Le Ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, à travers la Brigade Mobile de Contrôle économique et de la Répression des Fraudes (BMCRF), a présenté, ce lundi 13 avril 2026, à Ouagadougou, les résultats d’une vaste opération de contrôle des produits du tabac, menée fin mars 2026 sur l’ensemble du territoire national. L’objectif était de vérifier l’application du système de traçabilité obligatoire instauré par le gouvernement.

Le gouvernement burkinabè hausse le ton dans la lutte contre le commerce illicite du tabac sur l’ensemble du territoire national. À l’issue d’une opération de contrôle d’envergure, les autorités ont mis en évidence un niveau élevé de non-conformité des produits du tabac, malgré l’entrée en vigueur du système de marquage et de traçabilité imposé aux acteurs du secteur.

Les résultats de cette opération de vérification menée courant le mois de mars ont été présentés aux hommes de média, ce lundi 13 avril 2026, lors d’un point de presse présidé par le Coordonnateur général de la Brigade Mobile de Contrôle économique et de la Répression des Fraudes (BMCRF), Sanibè Faho.

Les actions de contrôle, menées les 31 mars et 1er avril 2026, ont concerné 115 acteurs du secteur, dont 3 producteurs, 6 importateurs et 106 grossistes et détaillants. Dans cet échantillon, seuls 6 opérateurs étaient en conformité, contre 109 en infraction. Dans le détail, les équipes de contrôle ont inspecté 18 595 cartons de cigarettes. Les constats ont révélé 3 451 cartons conformes, 2 332 cartons avec des stickers non conformes et 12 812 cartons sans aucun sticker, en violation flagrante de la réglementation.

À l’échelle des unités plus fines, le constat reste préoccupant. Sur 8 526 cartouches contrôlées, 4 232 étaient conformes, contre 945 non conformes et 3 349 sans marquage. Même tendance au niveau des paquets. Sur 521 unités contrôlées, seulement 38 étaient conformes, tandis que 111 présentaient des anomalies et 372 ne comportaient aucun dispositif de traçabilité.

Selon le Coordonnateur général de la BMCRF, Sanibè Faho, plusieurs prorogations avaient été consenties afin de permettre aux opérateurs de se conformer aux exigences techniques et logistiques liées à l’installation du dispositif. « Ces sorties ont révélé que l’opérationnalisation du système n’étant pas effective chez bon nombre d’acteurs du tabac, un autre délai supplémentaire de grâce qui courrait jusqu’au 28 février 2026 avait été donné aux acteurs pour la mise en œuvre effective du système de traçabilité tant chez les producteurs que chez les importateurs », a-t-il souligné.

« Les opérations de contrôle vont se poursuivre… »

Au niveau de la production locale, un seul acteur a achevé le déploiement du système, tandis que les autres restent en phase d’installation. Du côté des importateurs, les fournisseurs seraient encore en cours d’adaptation des lignes de production.

Cette opération entre dans le cadre de la mise en œuvre du décret du 4 mars 2025 instituant le Système de Marquage, d’Authentification, de Suivi et de Traçabilité (SMAT) des produits du tabac. Ce dispositif, entré en vigueur le 5 juillet 2025, impose l’apposition de stickers sécurisés sur les paquets, cartouches et cartons de cigarettes, aussi bien pour les produits fabriqués localement que ceux importés. Il répond aux engagements internationaux du Burkina Faso, notamment dans le cadre de l’Organisation mondiale de la santé, en matière de lutte antitabac.

Les cigarettes non conformes saisies feront l’objet de procédures d’enlèvement et de destruction, conformément à la loi n°016-2017/AN du 27 avril 2017 portant organisation de la concurrence au Burkina Faso. Dans ce contexte, les autorités entendent maintenir la pression. « Les opérations de contrôle vont se poursuivre afin de garantir l’effectivité du système. Tout contrevenant verra ses produits saisis et sera sanctionné conformément à la réglementation en vigueur », a averti Sanibè Faho.

Au-delà de la répression, la BMCRF appelle également à une responsabilisation des acteurs de la chaîne de distribution et à une collaboration accrue des populations, qui sont appelées à signaler toute irrégularité via les numéros verts mis en place à savoir le   80 00 11 84, le 80 00 11 85ou le 80 00 11 86. À travers ce dispositif, les autorités burkinabè visent un double objectif : assainir le marché du tabac et renforcer la protection de la santé publique, dans un contexte de lutte accrue contre les circuits informels et les produits non réglementaires.

Estelle KONKOBO

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