratégie d’Appui aux entreprises et PME d’impact ».

Le Directeur de Néré Capital, Job Zongo : « Nous voulons aller au-delà de la rentabilité économique, financière, pour réaliser des investissements qui apportent énormément d'impact, qui soient mesurables, et que dès leur conception, il y ait une intentionnalité de produire cet impact ».

 

Quatre actions prioritaires

De la présentation de l’étude, faite par le Consultant principal du cabinet Innovative Finance for Africa, Honoré Kietyeta, il ressort plusieurs résultats. A commencer par la définition contextuelle du concept : « l’investissement d’impact au Burkina Faso se définit comme une approche d’investissement associant les actions publiques et privés et mobilisant des ressources endogènes et extérieures pour financer des projets visant à réaliser des objectifs sociaux ou environnementaux positifs mesurables, en plus d’un rendement financier, contribuant à la souveraineté nationale ».

Après l’analyse des acquis et contraintes, du rôle des parties prenantes de l’écosystème, en l’occurrence le régulateur/Etat, les fournisseurs et demandeurs de capitaux, les intermédiaires et les facilitateurs et organisations de soutien, l’étude a abouti à la nécessité de mettre en place quatre actions prioritaires. Il s’agit de créer l’organe national de coordination (IIBF) et le Comité consultatif public-privé, de déployer les véhicules de financements d’impact, de reconnaitre légalement les entreprises à impact et de lancer le Fonds de préparation et de programmes "Investment Readiness" pour les PME. 

Le responsable de GSG Impact pour la région Afrique, Atieno Otongo, a salué les efforts abattus par le Burkina Faso, premier pays d’Afrique francophone à être accrédité auprès de son organisation.

 

A ces recommandations s’ajoutent celles issues des panels. En effet, à l’issue de la journée d’échanges, les participants ont recommandé, entre autres, de passer à la phase d'opérationnalisation de la loi encadrant les investissements d'impact au Burkina, de veiller à une gouvernance crédite et inclusive du Conseil consultatif de Impact Investing Burkina, fondée sur la transparence et la responsabilité, créer de nouveaux mécanismes financiers et fiscaux afin d'attirer davantage d'investisseurs dans le domaine de l'impact, de rendre opérationnel le recours des institutions de microfinance au fonds de garantie pour leur permettre de lever des fonds.  

Recommandation a également été faite de mobiliser les fonds d’abord au niveau local et de travailler à la création de fonds de pension au Burkina, de créer, standardiser et vulgariser des mécanismes contextuels de levée de fonds auprès des partenaires internationaux.

Soutien politique et implication du niveau communautaire

Il est ressorti aussi la nécessité de dynamiser et renforcer le travail en synergie entre les fonds d'impact, les décideurs publics, les fonds régionaux et tous les acteurs de l'écosystème, de renforcer et pérenniser les mécanismes de financement participatifs, dynamiser et renforcer la synergie d’actions entre les fonds d'impact, les décideurs publics, les fonds régionaux et tous les acteurs de l'écosystème, de renforcer durablement et stratégiquement les compétences des promoteurs de PME.

Pour l’ambassadeur du Japon au Burkina Faso, Jun Nagashima, l’investissement d’impact est une question de sécurité humaine et sociale.

 

Tout cela a besoin d’un soutien politique de haut niveau, mais aussi d’une gouvernance qui intègre les acteurs communautaires.

Le Directeur de Néré Capital, l’organisation hôte de l’évènement, Job Zongo, s’est réjoui de la tenue de cette journée nationale dédiée à l’investissement d’impact et dont le but est de mobiliser et de canaliser les acteurs vers des investissements productifs à forte valeur ajoutée sociale et environnementale dans des secteurs prioritaires définis par les autorités.

« Nous voulons aller au-delà de la rentabilité économique, financière, pour réaliser des investissements qui apportent énormément d'impact, qui soient mesurables, et que dès leur conception, il y ait une intentionnalité de produire cet impact », a-t-il confié.

La responsable de GSG Impact pour la région Afrique, Atieno Otongo, a salué les efforts abattus par le Burkina Faso et qui est par ailleurs le premier pays d’Afrique francophone à être accrédité formellement auprès de son organisation. Elle a rappelé l’ambition de GSG Impact qui est de bâtir des économies d’impact à l’échelle du monde, et cela de concert avec des acteurs locaux et internationaux. « Nous espérons collaborer avec d'autres organisations, localement et internationalement, pour que nous puissions nous unir et réaliser notre stratégie. Nous espérons aussi continuer à développer l'impact local sur l'écosystème pour le bien des Burkinabè, mais aussi pour le bien de notre environnement local et social », a-t-elle conclu.

Le ministre de l’Economie et des Finances, François-Xavier Bambara : « L’investissement d’impact ne peut se développer de manière fragmentée. Il repose sur un écosystème cohérent, où chaque acteur assume pleinement sa responsabilité... ».

 

Pour l’ambassadeur du Japon au Burkina Faso, Jun Nagashima, l’investissement d’impact est une question de sécurité humaine et sociale. Et il n’y a pas d’allocations financières réussies sans transformation sociale. Face aux multiples challenges, le diplomate nippon dit faire foi au génie collectif pour faire bouger les lignes.

Synergie, confiance et responsabilité partagée

C’est pourquoi, il a laissé entendre que la synergie entre entrepreneurs, investisseurs et PTF constitue une force motrice pour relever les défis liés à l’investissement d’impact.  Le ministre de l’Economie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, par la voix de son représentant, François-Xavier Bambara, a souligné la cohérence de l’investissement d’impact avec la vision politique du gouvernement burkinabè de bâtir un système économique souverain, inclusif et prospère.

Et le nouveau référentiel national de développement « Plan RELANCE » 2026-2030, articulé autour de quatre piliers fondamentaux, à savoir "la consolidation de la sécurité, de la cohésion sociale et de la paix", "la refondation de l’État et l’amélioration de la gouvernance", "le développement du capital humain" et le "développement des infrastructures et la transformation structurelle de l’économie", en est la preuve.

« Près des deux tiers des financements prévus proviendront de ressources souveraines. Cela traduit une volonté politique forte : compter d’abord sur nous-mêmes, tout en consolidant des partenariats stratégiques. Le Gouvernement du Burkina Faso accorde une importance particulière aux questions d’investissement, qu’ils soient publics ou privés », a-t-il fait savoir.

A travers panels, échanges et partages d’expériences, les participants ont formulé des recommandations dont la mise en œuvre devrait contribuer à un meilleur ancrage de l’investissement d’impact au Burkina Faso.

 

S’il ne doute aucunement que l’’investissement d’impact constitue un levier stratégique de souveraineté, il reste persuadé qu’il ne peut produire l’effet escompté sans l’intelligence collective et la fédération des énergies.

« L’investissement d’impact ne peut se développer de manière fragmentée. Il repose sur un écosystème cohérent, où chaque acteur assume pleinement sa responsabilité (...). Aucun acteur ne peut réussir seul. C’est par la synergie, la confiance et la responsabilité partagée que nous pourrons bâtir un véritable écosystème national de l’investissement d’impact », a souligné M. Bambara. C’est pourquoi il a appelé les participants à cette journée à plus d’engagement et à formuler des solutions concrètes devant permettre de poser les bases d’un modèle de croissance plus autonome, plus inclusif et plus résilient.

La Rédaction

 

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