Bloomfield Group a officiellement lancé Bloomfield Review, un magazine spécialisé en intelligence économique, le 22 janvier 2026, à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Dans cette interview accordée à C’Finance le 12 février 2026, dans la capitale ivoirienne, le Président Directeur général de Bloomfied Group, Stanislas Zézé, aborde les raisons qui ont dicté la création de ce magazine, les lignes directrices de son contenu, et les enjeux pour l’Afrique d’avoir ses propres outils d’analyse, de lecture et d’aide à la prise de décision, qui soient adaptés au contexte du continent. Et en tant qu’« arme d’économie de guerre », Bloomfield Review vient répondre à ce besoin crucial.
C’Finance (C.F) : Le 22 janvier 2026, vous avez lancé le premier numéro de Bloomfield Review, un magazine spécialisé en intelligence économique. Qu’est-ce qui vous a motivé à mettre en place un tel projet ?
Stanislas Zézé (S.Z) : Nous avons une agence de notation financière qui fait de la notation en monnaie locale, avec une logique de contextualiser toutes nos analyses. Cette notation financière va permettre d'établir la crédibilité des pays africains dans leur propre monnaie, ce qui me paraît logique, contrairement à établir leur crédibilité dans une devise étrangère dont ils ne possèdent pas des réserves assez importantes. Dans la même veine, nous nous sommes dit qu'il fallait faire de l'intelligence économique contextualisée, c'est-à-dire mettre à disposition des décideurs, publics ou privés, des informations intelligentes analysées, contextualisées, qui leur permettent de prendre des décisions.
Créer un magazine d'intelligence économique permet de mettre en place une plateforme agrégée avec différents types d'informations d'intelligence économique. Dans ce magazine, vous trouverez des rapports sur des risques pays, des risques sectoriels, faits par Bloomfield Intelligence, des indices, tous les différents outils que nous utilisons pour faire des analyses contextualisées. Nous y faisons également des entretiens spécialisés, c’est-à-dire avec des experts, des patrons, des ministres, pour parler de l'environnement dans sa réalité contextuelle. Et ce sont des interviews techniques qui vont aiguillonner et guider tous ceux qui prennent des décisions, que ce soit des décisions publiques ou privées, d'investissement privés ou de politique publique ; de prendre donc des décisions basées sur l'intelligence économique, qui est la base fondamentale d'une décision intelligente.
C.F : Autrement dit, ce magazine se veut un outil stratégique d'aide à la prise de décisions éclairées pour les décideurs publics et privés …
S.Z : Absolument ! Je dirais que c'est une arme d'économie de guerre, si je peux m'exprimer, qui vous permet de pouvoir faire la guerre économique en toute intelligence. Et pour moi, c'est extrêmement important qu'on le fasse. Car, cela permet à l'Afrique d'avoir ses propres outils de décision qui vont permettre de résoudre ses problématiques dans son environnement. Et c'est ce qui est le plus important ! On ne peut pas résoudre des problèmes dans l'environnement africain avec des outils venus de l'Europe, qui ne sont pas adaptés à cet environnement.
Chaque outil est créé en fonction de son environnement. Les outils créés en Angleterre, aux États-Unis, sont créés en fonction des réalités de ces environnements-là. Aujourd'hui, il est donc extrêmement important que nous commencions à porter, à mettre en relief nos propres outils, de les construire, les fabriquer et les mettre à disposition. C’est cette ambition, cette vision qui est à l'origine de la création de Bloomfield Review.
C.F : Des magazines spécialisés en intelligence économique ne courent pas les rues en Afrique. Peut-on dire que Bloomfield Review vient combler un vide, répondre à un besoin réel ?
S.Z : Absolument ! Nous venons combler un vide et reprendre à un besoin réel. Il y a différents types de magazines en Afrique qui font des portraits, des magazines ludiques, des magazines culturels. Mais, il manquait dans l'écosystème un magazine technique d'intelligence économique qui pourrait servir aux investisseurs, leur permettre d'avoir une cartographie de risques d'investissements dans les pays, dans les secteurs d'activité, d’avoir des études d'impact, des éléments contextuels qui leur permettraient de prendre des décisions averties et intelligentes.
C.F : De quoi il est question dans le 1er numéro de Bloomfield Review ?
S.Z : Le premier numéro a été consacré au financement de l'économie ivoirienne dans un contexte mutation géopolitique et géoéconomique mondiale, à laquelle nous sommes en train d'assister. Nous y avons des interviews et des analyses des banquiers, des économistes et des chefs d'entreprise ivoiriens qui nous ont édifiés sur les secteurs d'activité, les réalités, sur les activités elles-mêmes.
C.F : Et comme se comporte ce numéro sur le marché ?
S.Z : Aujourd'hui, le magazine se comporte extrêmement bien, il est très bien accueilli sur le marché. Il bénéficie d’une réception assez surprenante, mais très positive, car les gens sont agréablement surpris de ce magazine. Il se vend très bien et en ligne et en version papier !
Mais en version papier, nous faisons aujourd'hui la promotion de ce magazine que nous distribuons gratuitement dans les ministères, les institutions internationales, les banques, les entreprises, les Universités. Nous sommes dans une logique de promotion de l'intelligence économique à travers ce magazine.
Nous allons faire beaucoup de dons pour le premier magazine et à partir du deuxième, nous allons être dans une logique plutôt commerciale. Certes, nous vendons le magazine, mais nous en avons imprimé suffisamment pour pouvoir en faire des dons.
Pour le premier numéro, nous ne sommes donc pas dans une logique de bénéfice, mais plutôt dans une logique d'investissement.
C.F : Quel le prix du magazine et comment peut-on se le procurer ?
S.Z : Il est vendu à 10 000 F CFA. Il est volumineux, avec une qualité extraordinaire, pour montrer que faire de l'intelligence économique, c'est faire aussi dans la qualité. Cela doit se ressentir dans la version papier. Le magazine papier est vendu pour l'instant en Côte d'Ivoire à la FNAC, Cap Sud et Cap Nord.
Il est vendu également en ligne, et ce à travers une application accessible à partir d’un QR code que nous publions souvent sur nos différents réseaux, que vous pouvez scannez et qui vous donne accès à la plateforme de paiement.
Vous pouvez également payer par Orange Money, Wave Money, MTN Money ou avec une carte Visa ou Mastercard. Et vous avez la version électronique. Comme vous pouvez payer et vous faire livrer la version papier si vous êtes à Abidjan, avec les frais de livraison à votre charge.
C.F : Si ce n'est un secret, quels sont les sujets qui seront abordés dans le prochain numéro ?
S.Z : Le prochain numéro va sortir le 1er avril 2026. Il sera consacré la cartographie des risques d'investissement en Afrique. Et c'est là où nous sortons de la promotion et rentrons dans le vif du sujet. Vous aurez des acteurs économiques et politiques du Gabon, de la Centrafrique, du Togo, du Botswana, de la Côte d'Ivoire, du Mali.
Il sera assez panafricain, car la vertu de ce magazine est d'être panafricain. Ce sera donc un magazine qui va commencer à toucher différents sujets dans différents pays, différents secteurs privés de ces différents pays.
Nous allons certainement publier de nouveaux rapports sur les risques pays, sur les notations financières. Cette année, nous aurons plusieurs conférences risques pays qui seront organisées dans plusieurs pays. Nous allons certainement parler de ces risques pays. Et le numéro d'après va résumer justement les différents risques pays qui ont été faits entre-temps.
C.F : Et quid de la périodicité ?
S.Z : Bloomfield Review est un trimestriel. Mais entre les différents numéros trimestriels, nous ferons des éditions spéciales par pays. Par exemple, nous pourrions faire une édition spéciale Burkina Faso, où nous allons parler que des sujets du Burkina Faso, à travers des interviews des acteurs burkinabè, publics, privés, internationaux, mais qui sont dans l'écosystème économique burkinabè.
Nous allons publier des rapports concernant le Burkina Faso, des rapports sectoriels, des rapports risques pays du Burkina. Et même les annonceurs seront des annonceurs burkinabè. Ainsi, outre les quatre magazines réguliers de l'année, vous aurez des numéros spéciaux en fonction de l'intérêt que les pays vont porter à ce projet.
C.F : Après le lancement du premier numéro, avez-vous un message à l'endroit du public, des décideurs, des chefs d'entreprises par rapport à l’appropriation de cet outil d’aide à la prise de décision mis à leur disposition ?
S.Z : Il faut que les pays africains, les décideurs africains, les opérateurs économiques africains comprennent que leurs décisions ne peuvent être basées que sur des analyses contextuelles, endogènes. Et je crois qu'aujourd'hui, il y a une vraie prise de conscience sur ce sujet-là. Mais nous continuons la pédagogie pour dire que les vraies informations vous permettent de résoudre des vrais problèmes. Et ce que Bloomfield Review apporte aujourd'hui, c'est de permettre aux décideurs politiques de prendre des bonnes décisions en matière de politique publique pour adresser des problématiques économiques, sociales et culturelles, aux secteurs privés d'avoir des informations qui leur permettent de faire de bons investissements, de comprendre les secteurs d'activité dans lesquels ils rentrent ; aux bailleurs de fonds de mieux comprendre l'environnement et aux investisseurs étrangers d’avoir une meilleure visibilité sur la cartographie de risque des pays où ils veulent investir ou des pays qui les intéressent.
Il est donc extrêmement important que les décideurs s'approprient cet outil et les autres outils connexes à cette plateforme d'intelligence économique, pour pouvoir mieux se guider, mieux s'orienter par rapport à leur prise de décision.
Interview réalisée par la
Rédaction de C’Finance






