La Société nationale d'électricité du Sénégal (SENELEC) a annoncé, le vendredi 10 juillet 2026 à Luxembourg, l'admission de ses obligations liées au développement durable d'un montant de 108 milliards F CFA, soit environ 164 millions d'euros, à la Bourse de Luxembourg (LuxSE), ainsi que leur référencement sur la plateforme Luxembourg Green Exchange (LGX). Cette opération, première du genre pour l'entreprise, vise à mobiliser des financements destinés à accélérer la transition énergétique du Sénégal et à renforcer son accès aux marchés internationaux de capitaux.
La Société nationale d'électricité du Sénégal (SENELEC) veut miser sur de nouveaux instruments financiers pour renforcer ses capacités de production. Ses obligations liées au développement durable, de l’ordre de 108 milliards F CFA, soit environ 164 millions d'euros, ont été admises à la Bourse de Luxembourg (LuxSE), et référencées sur la plateforme Luxembourg Green Exchange (LGX). Structurée sous la forme d'une opération de titrisation adossée à des créances d'électricité impayées ou en souffrance, cette émission devient le premier titre de SENELEC admis sur la Securities Official List de la Bourse de Luxembourg et référencé sur LGX, la principale plateforme mondiale dédiée aux instruments financiers durables. Au-delà de l’entreprise et du Sénégal, elle constitue une avancée majeure pour la finance durable en Afrique de l'Ouest.
52,5 % des ressources mobilisées seront directement affectés au financement de projets répondant aux critères environnementaux de SENELEC, notamment des investissements dans les énergies renouvelables et les projets d'efficacité énergétique, conformément au cadre de durabilité adopté par la compagnie. Au-delà de cette composante verte, les obligations intègrent également des engagements de performance mesurables. Les indicateurs retenus portent notamment sur la réduction des pertes sur le réseau de transport d'électricité et l'amélioration de l'accès des populations à l'électricité. Cette double architecture permet ainsi de lier le coût du financement aux performances environnementales et opérationnelles de l'entreprise.
Un levier pour accélérer la transition énergétique du Sénégal
Pour la Directrice générale de la Bourse de Luxembourg, Julie Becker, cette opération démontre le rôle que peuvent jouer les marchés financiers dans la transition énergétique africaine. « Nous sommes heureux d'accueillir SENELEC à LuxSE et sur LGX avec cette première émission d'obligations liées au développement durable. Cette transaction démontre comment les marchés de capitaux durables peuvent soutenir la transition énergétique en Afrique en mettant en relation des émetteurs ambitieux et des investisseurs internationaux », a-t-elle déclaré.
Premier opérateur électrique du Sénégal, SENELEC assure la production, le transport, la distribution et la commercialisation de l'électricité. L'entreprise dessert aujourd'hui près de 80 % de la population sénégalaise et joue un rôle central dans la stratégie nationale visant l'accès universel à l'électricité, ainsi qu'une part de 40 % d'énergies renouvelables dans le mix énergétique à l'horizon 2030.
Selon son Directeur général, Papa Toby Gaye, cette émission marque une évolution importante dans la stratégie financière de l'entreprise. « Cette opération de titrisation constitue une innovation majeure. Sa cotation à la Bourse de Luxembourg et son référencement sur la plateforme LGX représentent une étape importante pour SENELEC et pour les marchés financiers africains. Elle traduit notre volonté de diversifier durablement nos sources de financement, d'optimiser la gestion de nos créances et de renforcer notre capacité à mobiliser des financements à moyen et long terme dans des conditions compétitives et transparentes », a-t-il indiqué.
Le dirigeant estime également que cette réussite témoigne de la confiance des investisseurs dans la solidité du modèle économique de SENELEC, ainsi que dans la Vision Sénégal 2050, qui ambitionne de bâtir un système énergétique plus inclusif, résilient et durable. L'opération se distingue également par son caractère innovant. Selon BOAD Titrisation, qui a assuré la structuration du véhicule de titrisation, il s'agit de la première opération de titrisation en Afrique combinant à la fois une composante d'obligation verte et une composante d'obligation liée au développement durable.
Une émission qui renforce la visibilité de la BRVM
Pour la Directrice générale de BOAD Titrisation, Adji Sokhna M'Baye, cette innovation ouvre de nouvelles perspectives pour les marchés africains. « Cette opération démontre que des solutions de financement sophistiquées en monnaie locale peuvent être alignées sur des objectifs environnementaux et sociaux mesurables », a-t-elle confié. L'admission des titres de SENELEC à la Bourse de Luxembourg s'inscrit dans le cadre du protocole d'accord signé en 2022 entre LuxSE et la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) afin de promouvoir la finance durable en Afrique de l'Ouest.
Pour le Directeur général de la BRVM, Dr Edoh Kossi Amenounvé, cette double cotation dépasse largement le cadre d'une simple opération financière. « Elle constitue un signal fort de la confiance croissante accordée aux marchés financiers africains et de la capacité de notre région à proposer des solutions de financement innovantes répondant aux meilleurs standards internationaux », a-t-il souligné. Selon lui, cette opération confirme également la montée en puissance de la BRVM comme place financière capable d'attirer simultanément l'épargne régionale et les capitaux internationaux au service du financement des infrastructures durables.
En accueillant cette émission de 108 milliards de FCFA sur sa plateforme dédiée aux instruments financiers responsables, la Bourse de Luxembourg confirme, pour sa part, sa volonté d'accompagner les émetteurs africains dans leur accès aux marchés internationaux de capitaux. Pour SENELEC, cette opération constitue bien plus qu'une levée de fonds : elle renforce sa capacité à financer la transition énergétique du Sénégal, tout en offrant une visibilité internationale accrue aux émetteurs ouest-africains et à la finance durable portée par la région.
Estelle KONKOBO




