Après le lancement officiel de la Facture électronique certifiée (FEC), intervenue le mardi 6 janvier 2026, à Ouagadougou, la Directrice générale des impôts, Talato Eliane Djiguemdé/Ouédraogo, s’est entretenue avec la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB-Télé) sur le sujet, au cours du journal télévisé du soir du 7 janvier 2026. Dans cet entretien, retranscrit par C’Finance, Mme Djiguemdé aborde les avantages de la FEC pour les entreprises et l’Etat, le processus et les outils de son opérationnalisation, tout en appelant à la mobilisation collective pour garantir le succès de sa mise œuvre. 

Pourquoi une réforme sur le système de facturation au Burkina Faso ?

Il est très important de préciser que la facture électronique certifiée n'est pas une réforme législative. Car, il n'y a pas eu de création d'un nouvel impôt, d'une nouvelle taxe ; il n'y a pas eu une contrainte supplémentaire non plus pour les entreprises. Cela dit, la réforme de la facture électronique certifiée découle de la volonté des plus hautes autorités de ce pays de passer à la modernisation du système fiscal et aussi d'assainir les transactions commerciales.

On se souviendra qu'en 2017, le Burkina Faso a procédé au lancement de la facture normalisée qui consacrait l'harmonisation du contenu des factures. Aujourd'hui, cette nouvelle réforme consacre le passage à la phase dématérialisée de la facture qui avait été normalisée pour sécuriser davantage les transactions et faciliter donc la vie des entreprises. 

Cette réforme concerne-t-elle toutes les entreprises ?

Les grandes entreprises, les moyennes entreprises, les petites et les micro-entreprises sont toutes concernées. Et en langage fiscal, nous dirons que les entreprises soumises au régime du réel normal d'imposition, au régime du réel simplifié d'imposition et celles soumises à la contribution des micro-entreprises sont toutes concernées. Seulement, la mise en œuvre se fera très progressivement de sorte que cette année, ce sont les grandes et les moyennes entreprises que nous allons mettre en obligation, et les autres seront en option. Mais qu’à cela ne tienne, tout le monde est concerné par la réforme. 

Quels sont les avantages de cette réforme pour les entreprises et pour l'État ?

Le système de la facturation électronique présente beaucoup d'avantages pour les entreprises. Déjà, il facilite l'émission des factures, car la configuration est faite de sorte que les entreprises ne vont plus souffrir dans cette tâche. Ensuite, il va faciliter la gestion comptable, car les données de facturation sont historisées et il y a une réduction des coûts liés à l'impression des factures et également à l'archivage des factures physiques. Il y a aussi que l'entreprise gagne beaucoup plus en crédibilité vis-à-vis de ses partenaires, que ce soit à l'intérieur du pays ou à l'extérieur. Il y a l'assainissement aussi du climat des affaires à travers l'exploration d'une concurrence loyale entre les entreprises.

Pour l'État, cette réforme va permettre de sécuriser davantage les recettes fiscales pour le financement des projets d'investissement, tels que l'autoroute, les centres de santé, les écoles, les édifices publics, etc. La réforme va permettre de lutter beaucoup plus efficacement contre la fraude à la TVA et également assurer une certaine transparence dans la collecte de la TVA. 

Concrètement, comment va se dérouler sa mise en œuvre ? Faut-il forcément un dispositif particulier ou une connexion Internet ?   

Pour le dispositif, il y a deux supports qui vont être utilisés. Il y a un support appelé module de contrôle de facturation pour les entreprises qui utilisent déjà un logiciel de facturation. Pour ces entreprises utilisant habituellement un logiciel de facturation, ce sera donc un module de contrôle de facturation.

Pour les entreprises dont le niveau de formalisation n'est pas assez élevé et qui n'ont pas de logiciel de facturation, nous avons prévu les unités de facturation où tout est incorporé. Alors, est-ce qu'on utilise une connexion Internet ? Je dirais non. Heureusement, on n'utilise pas de connexion Internet. Il y a la formule GSM qui va être utilisée et qui permet donc aux entreprises de pouvoir faire émettre facilement leurs factures sans connexion Internet. Des puces des opérateurs de téléphonie vont être incorporés et au module de contrôle de facturation et à l'unité de facturation. 

Alors, que deviendra-t-il la facture normalisée avec cette réforme ?

Nous avons souligné que nous allons avancer très progressivement avec la facture électronique certifiée.  Pour cette année, par exemple, actuellement, nous allons lancer une vaste campagne d'information et de sensibilisation des entreprises. Ensuite, viendra la formation et les assistants techniques. Et à partir du 1er juillet 2026, selon nos estimations, nous mettrons en obligation les grandes et les moyennes entreprises.  Cela signifie que les petites et les micro-entreprises vont continuer à utiliser la facture normalisée papier avec stickers jusqu'à ce qu'on les intègre progressivement dans le schéma global de facturation. Mais on estime qu'au plus tard en 2028, tout l'écosystème devra pouvoir utiliser la facture électronique certifiée. Et en ce moment, la facture papier qui était normalisée va être abandonnée. 

Pour terminer, avez- vous un message pour les acteurs du monde économique ?

Oui, nous avons un message à l'adresse du monde économique. Il s’agit de les inciter à adhérer à la réforme de la facturation électronique certifiée. Car, comme nous l'avons dit tantôt, c'est une réforme qui a été conçue avec les entreprises et pour les entreprises. C’'est donc pour faciliter la vie des entreprises, fluidifier les affaires, les rendre plus crédibles et surtout pour la souveraineté de notre pays.

Dans ce contexte où nous sommes sur une trajectoire de souveraineté, c’est adhérer massivement pour que nous puissions sécuriser davantage les recettes pour le financement des projets de développement. Pour les citoyens, je les invite à réclamer la facture électronique certifiée. Car le faire, c'est s'assurer que ce qu'on paye comme impôts à travers ses différents achats va directement dans la caisse de l'État. Réclamez donc la facture électronique certifiée !  

Je voudrais, si vous le permettez, remercier les entreprises très civiques qui nous accompagnent au quotidien et qui payent effectivement leurs impôts. Merci à vous, chères entreprises civiques qui nous ont permis d'atteindre nos objectifs de 2025. Je voudrais aussi remercier mes collaborateurs de la Direction générale des impôts dont la synergie et l'engagement nous ont permis de mobiliser plus que ce qui était attendu. Et out cela sous le leadership éclairé de notre cher ministre de l'Économie et de Finance (ndlr : Dr Aboubakar Nacanabo) dont la vision nous mobilise et nous pousse davantage.

Entretien réalisé par la RTB/Télé

et retranscrit par C’Finance

Comments est propulsé par CComment

Dans la même rubrique Finances publiques

☎ Appel : (226) 77 67 52 16 / 78 46 33 10 

WhatsApp  : (226) 61 33 97 14

Mail : secretariat@cfinance.news 

LE CHOIX DE L'ÉDITEUR

ACTUALITÉS