Le Burkina Faso veut mieux organiser les transferts financiers de sa diaspora pour un financement durable des projets de développements structurants, en s’appuyant sur un instrument financier innovant comme les « Diaspora Bonds ». Porté par le ministère de l’Economie et des Finances, en collaboration avec Vista Group Holding et le ministère des Affaires étrangères, le projet a fait l’objet d’une présentation aux chefs des missions diplomatiques et postes consulaires, par le Chef de la Diplomation burkinabè, Karamoko Jean Marie Traoré, ce 23 février 2026, au cours d’un webinaire.
Le Burkina Faso, sous le leadership du capitaine Ibrahim Traoré, veut se donner les moyens de réussir sa politique volontariste de souveraineté économique et financière. Après la mobilisation de l’actionnariat populaire à travers l’Agence pour la Promotion de l’Entrepreneuriat Communautaire (APEC) pour le financement des projets industriels dans le secteur minier et agroalimentaire, et le Fonds de Soutien patriotique, comme instrument financier de la reconquête du territoire national, le pays revient à la charge avec un nouveau mécanisme innovant de financement de son développement : les « Diaspora Bonds ». Ce sont des obligations émises par l’Etat et spécialement conçus pour les Burkinabè résidant à l’étranger, à l’effet de leur permettre d’investir directement dans le financement du développement socioéconomique de la mère patrie, à travers le circuit formel du marché financier.
Le projet est porté par le département en charge de l’Economie et des Finances, en collaboration avec Vista Group Holding et le ministère des Affaires étrangères. L’objectif visé à travers cet instrument innovant de captation de financement endogène, dont le lancement officiel des souscriptions est prévu pour le 16 mars 2026, est de mobiliser 240 milliards de F CFA. Ces ressources financières issues de ce tout premier « Diaspora Bonds » devra servir au financement de plusieurs projets structurants comme des unités industrielles, des infrastructures routières, etc.
Relever le défi de la communication
Pour réussir une opération financière de cette envergure, premier du genre, la communication constitue un enjeu de taille. Dans le but de relever ce challenge communicationnel, le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a présenté le projet aux relais de son département auprès de la Diaspora burkinabè.
Il s’agit notamment des représentants des missions diplomatiques et postes consulaires. Au nombre de 200, ils ont eu droit à des informations sur les conditions de souscription, les mécanismes de transfert des fonds vers le trésor public, les avantages pour la diaspora de participer à cette opération, la communication autour du projet, etc.
Le ministre Traoré a appelé la Diaspora et toutes les parties prenantes à se mobiliser pour le succès de ce projet, qui, plus qu’un instrument financier, est un moyen d’engagement patriotique au service de l’édification de la nation. Selon le département en charge de Diaspora, les transferts financiers des Burkinabè résidant à l’étranger se chiffrent annuellement à environ 350 milliards de FCFA, soit 3 % du PIB. A travers cet instrument, l’ambition des autorités burkinabè est de mieux canaliser ces importants fonds de la diaspora pour en faire un levier stratégique de financement des projets de développement structurants, tout en renforçant sa souveraineté financière.
La Rédaction
Source : MAE/BF






