Le nouveau Directeur général de la Caisse des dépôts et d’investissements du Burkina Faso (CDI-BF), Askadar Housmane Sanou nommé en Conseil des ministres le 12 février 2026, a officiellement pris fonction le 2 mars 2026, à Ouagadougou. Il succède ainsi au Pr Serge Auguste Bayala qui a conduit l'institution depuis sa création en mars 2024.
La Caisse des dépôts et d'investissements du Burkina Faso (CDI-BF) enregistre une étape importante de son histoire, avec l’entrée en service de son nouveau directeur général, Askadar Housmane Sanou, deux ans jour pour jour pratiquement après l'installation du tout-premier DG, Pr Serge Auguste Bayala. La cérémonie de passation de charges entre les deux responsables, s'est déroulée ce lundi 2 mars 2026 au siège de l'institution à Ouagadougou, sous l’office du Secrétaire général du Ministère de l’Economie et des Finances (MEF), Vieux Abdoul Rachid Soulama.
Économiste de formation, spécialiste des marchés de capitaux et de la gestion des risques financiers, et jusque-là cadre à la société de gestion et d’intermédiation (SGI) Coris Bourse, Askadar Housmane Sanou est crédité de quinze années d'expérience professionnelle dans l'administration publique et privée burkinabè. Son parcours ancré dans la technicité financière lui donne les rudiments essentiels pour répondre aux défis d'une institution dont la vocation première est de mobiliser et d'orienter l'épargne longue vers des investissements stratégiques.
Mais au-delà de ses compétences propres qui lui ont valu la confiance des plus hautes autorités, M. Sanou , loin d’une quelconque velléité de vouloir ramer en héro solitaire, aura assurément besoin du soutien de ses collaborateurs pour relever les défis qui l’attendent à la tête de cette prestigieuse et stratégique institution financière.
« Cette confiance n'est pas un aboutissement. Elle est un point de départ exigeant. J'ai besoin de l'aide de tous mes collaborateurs pour réussir cette mission », a-t-il déclaré.
Et ce challenge de taille auquel il fera désormais face s’articule autour de deux impératifs : la transformation des ambitions de l’Etat burkinabè en réalisations concrètes, et la préservation de l'équilibre et de la solidité financière de l'institution. Au-delà de ces attentes du gouvernement, exprimées par le Secrétaire général du MEF, Vieux Abdoul Rachid Soulama, le nouveau DG devra naviguer entre rigueur et audace, entre performance économique et responsabilité publique.
En effet, il sait qu’il est particulièrement attendu sur la contribution de la CDI-BF dans la mise en œuvre des projets d’investissement structurants déjà identifiés et engagés par son prédécesseur. Mais sa mission stratégique et structurante consistera incontestablement à gagner la confiance des acteurs publics et privés pour collecter leurs ressources sous forme d’épargne longue et parvenir ensuite à générer des rendements suffisants pour assurer la pérennité de l’institution et financer de grands projets d’intérêts publics. Cela, dans un contexte de défis multiples.
Conscient de l'ampleur de ses nouvelles responsabilités, Askadar Housmane Sanou a tracé les grandes lignes d’une feuille de route qu’il a articulée autour de quatre axes majeurs : consolider les acquis de son prédécesseur, amplifier la visibilité de l'institution, poursuivre les projets structurants en cours et instaurer une culture d'excellence et de résultats.
« Nous devons cultiver une culture d'excellence, de responsabilité et d'efficacité. L'institution que nous voulons bâtir sera respectée pour sa rigueur et reconnue pour son impact. Je prends l'engagement de conduire cette institution avec méthode, discipline et sens de l'intérêt général, afin qu'elle devienne un pilier durable de la souveraineté économique et du développement du Burkina Faso », a promis le DG entrant de la CDI-BF.
Des investissements à fort impact déjà à l’actif
Son prédécesseur, le Pr Bayala, qui quitte la CDI-BF pour prendre la tête de la Banque confédérale d'investissement et de développement de l'Alliance des États du Sahel (BCID-AES), a tracé les sillons fondateurs de l’institution. À son arrivée, en mars 2024, la CDI-BF n'était qu'un texte de loi et un projet sur papier.
En deux années à peine, l’élaboration d'un plan stratégique, d'un business plan et d'une stratégie de mobilisation des ressources sont aujourd’hui des acquis. En sus, sous son leadership, la CDI-BF agit désormais en tant qu’investisseur d'intérêt général par le financement de projets à fort impact social, investisseur financier en réalisant des placements rentables et sécurisés, et gestionnaire sous mandat, à travers la gestion de fonds pour le compte de l'État et de ses démembrements et elle a bouclé l’exercice 2024 avec un résultat net bénéficiaire de 916,3 millions F CFA.
Au titre de ses premiers investissements et conformément à son mandat de catalyseur du développement, la CDI-BF a engrangé des actions à fort impact telles que, notamment, la participation au renforcement du capital de la Banque agricole du Faso (BADF), la co-création de FASO-Ré, le rachat de l’unité industrielle pharmaceutique PROPHARM SA, etc.
« Après deux années d'existence, la CDI-BF peut affirmer avec responsabilité et fierté qu'elle a posé des bases solides et structurantes au service du développement national. La CDI-BF est aujourd'hui reconnue comme un acteur crédible, discipliné et engagé », s’est réjouie le DG sortant, Pr Serge Auguste Bayala.
Créée le 5 octobre 2023 par la loi n°039-2023, la CDI-BF est née des cendres de la Caisse des dépôts et de consignations (CDC), qui a montré ses limites face aux besoins croissants de financement du développement. Les secteurs stratégiques prioritaires définis par la loi couvrent un domaine large du développement national, investissements miniers, technologies de l'information et de la communication, équipements dans les collectivités, infrastructures routières, habitat de type social, énergie, infrastructures sanitaires et universitaires. L'institution a également été mandatée pour recevoir, conserver et gérer l'or acquis par l'État et ses démembrements.
Mouni N’GOLO






